‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 8 sur 194 · I-ÂCI LTKS MOHM.KS. — CAHACTÈRE. — QUALITÉS · texte numérisé non relu

I-ÂCI LTKS MOHM.KS. — CAHACTÈRE. — QUALITÉS

et il n'ost sortr de déguisiMiionl. de iiu'iisonjir, ((u'ollos n'emploient pour arriver à celle res?.einl)laiu(>. Ai-rn. Kahi;.

^ Il lie iaiit pas (lemaiuler aii\ plus lioiinèles de n avoir point d'astuce, le premier instinct des meilleures c<uiinie des pires est la ruse. Pourvu (pielles se servent de ce don, comme l'aheille de son ai};uillon, pour se défendre et non pour attacpier, il faut bien se résigner à les aimei' rusées, ou à ireii pas aimer une seule. Ocr. Felillet.

FAUSSETÉ.— blSSIMULATlO. — TROMPERIE.

Le l'eu, qni sera vif, est ouvert par Rabelais :

® Mon ami, dit-il, le naturel des femmes nous est ligure par la lune, et en aullres choses, et en cette qu'elles se nuisent (se cachent), elles se dissimulent en la vue et présence de leurs marits. Icenlx absents, elles prennent leur advantage, se donnent du bon temps, vaguent, trottent, déposent leur hypocrisie et se déclairent. Connue la lune en conjonction du soleil, n'apparoit au ciel ne en terre, mais en son opposition, estant du soleil au plus éloignée, reluist en sa plénitude, et apparoit toute, notamment autant de nuict. Ainsi sont toutes femmes.

Puis vient Régnier .

râ .... L'on connaît que h\ nature est sage,

Que, voyant les défauts du féminin ouvrage,

Qu'il serait sans respect des hommes méprisé,

L'anima d'un esprit et vif et déguisé;

D'une simple innocence elle adoucit sa face,

Elle lui mit au sein la ruse et la fallace;

Eu sa bouche, la foi qu'on donne à ses discours,

Dont ce sexe trahit les cieux et les amours !

Et selon j plus ou moins, qu'elle était belle ou laide,

Sage, elle sut si bien user d'un bon remède,

Divisant de l'esprit, la grâce et la beauté j

(ili'elle les sépara d'un et d'autre côté ;

De peur qu'en les joignant quelqu'une eût l'avantagCj

Av€c un bel esprit, d'avoir un beau visage.

La belle, du depuis, ne le recherche point ;

Et l'esprit rarement à la beauté se joint;

80 LLS FEMMES I) APKKS LES Al TEURS FRANÇAIS.

Puis la loiitiiiiio :

FcmiiiL's savLMil iiioiitir :

La moins habile en connaît la M-icncc.

Et Molière

^ Mallieureu.v qni se lie à lenniie...

La meilleure est toujours en malice féconde

C'est un sexe engendre })0ur damner tout le moiule !...

CliOso étrange d'aimer, et (|ue, pour ces traîtresses,

Les lionunes soient sujets à de telles faiblesses !

Tout le monde connaît leur impcrl'ection,

Ce n'est qu'extravagance et qu'indiscrétion ;

Leur esprit est méchant, et leur àuic est fragile ;

11 n'est rien de plus faible et de plus imbécile,

Rien de plus inhdèle ! Et, malgré tout cela,

Dans le monde on fait tout pour ces animaux-là.

El la Bruyère :

® 11 coule peu au.v l'euimes de dire ce (ju'elles ne sentent ponit, il coiilc encore moins aux hoinines de dire ce qu'ils sentent.

El lîegnard, faisant parler un houiuie :

'i'-^.-^ Tout est feinte, monsieur, souvent, dans une tille. Ne vous y liez pas. L'une parait gentille Pour savoir se scivir d'une beauté d'emprunt. Mettre un \isage blanc sur un visage brun ; L'autie de faux cheveux compose sa coitturt;. Cette autre de ses dents bâtit rarchitecture. ... Des charmes apparents on est souvent la dupe Et rien n'est si trompeur (ju'animal porte-jupe...

Eîë ••• 'li^ "i^ vois rien tie si digne de blâme

(Jn'iiu honnne (pii s'endort sur la foi d'une lennne; Qui, sans être jamais de soupçons citudjatlii, Compte tranquillement sur sa frêle veilu, Croit (pi'on fit pour lui seul une femme lidèle. Il tant faiit! soi-même eu tous temps s<'utiuelle , SiuNrc p,nl(tut ses pas, l'euferuier s'il le faut ; (Juand elle veut gronder, crier eucoi' plus haut; Et malgré tous les soins dont l'amour uuus occupe, l,e |llu^ lin, (piel (pi'il soit, eu est toujours la dupe.

