DE SÉVIGNÉ
Les lettres de M*'' de Sévigné nous montrent Tagitalion produit!* par le curtésianisnif^ dan** les salons et parnu' tous les beaux esprits. .M*' de Sêvii:iiu se mêle peu de métaphysique, elle
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n*est pas cartésienne pour son propre compte, mais elle l'est un peu pour celui de sa fille, qu'elle veut pouvoir entretenir de tout. Elle n*a d*autre ambition que d*en savoir ce qui est nécessaire, non pas pour jouer, mais pour voir jouer. « Corbinelli et Lamousse parlent assez souvent de votre Père Descartes! lisent entrepris de me rendre capable d*entendre ce qu'ils disent, j*en suis ravie afin de n'être point comme une sotte bête quand ils vous tiendront ici. Je leur dis que je veux apprendre cette science comme Thombre, non pas pour jouer, mais pour voir jouer. » M°*® de Grignan n'était pas seulement une spirituelle et charmante, n\ais encore une fort habile cartésienne, au témoignage de Corbinelli, qui dit qu'elle sait à miracle la philosophie de Descartes et en parle divinement. C'est Corbinelli, gentilhomme originaire d'Italie, ami et quelquefois secrétaire de M*"" de Sévigné, qui avait introduit dans sa maison et dans sa famille la philosophie nouvelle. Plein de vivacité, d'esprit et de verve, partout il défend Descartes de la parole et de la plume, mais IVI°^* de Sévigné et ses amis se plaignent qu*il n'achève et ne publie rien.
M°^* de Sévigné écrit donc à sa fille tout ce qu'elle a vu ou entendu autour d'elle qui puisse intéresser une cartésienne, sans toutefois s'abstenir de quelques légères plaisanteries sur son attachement filial pour Descartes, et sur certains dogmes cartésiens qui choquent son bon sens. Non seulement pour l'amour de sa fille, M°^* de Sévigné aime un peu Descartes, mais elle étend cette sympathie jusque sur les neveux et nièces du grand philosophe qu'elle rencontre dans le fond de la Bretagne : «Je ris quelquefois de l'amitié que j'ai pour M^'<> Descartes, je me tourne naturellement de son côté, j'ai toujours des affaires à elle, il me semble qu'elle vous est quelque chose du côté paternel de M. Descaries, et dès là, je tiens un petit morceau de ma fille. » Ailleurs elle raconte qu'elle a assisté à un diner de beaux esprits, « qui discoururent après dîner fort agréablement sur la philosophie de votre Père Descartes. Cela me divertissait et me faisait souvenir grossièrement de ma chère petite cartésienne que j'étais si aise d'entendre, quoique indigne. » Ses lettres sont parsemées d'al lusions badines ou ironiques aux doctrines de Descartes.
Bouilli ER. La Philosophie cartésienne,
(( M™« de Sévigné écrit parfois à sa fille « votre père Descartes, votre père Malebranclie ». Sa correspondance est pleine d'allusions philosophiques. La table de ses œuvres
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