‹ Les Féeries: poésiesChapitre 43 sur 43 · LA FÉERIE PERPÉTUELLE · texte numérisé non relu

LA FÉERIE PERPÉTUELLE

Ils m'ont demandé si j'avais le travail facile, 1 Ce ne sont pourtant pas des imbéciles, ]

Et cependant ce qu'ils m'ont demandé est i^ête. Comme on vdt bien qu'ils n'ont jamais été poètt

On affirme que saint Louis de Gonzague Avait si peur du vice qu'il n'osait pas regarder : Allons, ne pleure plus, les larmes sont amères, Je t'achèterai une autre bague.

IlO LES FEERIES

Je voudrais qu'entre ses doigts pâles une reine Prit mon front bruissant comme une ruche pleine D'affreux insectes, qui ont tué les abeilles Et qui pour s'échapper me percent les oreilles.

Lx>rsque sera le temps d'apprêter le repas, Tu souffleras le feu qui réjouit les poètes, Accroupie comme une sorcière et tu te fâcheras, Croyant que les sorcières sont toujours vieilles et laides.

Tu dis que tu voudrais avoir un piano ?

Je voudrais un domaine, avec un beau jet d'eau

Au milieu du bassin dans un jardin français

Où danseraient des jeunes filles nues sur des airs anglais.

Il y a des jours où l'on n'a même pas envie De pleurer, on n'a plus de poète favori, 11 reste le loisir de se bien renseigner Sur les mœurs héroïques des tristes araignées.

Si j'étais roi d'Espagne j'aurais une guitare,

Si j'étais matelot j'espérerais un phare.

Si j'étais ma maîtresse j'aurais un amant

Qyi ne veut pas qu'on l'aime, hélas I éperdument.

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