SI LA FEMME
Ui raîiioii (lu plus fort aai toujours la meillvurt'.
Htïllc tiHc, (lit-il, niais du ccrvullc {Hiint.
Ca n'est rien, c'esï une femme qui sa noie.
La fcMiimc ost-elle capable de science ? Les avis sont partagés. Molicro. Boileau, Joseph de Maistre, Proudhoii, Scho|)eiihauer et beaucoup d'autres répondent énergiquenient non. I>es modérés distinguent et disent à la fois oui et non. Tne minorité, qui va en croissant, réplique oui, avec Lalande, Michelet, Stuart Mill, Dupanloup, Anatole France, etc.
II nous a paru piquant de réunir ici quelques spécimens des trois opinions, sans attacher d'importance à un dél>at théori(|ue.
I^)rnons-nous à résumer les opinions extrêmes des anciens et des modernes.
Les adversaires argumentent ainsi :
!• (> n'est plus une femme, c'est un homasse ; elle néglige ses enfants et sa cuisine.
^ Ce n'est pas elle (|ui a travaillé, c*est lui, le souffleur dans la coulisse, le mari, Tami, le pn)fesseur.
3' Klle n'a rien inventé, elle n'a pas de génie !
i° Quelle pé<iante ! mol terrible et diVisif.
Voici les conclusions op|)osées :
l"* [jos femmes |>euvent atteindre les plus hauts sommets de la science.
*È'' Klles le peuvent siins perdre les qualités de leur sexe.
3* Vovez l<» nombre croissant des femmes de sciences, dans toutes les dinvtions !
i» Li sciiMice n'est pas exclusive, elle permet la culture des autres facultés.
.V liCs études .scientifiques se concilient avec l(*8 <Iiverses religions, avec les diverses pliilosophies.
fi" Nous avons assez de romancit^n»s. Pour l'a^uvre scientifique, jamais trop de travailleurs : là tout effort sérieux est
utile. De quel droit barrer la route aux femmes ? Celles qui ne sont pas douées seront vite découragées.
Écoutons maintenant les philosophes, les historiens les savants, etc., qui vont raisonnerou déraisonner sur la question.
Saint Justin (Apolog,) critique le mythe ancien qui avait fait sortir du cerveau de Jupiter, Minerve, la déesse de la Sagesse et de la Science : « N'est-ce pas le comble du ridicule d'avoir été prendre, pour en faire Temblème de Tin tell igence, la figure d'une femme? »
A propos des femmes qui font de la médecine :
« C'est un sot animal qu'une femme qui se mesle de nostre mestier : eela n'appartient qu'à ceux qui ont un haut de chausse et la teste bien faite.
. Ce n'est pas à une femme de pratiquer la méthode de Gallien :
Res est sublimioru inUUigentiœ. Il faut avoir l'esprit plus fort, àtulier tst animal dimidiati intellectus : il faut qu'elles filent leur quenouille, ou au moins, comme dit snint Paul, contineant se in silentio. »
G L'Y Patin (Lettres).
Quand je les vois (les femmes) attachées à la rhétorique, k la
judiciaire, à la logique et semblables drogueries si vaines et
inutiles à leurs besoins, j'entre en crainte
Montaigne.
D'après Mad. de Maintt»non, la connaissance des quatre règk\s était de luxe; une femme, même bien née, pouvait avouer sans rougir qu'elle n'avait point « appris l'arithmétique >», qu'elle ne savait ni « faire un mémoire » ni « arrêter un compte ».
Nulle science n'est pour elles trop profonde. Et céans beaucoup plus qu'en aucun lieu du Monde. Les secrets les plus hauts s'y laissent concevoir. On y sait comme vont Lune, Étoile polaire, Vénus, Saturne et Mars, dont je n'ai point affaire; Et dans ce vain savoir, qu'on va chercher si loin, On ne sait comme va mon Pot dont j'ai besoin.
OPI.MONS DIVKKSI-:S 291
Voim devriez. . .
M oster, pour faire bien, du grenier de céans, Otte longue lunette à faire peur aux («ens, Kt cent brimborions dont Ta^pect importune :
Ne point aller cherclier ce qu'on fait dans la lune Et vous mêler un peu de ce (fu'on fait cbez ? ous, Où nous f oyons aller tout sens-dessus-dessous. Il n*est pas bien bonneste et pour beaucoup de causes Qu'une femme t'tudl«' et sache tant de choses.
M<iukHK. Les femmes savantes.
