‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 170 sur 194 · OBLIGEANCE · texte numérisé non relu

OBLIGEANCE

S3 Suivez, au milieu d'un salon, la femme la plus spirituelle. Quel mélange de grâce et de finesse, de saillies et d'attentions délicates ! quel charme ! quel àpropos ! Vous la dévorez des yeux ; et les paroles ne sont pas encore échappées de ses lèvres, que déjà vous les avez recueillies. C'est pour vous une magicienne toute-puissante, une reine qui séduit la cour qui l'entoure : c'est Tensemble de toutes les perfections ; elle-même jouit de sa puissance ; elle s'exalle de vos hommages ; elle s'enivre de votre admiration. Au milieu de tant de ravissements, on lui annonce tout à coup des malheurs qui exigent un rapide soulagement. Fille part, et déjà elle a deviné à quel protecteur elle s'adressera. Enfin, elle tire de sa bonté tant de ressources, de prudence et de dévouement, (pi'elle triomphe. Vite, dans un billet écrit au hasard sur un meuble, elle annonce sa victoire à la lamille quelle vient de sauver; elle saute quelques mots : elle est pressée , on l'attend à une fête nouvelle.

C'est ce mélange de légèreté et de bonté (pii donne tant de prix aux services des femmes; elles les glissent souvent au milieu des plaisirs; et connue elles s'amusent du bien qu'elles font, elles ne se monlicut pas exigeantes sur la re- (•(innais^anc^e. Elles ne demandent (|u'un peu de mémoire ; il ne laut pas (|u on lf!s oublie tout à l'ait. (Jue dis-je! elles enq)reignent la boulé d'un vernis de coquetterie ; elles la rendent pi(juante.

La bonté chez les honmies a quehpie chose de grav(î et de rélléehi ; elle craint de s'engager ; elle suppute et calcule. Au premier abord on souffre à 1 implorer; mais la délibération |)rise, elle réunit la |)ersévérancc à la tenue, cl elle réussit en général où il n'y a (pic justice; à ubieuir : les femmes au coiitiaire triomphent souvent coulre foute justice.

GLANES. " rjOl

La bonté d'une joiine fille tourne aux larmes; celle d'une feinnic mariée, atix démarches; celle d'une veuve se décide moins proiuplement ; mais elle est plus tenace. 11 n'est pas jusquaux femmes âgées dont la bonté ne sollicite quelquefois pour des jeunes gens. Elles se trompent d'abord; mais comme, entre les honnnes d'autrefois et ceux d'aujom'dMmi, il y a toujours quelques points de ressend)lance, elles finissent par arriver au but toutes rajeunies : ce sont leurs premières campagnes qu'elles recommencent avec bonheur. Saim-Puospeu.

ON

E® On paraît être le grand tyran des femmes. On fait ceci; on fait cela : jamais on ne s'avise d'hésiter à obéir à on. Les femmes exigent même que les maris reconnaissent la puissance de ce terrible on. Alpii. Karr.

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