‹ Les femmes dans la science; notes recueilliesChapitre 1 sur 192 · AVANT- PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT- PROPOS

C'est en 1728 que Gouget a écrit les lignes que nous avons prises pour épigraphe. Depuis la mort de l'érudit chanoine, les sciences proprement dites, mathématiques, physi(jue, histoire naturelle et philosophie, ont beaucoup progressé. L'apport des femmes n'a pas été une quantité négligeable; leurs « mouients de solidité », comme dit M'"'" de Créquy, ont été assez nombreux et pourtant personne n'a (mu'oh» réalisé le vœu de Gouget.

Depuis plus de quinze siècles, nous honorons Hypatie, cette grecque d'Alexandrie, si belle et si savante, lapidée par une populace stupide. Les travaux d'astronomie et de mécanique de la mar([uise du Chàtelet défendent sa mémoire. Marie Agnesi, après avoir enseigné le calcul infinitésimal à l'Italie, est morte comme une sainte. A l'occasion d'un problème posé par Napoléon, Sophie Germain a créé, une des premières, la physique mathématique. Mary Somerville a composé, après Laplace, une mécani((ue céleste. Une russe, M'"f^Kowalevski, couronnée par notre Académie des Sciences, a été enlevée, il y a ([uel((ues années, en [)leinc floraison de son génie.

Nous avons réuni, pour la première fois, ces belles et

nobles ligures. Nous avons tracé, de ces femmes hors pair et (le (juelijues autres, des notices à grands traits, sans détails techniques. Le groupe d'élite a été encadré dans un tal)leau assez complet des autres savantes : l'armée en marche avec son état-major.

Nous avons surtout étudié les savantes professionnelles, qui ont consacré aux études scientiticjues la plus grande parlie de leur vie, mathématiciennes, physiciennes, naturalistes et philosophes. Puis sont venues les simples curieuses qui, à l'occasion, ont dit leur mot sur les sciences; les collaboratrices (jui ont aidé les savants, activement et discrètement; les professeurs, les vulgarisatrices, modestes et utiles; eniin les protectrices, princesses ou riches bourgeoises, qui ont fondé des prix dans les académies ou répandu leurs bienfaits sous d'autres formes. Les unes et les autres, par des moyens divers, ont exercé une heureuse influence sur le progrès des sciences.

Ces femmes savantes, qui ne craignent pas Molière, auraient pu être classées chronologiquement, par genre d'étude, par nationalité, ou d'après leur rôle. Nous nous sommes l)orné à un rangement alphabétique, mais il sera facile de grouper les noms autrement. Notre longue liste est peu homogène, clic présente de la sécheresse et elle dégénère çà et là en statistique. Nous avons surtout voulu réunir des faits nombreux, exacts et probants.

Pour égayer un peu notre dictioimaii'o, nous lavons orné de quehjues autographes et de deux douzaines de portraits, curieux et peu connus. Fontenelle a dit (juMl faut avoir raison avec (juehiue agrément.

Deux notes, provenant d'une collaboration variée et qu'il sera intéressant de parcourir, terminent le livre. Dans la première, nous avons réuni des opinions variées sur celte question : Si la femme est capable de science. La seconde note est formée de Menvs propos sur les femmes et les scieuces, aperçus divers, citations, anecdotes, pensées, etc.

Nous avons fait, le ^Y f('vi'i(M' 1«S9V. au ('ercle Saint-Simon,

une conférence sur Les femmes dans la science. Cette conférence, imprimée en une brochure de 87 pp., a été patiemment développée depuis et sa seconde édition est devenue le livre actuel qui semblera peut-être trop long. Nous conseillons aux gens pressés de se borner aux notices principales, aux images et aux notes amusantes de la fin.

Il nous est doux de remercier ici les Kevues et les personnes qui nous ont aidé dans notre travail, en particulier V Intermédiaire des mathématiciens, la Bibliotheca mathematica (Notes bibliographiques de MM. Yalentin etEnestrom) et Ciel et Terre (Note de M. Lagrange sur les femmes astronomes).

En terminant, nous prions lectrices et lecteurs de signaler à notre éditeur les inexactitudes et les omissions, pour nous permettre d'améliorer une étude sincère, mais bien imparfaite .

Paris, le 15 décembre 1896.

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