STAËL
Voici trois passages extraits de V Allemagne de Madame de
Staël :
« On a voulu tout démontrer, depuis que le goût des sciences exactes s'est emparé des esprits; et le calcul des probabilités permettant de soumettre l'incertain même à des règles, Ton s'est flatté de résoudre mathématiquement toutes les difQcultés que présentaient les questions les plus délicates, et de faire ainsi régner l'algèbre sur l'univers. »
« Rien n'est moins applicable à la vie qu'un raisonnement mathématique. Une proposition, en fait de chiffres, est décidément fausse ou vraie ; sous tous les autres rapports, le vrai se mêle avec le faux^ de telle manière, que souvent Tinstinct peut seul nous décider entre des motifs divers, quelquefois aussi puissants d'un côté que de l'autre. L'étude des mathématiques, habituant à la certitude, irrite contre toutes les opinions opposées à la nôtre; tandis que ce qu*il y a de plus important pour la conduite de ce monde, c'est d'apprendre les autres, c'est-à-dire de concevoir tout ce qui les porte à penser et à sentir autrement que nous. Les mathématiques induisent à ne tenir compte que de ce qui est prouvé, tandis que les vérités primitives, celles que le sentiment et le génie saisissent^ ne sont pas susceptibles de démonstration.
Enfin les mathématiques soumettant tout au calcul, inspirent trop de respect pour la force ; et cette énergie sublime qui ne compte pour rien les obstacles et se platt dans les sacrifices s'accorde difficilement avec le genre de raison que développent les combinaisons algébriques. »
271 8UCCA
« La polilique est soumise au calcul, parce que s*appliquant toujours aux hommes réunis en masse, elle est fondée sur une combinaison générale, et par conséquent abstraite ; mais la morale ayant pour but la conservation paKiculière des droits et du bonheur de chaque homme, est nécessaire pour forcer la politique à respecter, dans ses combinaisons générales, le bonheur des individus. La morale doit diriger nos calculs ; et nos calculs doivent diriger la politique. »
STEFANOSKA (MichEUNE)
Polonaise, a étudié à Genève, élève de Vogt, docteur es sciences naturelles, travaille maintenant à Tinstitut Solvay, à Bruxelles.
La disposition histologique du pigment dans les yeux des artropodes, sous Tinfluence de la lumière directe et de Tobscurité complète (Recueil zoologique suisse, t. V, n® 2, 1890).
Traductions polonaises de plusieurs ouvrages de Fianimarioû et de Reclus.