‹ Les FéeriesChapitre 21 sur 45 · DICTES-MOY OU... S · texte numérisé non relu

DICTES-MOY OU... S

Qyon remplisse les verres, oyez la merveille, C'est la plus belle histoire et bien sûr la plus vieille, Les plus navrés y prendront le plus grand plaisir En maudissant le dieu qui nous crée ces loisirs.

Elle n'est pas venue, mais il en vint tant d'autres

Et d'autres les suivront I J'en tiens une ce soir,

Chair promise à ma chair, et tu ris de l'histoire,

J'en ris, toi ris moins haut, tiens ta coupe moins haute,

Elle n'a pas voulu et ça nous a fait mal De croire à la chanson qui dit : Demain, Jamais !... Car j'ai rêvé (quel rêve) un amour tel... j'aimais !... Et puis faire l'amour comme un sot animal I

Comme un sot animal ne nous méprenons pas, Car je prise très haut et vénère en silence Les jeux des houris mordorées et ceux des chats. Mais ne me parlez plus de notre absurde danse.

Et puis des raisons de finance 1

Et nous avons pleuré pour ça tout un hiver. Mais comme il faut toujours obéir au destin,

6o LES FÉERIES

Selon notre hasard nous avons fait des vers Et notre cœur n'est plus qu'un sonnet libertin.

Car il ne bat plus selon le mode classique — Pourquoi Tavril venu avons-nous fait des vers ? 11 bat tout de travers ce cœur mélancolique Et j'attends le sonnet à la pointe à l'envers.

Belle personne Tas-tu lu

Au long

Des longs

Sommaires oblongs,

Les longs sommaires des revues,

Mon nom (moi-même) qui s'exaspère

Dans la boutique des libraires?

Bonne vierge, vierge mère

Des âmes en quête

De paradis !

Si je m'embête

Est-ce vraiment parce que je suis poète ?

Ce serait trop original.

Bien qu'on l'ait dit.

niCTF.S-MOY OU... 61

N*ai-je pas aussi fait quelque mal — Oh 1 parnicgarde, sans le savoir — A ceux qui m'en auraient pu faire ?

Dans l'âme d'un porteur de lumières, Oh ! qu'il fait noir, oh ! qu'il fait noir I

Au moins, si l'on ne m'aimait pas 1 mais non.

De belles lèvres sonnent mon nom

Et dans mes heures d'abandon

Je copie des gestes de femme,

Doux souvenirs

D'une âme en peine de Devenir ;

De rame (trop d'âme), de la chair nue !

Pourtant elle n'est pas venue.

Car celle que j'attends promet d'autres baisers Dont meurent mes pareils, bien souvent, mais grisés D'un vin certain. CLuand on en boit assez circule Dans nos veines le plus charmant des clairs de lune. Chers ivrognes, mes frères, cette aimable ivresse A nos songes épargne un désir de maîtresse Et vers Dieu, paresse infinie, nous véhicule. Etait-ce bien cela? Ai-je bien deviné ? Cherche encor, ô le fou qui cherche à s'étonner l Celle que j'attendais je l'avais revêtue Cette ombre, de cheveux, de dents et de chair nue, De deux yeux dévorants qui pouvaient contenir Tous mes rêves noyés et tous mes souvenirs î

Et cependant c'était une ombre,

Mais une ombre vivante et dont les pas se ^lombrent,

Dont le geste étayant mes gestes mutilés

Pouvait, selon mon cœur de par elle enfin roi

Des grands soirs étoiles,

Faire en la nuit tourner les soleils de la Foi !

Mais j'étais fou évidemment,

Elle ne m'a pas visité

Et c'est pourquoi désenchanté

Je dois, jusqu'au dernier moment,

Suivre ma carrière d'amant,

Fais ce que dois!

Ainsi je bois.

Belle personne, à ta santé I

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