UNE FÉEKIE PARMI LES DRAMES
D'un lourd turban d'ennui qui n'est pas assez lourd Pour empêcher mes tempes d'alimenter l'amour. Sultan désespéré je coule ainsi mes jours, Quelque poison banal brûle dans mon chibouk.
Parfois aussi, je suis comparable à ce bouc Qu'égorge une vierge au pied d'un autel fragile Et je gémis longtemps sous la main malhabile
A porter le coup propice Qui plongerait en moi l'orgueil du sacrifice.
Mais plus souvent encor, taciturne et couché, Grâce à de vieux vers qu'il me plaît de remâcher, Je m'imagine errant au bord d'un morne fleuve D'où montent des appels et des chants ignorés. Si douloureux, si longs que je voudrais pleurer.
Mon cœur est un pays où s'attardent des veuves.
CIRaUE
Mister Clown assis sur un tambour
Fume la pipe,
Il est lugubre avec humour.
Mais sa lippe
Divertit Dolorès la danseuse de corde
Et ce leur est un sujet de discorde.
Pourtant, huissier hippique à l'œil loyal, Cet excellent mossieur Loyal
CIRQUF 41
Dans SCS mains grasses a trois fois frappe. L'orciiestrc polonais y va d'un air huppé EtDolorès sur la corde s'élance, Lors il se fait un grand silence.
Et Mister Clown assis sur son tambour
Suit du fond des tristes coulisses
Sa vie, sa foi, son âme, son cœur et son amour
Qui glissent
Et tourbillonnent dans la lumière
Selon des lois mathématiques
Dont s'émerveille le vulgaire
Ahô yes ! les jolis jeux du Cirque I
Voici que ses amours se posent
Lajambe en l'air, en maillot rose
Et Mister Clown, homme précis, constate,
En bien considérant la pose
Que son amour, sa foi que rien ne peut abattre
Sa vie, son cœur, son àme tiennent dans le chiffre 4
— C'est fmi. Dolorès égrène des baisers
Qui sur les lèvres des voyous béats vont se poser.
Et très grave, près du tambour, Jocko
Le singe se mire dans un cerceau.