RIVALITÉS FÉMININES
® 11 m'est plus aisé de donner la paix à l'Europe que de la donner à deux femmes. Louis XIV.
® Les femmes ne se plaisent point les unes aux autres, par les mêmes agréments qu'elles plaisent aux hommes : mille manières, qui allument dans ceux-ci les grandes passions, forment entre elles l'aversion et l'antipathie.
® Les hommes sont cause que les femmes ne s'aiment point.
® La neutralité entre des femmes qui nous sont également amies, quoiqu'elles aient rompu pour des intérêts où nous n'avons nulle part, est un point dilficile; il faut choisir souvent entre elles, ou les perdre toutes deux.
La BnuYÈRE.
® Les femmes n'ont point de plus grands ennemis que les femmes.
DlJCLOS.
® Il est bon qu'une femme soit en familiarité avec quelques autres femmes, mais il vaut mieux qu'elle ne soit en condance avec aucune.
M""^ d'Auconville.
® Les hommes regardent les femmes avec une indulgence très-nécessaire à la satisfaction des uns et des autres ; sans cela, que deviendraient-elles et eux aussi! Le sang à Paris est laid; les femmes cependant y sont coquettes et galantes. Je le leur passe, mais non pas de se détester entre elles comme elles font
:m les femmes daprès les auteurs français.
toutes, et d'être jalouses du moindre avantage. Je vais rapporter un trait qui m'est arrivé : il m'étonna d'abord, mais il me réjouit beaucoup par réflexion. Je me trouvai dans un cercle où il y avait plusieurs femmes ; on me pria déjouer du clavecin, j'en jouai. Les hommes entourèrent ma chaise, et me donnèrent des louanges à proportion que je leur plaisais. Les femmes me dirent que je jouais joliment, sans m'écouter, et me demandèrent des pièces fort difficiles, que j'exécutai mal et qu'elles applaudirent beaucoup. Enfin, quelqu'un s'avisa de dire que je dessinais; on me demanda qui j'avais pour maître, et je tirai de ma poche un portrait qui faisait voir que j'avais un habile homme. Ce portrait était le mien. Madame la marquise de *** dit qu'il y avait quelque chose. Madame de R... dit qu'il ne me ressemblait point, et madame d'Or... s'écria d'un ton impatient : « Eh! mon Dieu si, il ressemble; est-ce que vous ne voyez pas que c'est le front de madame de Puisieux?... » Or, c'est peut-être la partie de mon visage sur laquelle on puisse trouver plus à redire. J'avoue qu'en femme de quarante-cinq ans, comme madame d'Or..., je l'aurais trouvé trop grand ou pas assez bien lait. La remarque était juste et de son âge; mais la mienne l'est aussi. C'est que les femmes ne sont bonnes que pour une chose, et ce n'est pas pour vivre en société. Elles feront donc bien de ne se voir qu'au spectacle et au jeu. C'est encore uii avis que j'avais à. leur donner.
Les hommes ont un grand avantage sur nous; c'est d'être loués de leurs semblables, quand ils le méritent, au lieu qu'il n'y a que les honmies qui nous accordent les qualités que nous avons en effet. C'est notre coutume de nous consoler des injustices de notre sexe par l'admiration et par l'estime de l'autre. Je connais une fort jolie femme qui disait, quand elle entendait médire de sa figure : « Pour me venger, je ferai demain un infidèle. » Cette vengeance lui a réussi tant de fois, que les fenunes sont enfin convenues qu'elle était aimable; mais non pas qu'elle fût sage. Leur médisance n'a fait que changer d'objet.
Une femme dira : Je voudrais avoir les yeux et les dents de madame ***, mais point sa modestie. Je vois ce que c'est; on n'envie que ce (ju'on n'a pas, et tous les hommes ont de la générosité et toutes les femmes de la modestie. 11 n'y a que beaucoup d'esprit quelquefois aux uns, et de belles dents cl de beaux yeux aux autres.
Louer les absents sur des qualités qui sont dans les personnes présentes; louange délicate qui ne réussit pas toujours avec les hommes, et dont toutes les femmes s'olfensent, quand l'éloge est d'une autre femme.
M'"" DE Puisieux.
îv^ Quelque mal qu'un homme puisse penser des femmes, il n'y a pas de femme cpii n'en pense encore plus mal que lui. Chamfout.
® Ce qui désole une femme en console souvent une autre. Dkmoustier.
®3 Certaines femmes n'en l(tu<!nt jamais une autre (pie sur ce qu'elle a de moins |)arfait : c'est nue manière adroite d'y appeler les regards des hommes.
Sauni-I'hosper.
RlVAl.lTKS IKMIMNKS. 509
S3 Aucune feuiuio u'ainio à ouloiulrc l'aire lélofçe dune autre Iciiime devant elle. Toutes se réservent, en ce cas, la parole, alin de vinaigrer la louange.
Balzac.
^ Les femmes, (jui savent si bien ce que souiTre leur sexe, devraient s'aimer, se soutenir. Mais c'est (ont le contraire. Quoi! l'esprit de concurrence, les jalousies, sont donc bien forts! L bostilité est instinctive. Elle survit à la jeunesse.
MiCHELLT.
^ Quand une fennne dit d'une autre femme : « Elle est bien faite, » cela veut dire tprelle est louche et (pi'elle a des marcpies de petite vérole. Si elle dit seulement tpîe c'est une bonne personne, jugez hardiment que celle dont elle parle est laide et contrefaite.
® L'amitié de deux femmes n'est jamais qu'un complot contre une troisième.
^ Les femmes aiment bien moins les hommes qu'elles ne haïssent les autres femmes.
^ Chaque femme se croit précisément arrivée au degré de vertu et de chasteté qu'il faut avoir : chacune déclare, sans se faire prier, la femme qui a moins de vertu qu'elle une courtisane; et celle qui en a davantage une prude et une bégueule. Alph. Kahr.
® Les femmes n'ont pas de plus cruelles ennemies que les femmes.