M A RI ANC
Dévoiler tes soupçons.
NICOLAS
Oui, pour que l'on me chass MARIANE
Quand le devoir commande on ne recule pas.
Et s'il faut que je parte... ?
MARIANE
Eh bien, tu partiras.
NICOLAS
Moi, m'en aller !
MARIANE
Sans doute :
NICOLAS
Où faudra-t-il que j'aille?
H ARIANE
Où tu voudras.
NICOLAS
Oui-dà î Pour coucher sur la paille.
En attendant qu'ailleurs je trouve un autre emploi ? Merci bien !
M ARIANE
Seras-tu plus à plaindre que moi ?
NICOLAS
Toi, Maria ne ?
MARIANE
Oui, moi.
Gomment, l'on t'a chassé
M ARIANE
Pas encor, mais j'en suis fortement menacée.
Depuis que du baron les noms sont proclamés,
Ma maîtresse a le cœur et la tète enflammés
Elle ne rêve plus que grandeur, que nobles
Et de ses vieux amis L'intimité la bless
On ne peut rien lui dire, à moins de la flatter.
Sans s'exposer à voir sa colère éclater.
.T'ai cherché, par le jeu d'un honnête artifice,
Tout en disant comme elle, à dompter son caprice :
Mais l'orgueil en son àrae étouffe le bon sens;
Et, moi, je viens d'apprendre à mes propres dépens
Qu'à vouloir corriger les sottises des autres,
Nous risquons fortement d'en commettre des nôtres.
NICOLAS
Tout juste: et le moyen d'éviter cet ennui, C'est de filer son nœud sans s'occuper d'autrui. Mais, à propos, déjà depuis longtemps, mignonne, Tu connais la tendresse où mon cœur s'abandonne, Sans vouloir par un mot me donner quelque espoir!
mariane [riant aux éclats'i Mieux vaut tout ignorer parfois que trop savoir.
Bon ! te voilà toujours avec tes fariboles !
Je ne puis Là-dessus hasarder deux paroles
Que, par des mots badins lancés d'un ton moqueur,
Tu ne fasses rentrer jusqu'au fond de mon cœur
Les tendres sentiments dont sans cesse il déborde !
mariane (souriant) Et cela te déplaît, Nieot ?
NICOLAS
Miséricorde !
Tu me tiens sans pitié toujours sur les tisons : Loin de rien ôclaircir, tout ce que nous disons M'embrouille davantage. s±târrjue je m'explique Un peu, crac ! on dirait qu'une mouche te pique, Et tu files... Mon Dieu ! quelques mots de ta part Pourtant me suffiraient.
MARIANE
Nous y verrons plus tard.
nicolas (d'un ton suppliant) Mariane ! Pourquoi te montrer si cruelle?
dumont (dans la coulisse) Nicolas !
MARIANE
Tiens, voilà le bourgeois qui t'appelle! nicolas (se tournant vers la coulisse) Oui, monsieur!
[Mariant s'échappe de Vautre côté et Nicolas, la regardant aller, ajoute ;) Allons bon ! celle-ci qui s'enfuil !
El l'autre.
dumont (dans la coulisse) Nicolas!
Nicolas (faisant u/n soubresaut)
. . . qui partout me poursuil