Un iiK^iiH» Molièri* :
Kt c'est assez pour elle, h f ous bien parler, De savoir prier Dieu, m'aimer, coudre et filer.
Prirr Diou, Irrs Ihimi; iiraimer, condn» ol Hier, quel égoïsme naïf !
Dieu tire la f'eiiiiiie de rhoiimie iiii'^ine, et la forme d'une côtt* >u|MTfliie ipi'il lui avait mis*» exprès dans le ertté... Les femmes n'ont qu'à se souvenir de leur origine^ et, sans trop vanter leur délieatt»ss<», songer, apK's tout, qu'elles viennent d'un os surnuméraire où il n'> a\ait île beautr que relie que Dieu y >oMlut mettr<>.
lto>srKr. Elévation sur les mystères cinquième S4MnAine,
«b'uxiènie èlc\ation'i.
On H >n des femmes très savanti's, comme il en fut de guerrirn*s, mais il n'y en eut jamais d*in>entrices.
VnLTAIRK.
Assez rariMiient, soit; mais jamais, c'est trop <1 ire.
Pour l'ordinaire, les femmes >ont incafmhles dt* |K''ni*tn*r les M'Htes un |M*u dilticiles à décou>rir.
.MaIJlHHANCHK.
INnir les recherches lahorieUM'*«, |N»ur la solidité du ruisonnenient, pour la fnrcc et la profondeur, il ne faut que îles homuK's.
KhMK-NKLLK.
Si elle (une belle dame, il y a vingt ans) m'avait dit, « qui m'empôche d'en savoir en astronomie autant que Newton ? » je lui aurais répondu tout aussi sincèrement : « Rien du tout, n^ divine beauté. Prenez le télescope, les astres tiendront à grand honneur d'être lorgnés par vos beaux yeux, et ils s'empresseronl de vous dire tous leurs secrets. »
« Dès qu'elle (la femme) veut émuler l'homme, ce n'est qu'un singe. »
« Le chef-d'œuvre des femmes dans les sciences est de comprendre les hommes. »
u On ne connaît presque pas de femme savante qui n'ait été malheureuse ou ridicule par la science. »
« La science en jupon. »
<( On les appellerait donne barbute. »
« Une coquette est bien plus facilo à marier qu'une savante. >»
« Les femmes n'ont fait aucun chef-d'œuvre dans aucun genre.
Elles n'ont fait ni VILliade , ni le livre des Principes.... Elles
n'ont inventé ni l'algèbre, ni le télescope, ni les lunettes chromatiques, ni la pompe à feu, ni le métier à bas, etc., mais elles font quelque chose de plus grand que tout cela : c'est sur leurs genoux que se forme ce qu'il y a de plus excellent au monde : un homme et une femme. »
Joseph de Maistrk. (Lettres et opuscules inédits^ t. I, passim.)
Dans ses lettres à sa tille Constance, de Maistre insiste sur ce qu'il appelle le taconnage des femmes, d'après un mot piémontais signifiant « ravaudage ».
La fluidité du sang et l'agilité des esprits animiques rendent les fenmies incapables d'apporter une attention sérieuse à tout ce qui est un peu abstrait, et le dégoût qu'elles sentent pour tout raisonnement suivi, prouve la délicatesse de leur imagination, qui n'a pas la force de soutenir cet effort.
Du bel esprit; lOO:") ; Paris.
Il faut abandonner les spéculations abstraites, les connaissances utiles mais sèches à l'esprit laborieux et solide de l'homme... Ainsi les femmes n'apprendront pas la géométrie.
Ka.nt.
Elles l'apprennent un peu aujourd'hui et s'en portent mieux.
OPINIONS divi-:rsi-:8 293
Dans lV<lu«alion <los fi'nimos, il faut plus s*orru|><T du r<i»iir i]\iv ch' l't'.sprit. Il n'est pas néressain* qu'elles soient sa\anl<*s, (prelles eiit4'ii(leiit Newton ou Leibniz, «ju'elles pénètrent dans
les profondeurs de la géométrie ou de la phvsique Que les
t'eninies soient douées et fidèles, onelueus«\s [sic* et eoni pâtissantes; bonnes nièn»s, ehastes épouses, qu'elles aient des eonnaissanees onlinain»s, quelques talents aj^réables, elles en sauront
ass4*z pour leur bonb<'ur et pour le ncMre.
Pktion.
La Maison \eut que les femmes n'apprennent point à lin» aux astres : qu'ell<»s eompti'nt les aMifs de la basse -i*our, et non les étoihvs du tirmanuMit.
