III
Sur les sept péchés capitaux
Par paresse : En négligeant d'aller voir les Rameneurs, de M. Paul Siraudin.
En feignant une maladie afin d'être dispensé d'aller entendre M. Eugène Pelletan au Cercle de la rue de la Paix.
Par envie : Avoir envié la sémillance et les bonnes fortunes d'Emile Solié.
Avoir fait semblant de ne pas reconnaître, sur le boulevard, M. Louis Énault ,bien que ses riches fourures me crevassent l'œil.
Avoir maugréé contre les trente-deux éditions des Trente-deux duels de Jean Gigon, en songeant à l'édition unique de mes Mélodies intimes.
Avoir supputé les droits d'auteur de la Mariée du Mardi-Gras, et être tombé dans une rêverie profonde.
Par avarice : Économisé quinze centimes par soirée, en n'achetant pas le Pays.
Refusé deux nulle francs à Fernand Desnoyers.
Joué le vermouth au domino, en cent cinquante liés, avec le même, plutôt que de le lui offrir magnifiquement.
Par orgueil : M'ètre trouvé beau.
M'être trouvé grand.
M'ètre trouvé digne.
Avoir désiré immodérément la croix du Mérite d'Ernestine de Saxe.
M'ètre fait photographier tour à tour par Nadar, par Pierre Petit, par Disdéri, par Thierry et par Carjat.
N'avoir été satisfait d'aucune de ces épreuves.
Par colère: M'ètre laissé emporter au point de traiter M. Ernest Legouvé d'écrivain de deuxième ordre.
Avoir levé la main sur le buste de Casimir Delavigne, dans le foyer de la Comédie-Française.