‹ Les femmes dans la science; notes recueilliesChapitre 115 sur 192 · MARIA M 1 T C H E L L · texte numérisé non relu

MARIA M 1 T C H E L L

MITCHELL

Pêcheurs de baleine et quakers. — Maria Mitchell est née dans File de Nantuckct, où les femmes étaient aussi énergiques (jue les hommes, parce que ces derniers partaient pour de longs voyages de pêche et que les quakers dominaient. La légende rapporte qu'un des trois premiers blancs (|ui abordèrent dans File était un ancêtre de l'astronome. Les femmes pouvaient parler et voter à l'église, mais la plus grande simplicité leur était imposée ; elles se livraient au travail intellectuel.

Les Mitchell étaient de purs (juakers, n'étaient pas marins et ils étaient parents de Benjamin Franklin. Le père de Maria, âgé de plus de 70 ans, aidait encore sa iille ; il maniait bien le sextant et avait déterminé la latitude du lieu ; il tenait les registres météorologiques.

Père et fille pendant l'éclipsé. — Maria Mitchell née dans file, le 1er août 1818, était la troisième de neuf enfants. La famille n'était pas riche. Le père dirigeait une école, était luployé à l'inspection des côtes et se délassait en étudiant les étoiles. Il y avait dans le ménage un globe céleste et un petit télescope. Une éclipse annoncée mettait tous ces Mitchell en éveil.

Maria devint vite l'aide de son père dans ses observations astronomiques et dans ses calculs. Dès onze ans, elle mesurait le temps au chronomètre, pendant une éclipse lunaire, et, au retour de l'éclipsé, 54 ans plus tard, elle laissa ses élèves observer au télescope, et voulut se borner encore à mesurer le temps comme autrefois.

Laborieux commencement. — Père Pierce, l'instituteur, remarqua vite l'enfant et la poussa vers les sciences. A 18 ans, elle devint bibliothécaire à l'Athenœum Library, gagna quelque argent, étudia le latin et dévora Laplace et Gauss. Elle déclarait, dans son enthousiasme, qu'une formule mathématique est un hymne de l'univers (mot à commenter).

Première comète. — Maria menait de front la pratique et la théorie. Pendant la nuit du l^"" octobre 1847, elle observa

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au ciel une petite tache nouvelle. Était-ce une simple nél)iileuse ou une comète? Lorsque le lendemain, le verre fut de nouveau dirigé vers la tache, le petit nuage avait changé de place. Il s'agissait donc d'une comète et la jeune astronome de Nantucket l'avait découverte la première. Le P. Vico l'observa ensuite à Rome.

On donna le nom de Maria Mitchell à l'astre nouveau et le roi de Danemark envoya, en récompense, une belle médaille d'or.

Départ pour l'Europp:. — La célébrité venait peu à peu. Aux instruments portatifs, succéda un grand télescope offert à Maria par ses admirateurs. Elle fut nommée calculatrice du Nantie Almanach et lit la connaissance des savants américains.

Ses économies étaient insuffisantes pour faire un voyage en Europe, ce voyage qu'elle désirait tant, lorsqu'un négociant lui demanda d'accompagner sa lille. En Angleterre, Mary visita John Herschel et Airy. Elle dut rendre sa fille au marchand qui avait fait de mauvaises affaires et elle continua seule le voyage, avec son fonds de réserve.

A Paris, Leverrier donna à l'Observatoire une fête en l'honneur de l'américaine. Le pape lui permit de visiter à Rome l'observatoire des jésuites où aucune femme n'était encore entrée .

Directrice d'orservatoire. — De retour en Amérique, Miss Mitchell trouva sa mère malade et isolée, les autres iilles s'étant mariées. Elle devint sa garde-malade et dut reprendre le poste de bibliothécaire. Après la mort de Mrs Mitcliell, le père et la fille se retirèrent à Lynn, Massacluisetts, achetèrent une maisonnette, y installèrent leurs instruments et reprirent leurs observations.

En I860, on proposa à Maria, (jui avait 47 ans, la chaire d'astronomie à Yassar Collège cpi'on venait d'ouvrir. Elle accepta non sans inquiétude. Il s'agissait d'un collège de femmes, pour les liantes sciences. Quinze élèves purent seules suivre le cours.

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Le professeur savait stimuler les disciples et elle les traitait cordialenieiit. Attendait-on une ondée de météores ? Les détachements d'observatrices se succédaient sur le toit, et, dans l'intervalle, on allait boire une tasse de café chaud et se reposer au salon.

Miss Mitchell était devenue directrice de l'Observatoire, en même temps que professeur au Collège.

Jupiter et Saturne. — Malgré ses leçons, Maria trouvait le temps de faire des travaux personnels et de contribuer à l'avancement de la science. Jupiter et Saturne étaient ses planètes favorites.

En 1874, dès (ju'on commença à appliquer la photographie à l'astronomie, la directrice lit établir un appareil à ses frais t étudia, avec ses élèves, la face du Soleil.

Nous avons déjà dit combien Maria Mitchell était bonne. Elle réunissait sous la coupole, en un diner d'adieu, les jeunes tilles qui allaient quitter définitivement l'Observatoire. Le gaz remplaçait la douce lueur des étoiles, on remisait les instruments, on s'amusait, on disait des vers

L'affaiblissement final. — Subitement à 65 ans, la noble femme sentit une grande fatigue l'envahir et elle offrit sa démission. On la nomma professeur honoraire, avec un appartement dans l'Observatoire et le droit d'observer librement aux instruments.

Elle préféra se retirer à Linn et fit installer le télescope dans la maison de famille, mais, pendant le printemps de 1889, le corps et l'intelligence s'affaiblirent définitivement et Maria Mitchell mourut le 28 juin.

Elle nous a donné un grand exemple de simplicité et de dévouement à la vérité, en proclamant avec joie les lois du monde physique et du monde moral.

BlBLIOGRAPIItE.

Œuvres de M. Mitchell.

On Jupiter and liis satellites (American Journal of science, 1871, pp. 393 à 395 ; 1875, pp. 434 à 456 ; 18-;8, pp. 38 à 4iK Notes ofthe satellites ofSatimi (Idem, 1879, pp. 430 h 432).

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Observations and éléments of Miss Mitckell's cornet. Londres (Astron . soc. Monthly not., 1847-8, pp. 9 à 11, 130 à 131).

Minima of Algol. (The astron. journ. Cambridge, U.S. A, 1838, p. 7.)

Observations on some doubles stars (Americ, journ. of Science, 1863, pp. 38 à 40.)

Sources pour M. Mitchell.

Màdler. t. I, p. 398.

Appleton. American biography, 1888.

Annual cyclopedia, 1889.

The sidéral messenger, t. IX, p. 49.

Chataugnan, t. X, p. 181.

Portrait. (V. notice par Miss Withney.)

MOGNIZ

Christophe Colomb épousa, en Portugal, une demoiselle Mogniz, dont le père avait été marin.

LiBRi. Histoire des mathématiques en Italie; t. III, note de p. 71.

MOLSA (Tarquina)

de Modène ; avait étudié l'astronomie avec Antoine Guarino et la philosophie platonicienne avec François Patrizzi.

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