La Haisiin veut (|ue l'on int^Tdise aux femmes la botanique |Mir prineipes; qu'elles se bornent à la eonnaissanei» des plantes pota^ènvs et de quelques simples.
La Raison n'approuve pas les femmes qui assistent aux leçons de la ebimie : les euisinières qui ne savent pas lire sont celles qui font la nuMlleur^ sou|)e.
f^rojet d'une loi portant défense d'apprendre à lire aux femmes par Sylx \i\ Mahkchal.
Le.H femmes n'ont rien in\enl4'*, pas uu^me l<*ur quenouille.
INiOl DIION.
(l'est !*amphila qui in>enta le métier à filer la soie.
Plink.
Elles n'ont pas menu» in>enté leur ipienoiiille, séerie l*n)udbon qui sait sans doute qui a inventé la ipienoiiille, mais qui |iar malheur est en désaeeoni iei avee toutes les traditions populain*s, qui attribuent û des femm«*s rin>ention de filer i*t di* tisMT les étort'es.
K. L\iioriA\K. Essai sttr la condition des femmes, tHH2, in-t2.
Voiei ee que dit eneore le dédaigneux Proudhon : •• INuir mettre la femme au pair a>ee nous, il faudrait nMidn* en nous la forée et l'inteHij^enee inutiles, arrêter le pnij^rès de la seienee, de l'industrie 4't ilu travail, eni|H^eher l'humanité de. dévelopfN'r >irilement sa puiss^mee, la mutiler dans son eorfis et dans son Ame, intMitir à la destinée, n'fouler la nature, le t4Mil |>our la plus grande gloin» de eette pau>re {M'tite duu> de femme, qui ne |H>ut ni ri\alis4'r a\ee son eompagnon, ni le sui\re. »>
Toujours (lu niôine Proudhon :
« Devant la nature et devant la justice, la femme ne pèse pas le tiers de Thomme. »
C'est ainsi qu'on balance la femme.
Je n'ai jamais rencontré de femme qui fut en état de suivre un raisonnement pendant un demi quart d'heure. Elles ont des qualités qui nous manquent, des qualités d'un charme particulier, inexprimable; mais, en fait de raison, de logique, de puissance de lier les idées, d'enchaîner les principes et les connaissances et d'en apercevoir les rapports, la femme, même la plus supérieure, atteint rarement à la hauteur d'un honmie de capacité médiocre.
Lamennais.
L'esprit féminin est primesautier. Il se plaît aux idées qu'on saisit vile, par une sorte d'intuition. Les méthodes lentes d'observation ou de calcul, par lesquelles on arrive sûrement k des vérités, ne peuvent lui plaire. Les vérités elles-mêmes, abstraction faite de leur nature et de leurs conséquences possibles, sont peu de chose pour la plupart des femmes, surtout les vérités générales qui ne touchent à aucun individu en particulier. — Ajoutez une faible indépendance d'opinion, une faculté moins intense que chez l'houmie, et enfin l'horreur du doute par lequel toute recherche dans les sciences d'observation doit commencer et souvent finir. En voici plus qu'il ne faut pour expliquer la position des femmes dans les aflFaires scientifiques.
Alimionsk de Candolle.
A plusieurs points de vue le caractère des hommes scientifiques est fortement anti-féminin. Ils s'occupent des faits et des théories abstraites, non des personnes et des intérêts humains.
FrANCIî? g ALTON.
On dit : Un raisonnement de femme.
« Il est remarquable que dans la longue listi» des noms des inventeurs scientifiques, on ne rencontre \)iis un seul nom de femme. »
!)"■ Ci. TiORE. L'art de la découverte scientifique. Londres, i87H, p. 282.
OPINIONS DIVERSES 29ÎS
Pas 1111 seul nom ! Votre lisU» n'est alors ni exacte ni complète. Qui veut trop prouver....
Mathématiques, logique, dialectique, ne sont pas des choses
féminines.
LoxBRoso. La femme criminelte.
Ne sommes-nous pas menacés, à Theun* qu'il est, d'une invasion de bachelièn's parlant mathématiques, physique, ph'ilo-
sophie, anatomie aussi hien que n'importe quel professeur de faculti»? Molièri», lève-toi et fustige-moi tous ces bas bleus!
Le p. Mrstrr.
.V I l'homme' et R (la femme) partent d*un point C, A avec une
\itesM» de KK), B avec une vitesse de 60. Quand B rallrapera-
t-il .\? Solution : « Jamais! »»
Strindbrrg.
