CHAPITRE XIII
Bernard devait éprouver ce matin-là que, pour ine nature généreuse autant que la sienne, il n’y a pas de plus grande joie que de réjouir un autre être. Lette joie lui était refusée. Il venait d’être reçu à on examen avec mention, et, ne trouvant personne rès de lui à qui annoncer cette heureuse nouvelle, elle-c1 lui pesait. Bernard savait bien que celui qui ‘en serait montré le plus satisfait, c’était son père. Aême 1l hésita un instant s'il n'irait pas aussitôt le ui apprendre ; mais l’orgueil le retint. Édouard ?
Jlivier ? C'était vraiment donner trop d'importance
tun diplôme. Il était bachelier. La belle avance | est à présent que la difficulté commençait.
Dans la cour de la Sorbonne, il vit un de ses cama-
ades, reçu comme lui, qui s’écartait des autres
*t pleurait. Ce camarade était en deuil. Bernard .
avait qu'il venait de perdre sa mère. Un grand ‘lan de sympathie le poussait vers l’orphelin ; il
’approcha ; puis, par absurde pudeur, passa tutre. L’autre, qui le vit approcher, puis passer, fut honte de ses larmes ; il estimait Bernard et Quffrit de ce qu’il prit pour du mépris.
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parler ; mais la cour à présent était vide.
l'enveloppait. L’ange approcha du maître-autel et
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Bernard entra dans le jardin du Luxembours.
Il s’assit sur un banc, dans cette même partie du jardin où il était venu retrouver Olivier le soir où il cherchait asile. L'air était presque tiède et l’azur lui riait à travers les rameaux déjà dépouillés des grands arbres. On doutait si vraiment on s’acheminait vers l’hiver; des oiseaux roucoulants s’y trompaient. Mais Bernard ne regardait pas le jardin ; il voyait devant lui l’océan de la vie s’étendre. On dit qu'il est des routes sur la mer ; mais elles ne sont pas tracées, et Bernard ne savait quelle était la sienne.
Il méditait depuis quelques instants, lorsqu'il vit s'approcher de lui, glissant et d’un pied si léger qu'on sentait qu'il eût pu poser sur les flots, un. ange. Bernard n'avait jamais vu d’anges, mais il. n’hésita pas un instant, et lorsque l’ange lui dit :
«Viens », 1l se leva docilement et le suivit. Il n’était
pas plus étonné qu'il ne l’eût été dans un rêve. Il" chercha plus tard à se souvenir si l’ange l'avait pris par la main ; mais en réalité ils ne.se touchèrent” point et même gardaient entre eux un peu de dis-… tance. Ils retournèrent tous deux dans cette cour où Û Bernard avait laissé l’orphelin, bien résolus à lui”
Bernard s’achemina, l’ange l’accompagnant, vers” l’église de la Sorbonne, où l’ange entra d’abord, où" Bernard n'était jamais entré. D’autres anges cire. culaient dans ce lieu ; mais Bernard n’avait pas les” yeux qu'il fallait pour les voir. Une paix inconnue |
| Bernard, lorsqu'il le vit s’agenouiller, s’agenouilla