Le nienu', faisant |)arler nue feniuie :

QjB Dieu ! le^ fcuiuies, dé);"i si souvent attrapées, Seroul-i'lles encor |tar les honuues dupéo; Ainuia-t-ou toujours ces petits vilaius-là?

K.U.ILTÉS MUKAI.KS — CAUÂCTKRK. — Ol^ALITÉS. SI

Maiulit soit lo proiiiicr ([iii ium> t'iiMtra'l.i ! 1

Mais à hou chat, Iidii rat : el ce nosl pas iiicivcillc Si li's iV'iiunos souvent leur renilout la i»aroilli'.

loiitoiu'lK' s'y monlio :

E«G II n'y a presiiuo plus rion de nalurcl rlio/. hoaiicoup de tiainos dn graïul Mioiulo, ni teint, ni taillo, ni sontinu'nl.

Marivaux prend son louf :

."^ La lausseté s"apj>reiul, et les l'ennnes l'ont dans cette science les plus lapides progrès : voyez une jeune iennnc entre deux yeux, ils vous diront ce (pi elle sent et ce (pi'ellc sentira; tout ce qui se passe dans son cœur se peint sur son visage: à peine a-t-elle vu le monde, ([u'on |)eut la regarder tant (|u'oii voudia, on n'y connaît |)liis rien ; 1 art a gâté la nature.

L'on connaît lexclaniation de Figaro-Beaumarchais :

S5 Keniine ! femme! créature faible et décevante!... Nul animal créé ne peut man([uer à son instinct; le tien est-il donc de tromper?

Diderot place sou mot ;

ES Elles simuleront l'ivresse de la passion, si elles ont un grand intérêt à vous tromper; elles l'éprouveront sans s'oublier...

Et le gai l'anard aussi :

^ Les iémnies tous les jours nous paraissent des auges Par leur grande douceur; ne vous y fiez pas : Elles sont à peu près semblables aux oranges

Que l'on cultive en nos climats.

A les voir à l'arljre ou les aime ; (îe l'niit quelquefois même est assez désiré ; Mais il cache souvent une amertume extrême,

Sous un deliors bien coloré.

Liilin iJéranger, (jui a dit si peu de mal des femmes : ® Toute femme est perverse.

Mais voici Jean-Jacques, et quelques autres qui expliquent, tolèrent ou même justilient ce travers tant reproché aux femmes :

gft Les femmes sont fausses, nous dit-on; non, elles le deviennent. Le don qui leur est propre est l'adresse, et non pas la fausseté. Dans les vrais penchants de leur sexe, même en mentant, elles ne sont point fausses. Pourquoi consultez-vous leur bouche, quand ce n'est pas elle qui doit parler? Consultez leurs yeux, leur teint, leur respiration, leur air craintif, leur molle résistance : voilà le laimage que la nature leur donne pour vous répondre. La bouche dit toujours non, et doit le dire; mais l'accent qu'elle v joint n'est pas

82 I.KS 1 KMMKS l)'AI'l\f:s LKS ALTI'li'.S l'I! ANÇAIS.

l(»njoiii> le iiu'iiu', cl col accent ne. sait point nienlir. La l'ennne n a-l-elle |ia> les mêmes besoins (|ne Tlionnue, sans avoir le même droit de les témoigner".' Son sort serait li'op cruel si, même dans les désirs Icuilimes, elle n'avait nn lan^ajic êciuivalent à celui (|u'elle n'ose tenir. Ne lui l'aut-il pas im art de comnumiquer ses |)encliants sans les découvrir? Comhien ne lui iuiporte-t-il pas d ap|)rendre à toucher le cteur de lliomme sans paraître sonj^er à lui? Quel discours charmant n'est-ce pas (jue la |»onmie de Galatée et sa hiite maladroite? Oiu' laudra-il (|u\'lle ajoute à cela? Ira-t-elle dire au herj^er (pii la suit entre les saules (ju'elle n'y fuit (|u'à dessein de l'y attirer? Elle mentirait, pom- ainsi dire; car alors elle ne Tattirerait plus. Plus une fcnune a de réserve, plus elle doit avoir d'art, même avec sou mari. Oui, je soutiens qu'en tenant la coquetterie dans ses limites, on la rend modeste et vraie, et (ju'ou eu fait une loi de l'honnêteté.