Reçue d/ancA^; janvier 1895, p. 18.
A et B ne part4*nt pas du même point et n*ont pas de telles
vit4'sst»s.
Les femmes ne méditent guère. Klles s*» cont4*ntent d'entre\oir des idées sous lu forme la plus flottante et la plus indécis^'. Hien ne s'accuse, rien ne s<» fixe dans les brumes donnes de leurs fantaisies. O m* Mnit qu'apparitions rapides, vagues figures, contours aussiUM effacés. iU\ dirait qu'elles n'ont nul souci dt* la
\ériU'' des chc)S4»s.
h\MKL .*^TKH.N iComtesw d'.Vgoulli.
Les femm<*> M'uti'nt trop vivement |K)ur beaucoup rais<»nnerel longtemps réfléchir.... L'étude des cau-^es et des abstractions les déconcerte et h's ennuie.
fl'esl une remarque générait* que les femmes sont (rautant plus instruites (|u'elles ont des amis plus sa\ants.
ISIUORK BoiHDON.
L(* mot de la tin v>{ plus piquant (|u'exact.
La coinplexion de la foiinno lui défend tout ce qui exige une grande tension musculaire, aussi bien qu'une forte concentration intellectuelle. La nature ayant refusé à la fennne cette double vigueur, elle ne pourra qu'exceptionnellement atteindre les plus hauts sommets de la science.
La méditation lui répugne, et la poursuite désintéressée du Vrai, du FJien et du Beau n'est pas son fait. Elle manque d'idéal.
Généraliser, abstraire est impossible à la femme.
E. DE Pomper Y.
Affirmez, affirmez sans preuve... il en restera toujours quelque chose.
Les femmes savantes sont des exceptions, des espèces de
monstres ; — tout au moins des phénomènes, des êtres sans
sexe, ni homme ni femme ou moitié homme et moitié femme,
ad libitum.
Léon Richek. La femme libre.
De Concourt a dit de son côté : « 11 n'y a pas de femmes de génie ; lorsqu'elles sont des génies elles sont des hommes. »
Au cours, ces étudiantes sont un modèle d'attention et d'application ; peut-être même s'appliquent-elles trop à porter k la maison, noir sur blanc, ce qu'elles ont entendu... Seulement on peut remarquer ce fait que souvent elles ne jettent qu'un coup d'œil superficiel sur les préparations que le professeur fait circuler. Quelquefois même, elles les passent au voisin sans les regarder : un examen -plus prolongé les empêcherait de prendre leurs notes! Lors des examens, elles montrent les mêmes aptitudes que pendant les cours. Elles savent mieux que les étudiants ; pour me servir d'une expression d'étudiant, elles ont énormément « bûché », leur mémorisation est bonne, de sorte qu'elles savent parfaitement réciter la réponse à la question qui vient d'être faite ; mais, généralement, elles en restent là. Une question indirecte leur fait perdre le fil. Dès que Texaminateur fait appel au raisonnement individuel, l'examen est fini, on ne lui répond plus. L'examinateur cherchera à rendre plus clair le sens de sa question, il lâchera un mot se rattachant peut-être k une partie du manuscrit de l'étudiante, crac î ça marche, c'est comme si on
avait prcsst» le l>oiiton <l'iin phonoj^rapho. Si les oxainoiis ronsislaicnl uniquement on réponses écrites ou verJmles sur <les siyets qui onl été traités dans les rours, les étudiantes obtiendraient toujours de brillants sueeès.
(^\KL VoiiT.
— Ainsi, monsieur Maston, nous prétendt'z que jamais fennue n'eût été capable de faire proj^resser les sciences mathématiques ou ex|)érimentales?
— A mon extrénu» rej^retj'y suis obligé, répondit J. -T. Maston. Huil V ait eu ou qu'il y ait quelques remanpiables mathénuiticiennes, et particulièrement en Hussie, j\»n con>iens très volontiers. Mais étant donnée sa conformation cérébrale, il n'est pas de femme qui puisse devenir un Arcbiuu'de et encore moins un N«'>vton.
— Oh I Monsieur Maston, pernu'tt4»z-moi de prol4»st4T au nom de notre sexe...
— Sexe d'autant plus charmant, mistress Scorbitt, qu'il n'est |M>inl fait pour s'adonner aux études transcendant4*s.
— Ainsi, selon vous, monsieur .Maston, en vovant tomber une {Mmune, aucum* femme n'eut pu découvrir les lois de la gravitation universelle, ainsi que l'a fait l'illustre savant anglais k la tin du xvii« siècle ?
