‹ Les faux bonshommesChapitre 76 sur 114 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

Les Mêmes, ANATOLE.

LECARDONEL, allant à lui.**

Ah! ma foi! mon cher, c'est votre bonne étoile qui vous amène; vos intorèls sont en jeu.

ANATOLE

Comment !

LECARDONEL.

Monsieur Péponet vous reprend la main de sa fille.

ANATOLE

Encore? Mais il ne fait donc que ça?

PÉPONET.

Permettez, permettez!... comprenez bien la situation...

' Lecardonel, Péponet .

" Lecardonel, Anatole, Péponet.

ANATOLE

PÉPONET.

118 LES FAUX DONSIIOMMES

C'est donc vrai?... Mais savcz-vous, monsieur, qu'il n'est pas permis de se jouer ainsi des sentimenis d'un homme de cœur?

PÉPONET.

D'un homme de cœur I... Voyons, voyons!... n'exagérons pas les choses.

Monsieur!...

Du calme! du calme!...

ANATOLE

Du calme, quand vous m'assassinez!

PÉPONET.

MaiSj sac à papier! un père doit songer avant tout au bonheur de ses enfants. Eh bien! Emmeline a un attachement sérieux pour monsieur Delcroix...

ANATOLE

Eh! monsieur, mademoiselle Emmeline aimait déjà monsieur Octave, il y a deux mois, et cependant...

PÉPONET.

Mais, monsieur, c'est qu'alors je n'étais pas bien sûr de l'attachement de monsieur Octave et que je ne pouvais pas, comme cela, tout d'un coup... Voyez les choses froidement, sans passion. Je devais attendre! j'ai donc attendu, et, à cette heure, puisque je vois que l'amour de monsieur Octave a résisté à tout, même aux enivrements de la fortune : car il fait des affaires superbes, le scélérat...

ANATOLE, se levant.

Ah ! voilà le grand mot lâché !

Vous êtes dans l'erreur! Croyez bien, monsieur, que je ne suis pas homme à me laisser guider par une misérable question d'intérêt.

ANATOLE

Et moi non plus, monsieur; je me disais seulement qu'en agissant sous les yeux d'un homme tel que vous, je devrais arriver prompteraent à la fortune, vers laquelle j'avais déjà fait, d'ailleurs, une assez bonne étape. Car enlin, j'ai, à l'heure qu'il est, deux cent mille francs de roulement.

Page 1