S3 Une petite tille qui aimera sa mère ou sa mie travaillera tout le jour à ses côtés sans ennui : le babil seul la dédommagera de toute sa gêne. Mais si celle qui la gouverne lui est insupportable, elle prendra dans le uiêuu' dégoût tout ce qu'elle fera sous ses yeux. Il est Irès-diflicile que celles qui ne se plaisent pas avec leurs mères, plus qu'avec personne au monde, puissent un jour tourner à bien : mais pour juger de leurs vrais sentiments, il faut les étudier et non pas se fier à ce qu'elles disent ; car elles sont tïatteusos, dissimulées et savent de bonne heure se déguiser. .1. .1. llorssEAr.

@3 Je ne sais |)our(pioi les honnnes taxent les fennnes de l'ausseté, et on fait la vérité fenudle ; problème à résoudre. On dit aussi (piClleesl luu', et cela se pomiail bien, (l'est sans doute pai' un amour scci'et de la vérité (pie nous courons après les fennnes avec tant d'ardeur. Nous cherchons à les dé|)ouiller de tout c(î (jiu' nous croyons (pii cache la vérité, et, (piand nous avons satisfait notre curiosité sur une, nous nous détronq)ons : nous courons tous vers une autre pour être j)lus heureux. L'amour, le plaisir et l'iiuduslance ne sont qu'une suite du désir de connaîtrez la vérité. Duci.os.

£e3 L'honnnc icproche à la l'i umie d être dissinudée, et, chacpie jour, il iiii en apjtrend la nécessité, (ielle qui ne peut |>as dire : Je iH'iu\ est bien obligée «Ten Iraduii'c l'expression par une péiiphrase. IJasta.

l«3 Sur dix honnnes de treMle-ciru| ans (pii disent à une l'ennne je vous aime, il n'y eu a |)as un |)ent-être qui aime véiitablement. (lerles, les fennnes IrompcMit aussi, nous le savons, mais elles trouqtent poiu' cacher ce (piClles éproii- \enl, I liomiMc poni' montrei' re (pi'il iré|)rouve pas. EuNtSi LEGOUVi:.

0:53 i'-iti'(! hyj)Ocrite, (î'esl bon pour une l'euune. Un lioMune n'a pas le (lr(»il d'être hy|)ocrite, |»uis(pril peut cire biave cl (pi il est libre.

M"" 1'!. iti; (iMiAiiiiiN.

tr2 11 N i' i\''\\\ (•' oses (pii paraisjj'id. dil'liciles à ciinciiier, cl (pie cependant

COKNKLIE

MERE DES GRACQUES (DeuMi-MU' -ircli' Mvjiil li'siis-Clii-isl.

On dit que Tiberius Gracclius, ôpouv de Conielia, lillo de SL-ipioii, Iroina un jour dans son lit une couple de serperUs, el (|ue les devins ayant considéré c ; que signiliait ce présage, lui défendirent et de les tuer tous deux, et de les laisser éclia|)per, mais d'en tuer un seulement, lui as urant que s il luail le mâle cela lui apporterait la mort à lui-même, et s'il tu:iit la femelle tjue ce serait à Cornelia. Tiljerius donc aimant sa femme, joint qu'il estimait être plus raisoniialde que lui mourût avant elle, attendu ipiil (Hait plus vieux, el elle encore jeune, tua le mâle, el laissa échapper la femelle, mais il mourut tantôt après, laisianl douze enfants vivants, lesc|uels il avait tous eus de Cornelia, laquelle, après le trépas de sou mari, prenant tout le soin de sa nr.iison et de ses enfants, se montra si lionnèle, si lionne, si magnanime, (ju'on jugea Tiberius avoii' saffement fail d'avoii' voulu mourir jtliis tôt qu'une telle fennne. Car étant en sou veuvage, le loi l'tolemeus d Kgyple lui voulut communiquer l'honneur du diadème ro\;d, et la faire; reme, mais elle refusa. HUe perdit Ions ses enfants excepté une fille, qu'elle donna en mariage au jeune Scipion .africain, el Tiberius et Cuius, les(juels elle éleva et édnqua si diligennnent (|u'ils devinrent les plus lionuéles et les plus remarques entre le.>jeunes Itomains de ii ni' ienqts.

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