— En vovant tomluT une pomme, mistress Si'orbitl, une femme
n'aurait pas <>u d'autre idée... que de la manger... k l'exemple de
notn» mère Kve.
JiLKs Vkknk. Sens %Usi us dessous,
1 ne étude afqirofondie des lois s<*ientitîques ne parait |ms d*acconl a\ec la véritable vocation d<> la fenune... Klle ne nous parait |»as destinée à envisager les choM's autn^ment qu'au point de vue esthétique, et, au besoin, k celui de rutiliU'*; b»s .sciences profinMnent diti*s sont du domaine de l'homme.
La fenune échap|H* k la logique, au raisonriement, k la démonstration géométrique : rien de tout cela ne [tout avoir de priiM* sur S4H1 |M*tit cervtMiu. La femme est une impulsive, comme le sau\age. Khî il n'> a |>as de mal, car le plus souvent S4»s impulMons sont l»onnes ; elh*s s<»nt même i|ueb|uefois sublimes. 1^
OÙ commence le mal, c'est lorsqu'on veut la soumettre au régime intellectuel de l'homme et de l'homme supérieur... Alors on la détraque.
Daniel Lesueur. (Jeanne Loiseau.) Névrosée.
CQ/^
En la philosophie, de la part qui sert à la vie, les femmes prendront les discours qui les dressent a juger de nos humeurs et conditions, h se défendre de nos trahisons, k régler la témérité de leurs propres désirs, a mesnager leur liberté, allonger les plaisirs de la vie, et k porter humainement l'inconstance d'un serviteur, la rudesse d'un mary, et l'importunité des ans et des rides, et choses semblables. Voilà, pour la pluspart, la part que
je leur assignerois aux sciences.
Montaigne.
Autres citations du même :
« Et nous, et la théologie, ne requérons pas beaucoup de science aux femmes. »
« La doctrine qui n'a pu leur arriver en l'âme, leur est demeurée en la langue. »
« Madame, dit-il pourtant k Diane de Foix, c'est un grand ornement que la science et un util de merveilleux service. »
Agrippa, dans son écrit L'excellence de la femme, assure au ch-apitre XVIII que les femmes savent toutes choses naturellement :
Quel est Tarithméticien assez fin pour tromper une femme par ses faux calculs, lorsqu'il lui paye ses dettes î...
Des fcmuïes de la campagne ne surpassent-elles pas souvent, par leurs prédictions et leurs pressentiment**, les philosophes et les mathématiciens? Une femme de néant a souvent fait de plus bc'lles cures que des médecins célèbres.
C'est la raison principale pour laquelle, si je ne me trompe, on exclut les femmes des sciences, parce que quand elles pourraient les acquérir, elles auraient trop de peine à les porter : de
OPINIONS DIVKRSES 29^
sorU' que si on leur (lolon<l cotlr application, co nVst pas tant, à
mon avis, «rcnj^ager leur esprit à nno tMitreprise trop haute, (pie
dans relie d'exposer leur humilité à une entn»pris<» trop dan-
jçereuse.
BrissiKT. Panégyrique de sainte Cat/ierine.
Si \ousavez une ima^^inalion vastis vive et agissante* et une euriosité que rien ne puisse arr^^tcr, il vaut mieux occuper ces dispositions aux sciences, que de hasarder qu'elles se tournent au profit dos passions.
hV.NKUlN.
On regarde une lemme savante* comme on fait une helle arme ; elle est cis4*lée artistement, d'une [mlissure admirahle et d'un travail fort recherché ; c'est une pièce de cahinel que Ton montre aux curi<'ux, qui n*(*st pas d'usag^S qni ne sert ni k la guerre ni à la chass(», non plus qu'un cheval de manège, quoique le mieux instruit du monde.
Mais il quel<|ue caus4' ipie les hommes puissent devoir cett<' ignorance d(*s fennues, ils sont heureux que les fenmies qui les dominent par tant d'endroits, aient sur eux cet avantage Avmoiiui.
La Rrl'vkrr.
Ine femme peut aimer les sciences ; mais toutes les sciences ne lui conviennent |>as. et l'entéti^ment de certaines sciences ne lui convient jamais, et est toujours faux.
L\ H<M:iiKKort:Ai*LO.
