‹ Les Féeries: poésiesChapitre 35 sur 43 · LE RETOUR DES ORPHELINS · texte numérisé non relu

LE RETOUR DES ORPHELINS

A M. FRâDéRic Raisin

C'est des plus mornes soirs que reviennent mes rêves, Us ont vogué longtemps, ils sont très fatigués ; Leurs pieds fleuris ont saigné sur toutes les grèves. Ils grelottent sous le manteau des destinées.

Pauvres enfants perdus I ils frappent à ma porte, Honteux et redoutant Taccueil du mauvais chien, — Entrez, réchauffez-vous et comptez-vous, c'est bien, Us entrent, orphelins heureux qu'on les supporte,

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£t moi je les contemple et ks reconnais mal,

H sie faut écouter d'absurdes confidences.

Un récit de naufrage expliquera l'absence

Des plus beaux, Fun est mort d'amour ou du haut mal.

Voici que tout à coup ils bavardent en choeur Et ces mauvais enfants, triomphant de l'oubË, Connaissant qu'il me faut élire un favori Mentent qierdument en s'arrachanl mon ccror :

« Sauue§u:['VOus dm jour oà vous m'm}e;[ mmé ï Je naquis virginal et frais commie ses lèvres J Je naquis reposant dans la moiienir des fièvres. Quand la d>anàfre fiemraU Taeèémone fanée I »

« Oest mai qui f importai le glaive des victoires ! Oest moi qui couronnai d'un bandeau d or ta tète ! foi sonné pour ta f oie I »

— Les cl fyhr? sont mugttftfr Et k glaive est brisé,

« Moi je f offris a boire I »

« Aux plaies des vagabonds vois rutiler ion sang. Tu nous avais perdus un soir dans la tourmente^

LB RBTOUR DES ORPHEUNS

Nous revenons â toi, pour toi notre cbœur chante. Offre ta bouche à nos baisers rafraîchissants / »

Et je ne réponds rien. Or, comme ils ont erré Sans boire ni manger, longtemps, parmi les sables, Heureux de retrouver le bon gîte et la table Us mangent en silence mon cœur désespéré.

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