UNE FEERIE PARMI LES DRAMES
D'un lourd turban d'ennui qui n'est pas assez lourd Pour empêcher mes tempes d'alimenter l'amour. Sultan désespéré je coule ainsi mes jours, Quelque poison banal brûle dans mon chiboul;.
Parfois aussi, je suis comparable à ce bouc Qu'^orge une vierge au pied d'un autel fragile Et je gémis longtemps sous la main malhabile
A porter le coup propice Qui plongerait en moi l'orgueil du sacrifice.
Mais plus souvent encor, taciturne et couché. Grâce à de vieux vers qu'il me plaît de remâcher. Je m'imagine errant au bord d'un morne fleuve D'où montent des appels et des chants ignorés. Si douloureux, si longs que je voudrais pleurer.
Mon cœur est un pays où s'attardent des veuves.