L'\BBi'. DR S\iM-PiKHRE désin» ipi'on apprenne aux jeunes fille» • im |N'u d'astronomie, pour fain* usage de l'almanach, pour savoir comment se font les éclips4>s, ce que ce ptMit étri» que les comèli's, les im|H>stures des diseurs et des dis4*UM*s de honnc aventun' ; un |n'u de connaissance de la machine du corps de» animaux, de la nutrition et de l'économie de cette machine pour Ailmirer la grande sages.si> et la grande puissance de VpAn* hienfaisant qui l'a com|H>s4'>i* ; quelque chos4* sur la cauM* de plusieurs effets nalunds, comme de la pluie, de la grêle, de la neige, du
lOHnerro, dcvs songes, dos impostures des prétendus sorciers ou magiciens. »
On peut enseigner aux élèves les plus âgées un peu de botanique et leur faire un léger cours de physique et d'histoire naturelle, et encore tout cela peut-il avoir des inconvénients. Il faut se borner, en physique, à ce qui est nécessaire pour prévenir une crasse ignorance et une stupide superstition et sVn tenir aux faits, sans raisonnements qui tiennent, directement ou indirecttîment, aux causes premières.
Lettre de Napolkon au grand chancelier, à propos des écoles de la Légion d'honneur (t^i mai 1809).
Toutes les fois qu'il faudra agir avec la divination et avec l'instinct, les femmes seront supérieures aux hommes ; toutes les fois qu'il faudra agir avec le raisonnement, avec la science, les
hommes auront sur elles une formidable supériorité Une
femme bien organisée, qu'une instruction malfaisante n'a pas encore dénaturée, possède tous les dons merveilleux des dormeurs lucides, tous les phénomènes inU^lligents des animaux privilégiés.
Madame E. de Girardin.
De la même :
L'homme ne demande pas à sa compagne de partager ses travaux, il lui demande de l'en distraire. La science pour les
femmes, c'est le luxe Elles sont un ornement, et la loi de tout
ornement est de paraître tin, léger, délicat et coquet.
Louis Vivb:s, Institution de la femme chrétienne, dit qu'on a tort de tenir les femmes savantes pour suspectes de mauvaise conduite, parce qu'il y en a eu deux ou trois dont la réputation n'était pas bonne.
La présence de quelques centaines de jeunes personnes dans les l'niversités de Suisse, d'Angleterre et des États-Unis ne changera probablement pas ce qui existe.
Ces étudiantes apprennent volontiers ; elles pourront enseigner ou appliquer leurs connaissances à la médecine, qui est
li'iir élude favoriU' ; mais rien no fait supposer (ju Viles se voueront à l'avancement désintéressé des sciences et qu'elles y réussissent, du moins avec un certain degré de distinction.
Ali'Honsk dk Candollk.
Le zèle si pur, si désintt'ressé qu'ont tant d'hommes, pour l'avancement de la Science, les femmes aussi sont suceptildes de le sentir ; et si, dans le dessein de s«' consacrer à l'éducation, ellrs s'étaient adonnées à l'étude des sciences naturelles, ce domaine jus<iu*ici peu cultivé par elles, leur oITrirail nulle occasions dexercer liMir sagacité. Il est plusieurs sciences d'un ahord facile (pli demandent à être enrichies de plus de faits, et le t^ilent d'oh- Ncrxation (pi'ont beaucoup de femmes aurait là un emploi précieux. Dès lors, en tra\ aillant à ce vaste» édifice de la science qui s'élève avec les siècles pour la gloire d<' l'humanité, elles sentiraient la ditï'érence entre ces prétendues nvssources auxquelles on se li\ re pour passer le temps et celles où Ton avance une ceuvre im|)ortante.
.Mai»\mk NK<:kKR i»E Saisscre. VédtAcation progressive, t. Ilf, pp. H3-H». Voir au>si pp. I.TM et .372-7.
Tou> h'> n|»«T>ateurs s'accordent à dire {\\\v pour l'intelligence la femme a une \erit4ihle faculU* d'intuition, c'est-à-^lin» cette vue rapide et exacte d(>s fait.s. Klle voit mieux ipie l'homme ce qui e>t immédiatement de\ant elle. D'où résulte une aptitude spéciale dan> rapprecialiou des choses pratiipu^s. A les pn*ndre telles qu'elles nnut aujourd'hui, les femmes parai>M'nt inférieures à riiomme |MMir* siiisir h's généraliU's, les princi|N's et tout ce «pii ri'Icxi' de la t'arultr Npéeulative. Mais il saute aux >eux qu'elh's ont l'r-prit phiN >if et plus pénétrant.