SCENE XI Les mêmes, jean brunelle (la tête entourée d'un bandeau
jean brunelle (entrant brusquement)
Arrêtez !...
cecile {courant à lui), Jean Brunelle !
faquino (reculant consterna En cor lui !
(Elise laisse échapper sa plume et se jette avec un cri d'épouvante dans les bras de Dumont.)
dumont (avec indignation)
Gomment, monsieur!
tremousset [avec un geste de désappointement)
Matés !...
jean brunelle (montrant Faquino du doigt) Cet homme est un brigand, un assassin farouche !...
faquino (tirant un jn'stolct de sa po Ton mensonge, maraud, va croupir dans ta bouche !... {Cécile se jette au-devant du pistolet de Faquino, Elise pousse un cri; Dumont la dépose sur un fauteuil et $t retowne du côté de Fa-
quino d'un air consterné, le notaire disparait derrière la table ; Trc'mousset s'élance sur Jean Brunclle du côté opposé à Faquino. Jean Brunelle arrache le pistolet des mains de Faquino, les saisit tous deux par les épaules, et les terrasse à ses pieds.)
JEAN BRUNELLE
A genoux, malheureux !...
(// menace Faquino et Tremousset du pistolet. Tous dmx restent prosternés et se gardent de leurs mains. Jean Brunelle. se croisant les bras et regardant ses deux adversaires avec un sourire de mépris, ajoute:)
Ah ! vous m'avez cru mort !
Mais Dieu pour vous punir a veillé sur mon sort. .
(à Faquino) Vil meurtrier ! ta balle a glissé sur mon crâne...
FAQUINO
Je vous jure...
JEAN BRUNELLE
Ma plaie est là qui te condamne.
[saisissant Faquino par le collet et le redressant) Allons, debout, coquin ! tes forfaits sont au jour ; La justice de Dieu commence, c'est son tour!... Tremousset cherche à s'esquiver, mais il est rencontré en sortant, par Oscar qui le repousse sur la scène.
SCENE XII Les mêmes, oscar, octave, mariane, Nicolas, sergents de ville OSCab (repoussant Tremousset) On ne passe pas !
(77 fait signe à Nicolas d? approcher) Nicolas (Jtésitani) Oh, je suis très excitable, Et par emportement, je peux...
[Il fait un geste menaçant) oscar (avec un geste d'impatienee)
Va-t'en au diable !
(Il fait signe aux sergents de ville qui entourent Faquino et Tremousset)
JEAN BRUNELLE (à Faquino)
Allons, fier descendant des nobles Faquini, Retournez au cachot, votre règne est fini.
Les sergents de ville, sur un signe de Jean BruneUe, emmènent l et Trémousset. Oscar s'élance vers Cécile qui V accueilli prestement. Dumont paraît ahuri, Elise s'évente affaissée dans un fauteuil.)
SCENE XIII 1rs mêmes, moins faquino, trémousset et les sergents de ville.
dumont (paraissant s'éveiller d'un horrible songe) Ah ! grand Dieu ! quel malheur !
JEAN BRUNELLE (à part)
Il en a pour son compte Des grandeurs d'ici bas.
DUMONT
La. ruine et la honte Pour partage !... Ah ! qui donc pourra me secourir !
OSCAR
Moi !
DUMONT
Vous, Oscar, ici!... Vous !
OSCAR
Oui, pour vous offrir Mon concours empressé dans le trouble où vous êtes.
DUMONT
Il est donc ici-bas encor des gens honnêtes !
JEAN BRUNELLE
Le règne des escrocs, cher oncle, a fait son temps, Et le tour est venu pour les honnêtes gens.
DUMONT
C'est ma ruine, hélas!
OSCAR
Non, je l'ai prévenue. La police, avertie à temps, est parvenue A s'emparer sans bruit de toutes les valeurs Dont vous aviez chargé ces infâmes voleurs.
DUMONT
Quel complot infernal ! mais aussi quelle chance !
(avec un gros soupir de soulagement) ie renais à la vie !
oscar {prenant Cécile par la main) Et nous à l'espérance.
dumont (à Oscar) Elle est à vous. Que Dieu vous donne le bonheur, Et vous sauve du goût de la fausse grandeur !
élise {s' approchant vivement) Et vous ajoutez foi, mon père, à cette histoire !
DUMONT
Je cède à l'évidence ; il nous faut bien y croire.
ELISE
Est-il possible hélas ! Que vais-je devenir?
dumont (avec sollicitude) Pauvre enfant! mon orgueil brise ton avenir !...
JEAN BRUNELLE
Non, non, rien n'est brisé, mais tout peut, au contraire, S'accommoder à point.
DUMONT
Hein! que voulez-vous faire?
Remplacer Faquino, c'est tout simple.
DUMONT
Comment ?
Epouser Elise !
ELISE
Ah ! mon Dieu !
(Elle remonte en s' éventant)
DUMONT
Vous !
JEAN BRUNELLE
Franchement, Il faut bien l'avouer, j'ai cette fantaisie.
DUMONT
Mais. . . pourtant. . . enfin. . .
ELISE
Ah ! je suis toute saisie !
JEAN BRUNELLE
Cher oncle, je comprends votre hésitation ;
Il vous faut sur mon compte une explication, N'est-ce pas ?
DUMONT
Oui. j'admets qu'après. . .
Fort bien, c'est juste
DUMONT
Mon avanie. . .
JEAN BRUNELLE
Oui, oui, cela vous tarabuste?
Et vous rend défiant ?. . .
DUMONT
Ma foi. . .
JEAN BRUNELLE
Rassurez-vous, Et laissez-moi vous dire. . .
DUMONT
Oui, dites. . .
JEAN BRUNELLE
Entre nous, Je n'ai jamais atteint mes châteaux dans la lune ; Mais j'ai fait en revanche une honnête fortune.
élise [à part) Après tout ce cousin est fort aimable.
DUMONT
Mais Vous disiez avoir tout perdu ?
JEAN BRUNELLE
Je me vantais.
dumont {étonné) Vous avez des moyens ?
Je suis millionnaire; Mon banquier, sur ce point, pourra vous satisfaire.
élise à part Il est tout à fait bien :
JEAN BRUNELLE
Je m'étais mal vêtu Pour traquer ces brigands. . .
dumont {cherchant Elise, qui est restée au second plan) Elise! où donc es-tu?
Ah ! te voilà !
(l'attirant par la main) Voyons !
élise {paraissant hésiter et baissant la vue) Mon Dieu !
DUMONT
Point de défaite !
Tiens!.
{il leur joint les mains) Voilà, mes enfants ! C'est une affaire faite ! [Elise et Jean Brunelle font groupe d'un côte, Cécile et Oscar de l'autre, et se parlent en souriant ; le notaire et Octave conversent ensemble au second plan; Nicolas se jette aux genoux de Mariane qui lui donne un soufflet en riant.)
dumont (au public) Ce que c'est que la chance !. . . Oui, c'est quand on le fuit, Qu'avec acharnement le bonheur nous poursuit !