ACTE IV l'i
qui avait mangé tout son argent, dans l'intcivl de f^on avenir, jai dû nieséparer do lui, j'avais étouiïé la voix de lanalùie...
(a Einmeline qui lui vi-rse cl d'un air gracieux.) Mille glàCCS, madame.
(coniinuant.) Jc L'avais cmbarqué... il est maintenant aux colonies... il étudiera, je pense, la question des sucres.
EDGARD
Un peu de ce pâté...
DUFOURÉ.
Volontiers!... (continuant.) Je savais que c'était pour son bien, mais cependant... jc n'en avais pas moins soufTert cruellement dans les premiers jours; [tuis après... dame! jc m'étais fait une laison, j'avais repris mon petit train-train, et puis va te promenej', voilà ma femme qui tombe malade!
EDGARD
Ce pauvre monsieur Dufouré!...
(Eninii'lliie a pris une broderie et travaille tout eu regardant de temps à autre
Dufouré avec compassion. )
DLlOfRÉ.
Ah! le fait est que je n'ai pas de chance...
OCTAVE
Votre femme non plus, du reste...
EDGARD, à Dufouré.
Cette pauvre madame Dufouré, au moment où elle pourrait se reposer dans une honnête aisance!...
DUFOURÉ.
Mon Dieu, oui ! une fortune amassée sou à sou... Ah ! cette forliine, que ne puis-je la donner tout entière pour racheter les jours de... Oh!... si l'on pouvait me dire : Tu mangeras du pain sec... . *
EDGARD
Eucore un peu de pâté...
DUFOURÉ.
Voloniiers... Tu gralleras la terre avec tes ongles, et ta compagne te sera rendue! Coniprenez;Vous. quelle joie?
EDGARD
Oui, oui, malheureusement ça ne se peut pas.
DUFOLM.É, soupirant.
Je le sais bien... mais...
Octave, Eniiueliiic, Dufoiii-é, Ecigitrct. Eminelinc, Octavo, Dufoiué, Eilgard.
15J0 LES FAlîX BONSHOMMES
Oui, ça se (lit.
DUFOURÉ, se levant.
Du reste , la pauvre femme n'a jamais manqué de licii... C'est comme maintenant, deux gardes, deux médecins!... Je n'aurai rien à me reprocher.
KUGAItl).
Et c'est une bien grande consolalion.
DUFOURÉ.
Oui.
EDGAUD, ipri'i une pause.
Enfin, mon cher monsieur Dufuuré, je songe à une chose... si... le malheur voulait que celte pauvre madame Dufouré vijit à...
DUFOURÉ, avec douleur.
Ah! mon ami, je ne veux pas même supposer ça...
EDGARD
Moi non plus; mais enfin si cela arrivait, que feriez-vous?
DUFOURÉ, soupirant.
Mon Dieu! j'iiais vivre à la campagne, j'achèterais une petite propriété en Normandie, à quelques lieues de Rouen... La vie des champs, ça a toujours été mon rêve... Mais avec cette pauvre chère femme, je n'aurais jamais pu le réaUser. Ce n'était pas dans ses goûts. Mais si un malheur arrivait... d'aboi-d, voyez-vous? lors même que j'aimerais Paris, je n'aurais plus la force d'y demeurer.
EDGARD
Les souvenirs, n'est-ce pas?
Oui, et puis tout est si cher! tandis qu'à la campagne...
(S'abandiinnant peu à peu à une douce satisfaction intc'i'ieuie.) Je vivrai là...
tranquille : je recevrai seulement quelques amis; nous forons la petite partie!... et puis j'irai de temps en temps à Rouen. Il faudra venir me voir au beau temps; l'air est très-sain... Il y a des bois magnifiques; j'achèterai une cariole,,avec un cheval.
EDGARD, gai.
Enfin, VOUS serez très-heureux?
EMMF.LINE et OCTAVE, tristes.
Très-heureux?