ANECDOTES
Il y avait, une fois, un pauvre professeur appelé Meades chargé, k récole des jeunes filles d'Oakland, de faire entrer dans la cervelle de ses jeunes et belles compatriotes les lois électriques d'Ampère, de Faraday, d'Ohm et de leur apprendre le mystère des volts, des potentiels, etc., avec expériences à l'appui. Là, sur la table, trônait un grand galvanomètre, instrument qui révèle le plus petit courant électrique et sa moindre variation. Chaque élève après explication de M. Meades devait faire fonctionner l'instrument délicat. Mais, mystère, aussitôt que la première appelée s'approche, l'instrument est pris de vertige et l'aiguille s'affole. La seconde, à un mètre de distance, dévie l'aiguille qui danse une tarentelle effrénée. La troisième amène l'aiguille à une division inconnue. Le pauvre M. Meades n'y comprenait rien.
Quelqu'un comprit pour lui. Malgré l'interdiction la plus sévère, le corset avait trouvé le moyen de se faufiler à l'école et son armature de fer avait troublé l'instrument de physique. Ce fut une grosse affaire ; la direction décida qu'après appel nominal et essai au galvanomètre toute jeune fille, qui « exercerait de l'influence », serait immédiatement expulsée. L'instrument se montra galant et ne dénonça personne ; depuis ce temps on a abandonné le corset à Oakland. C'est de bon augure pour la Californie. Mais ce que les galvanomètres doivent être affolés en France !
Hexri de Parvh.le {Les Débats du 15 octobre 1896).
Les Poésies de Clotilde de Surville (1405-1494) ont été publiées en 1803. Un des motifs faisant croire à une supercherie littéraire, c'est qu'il est parlé, dans ces poésies, des satellites de Saturne, dont le premier ne fut découvert par Huygens qu'en 1655.
Louise d'Alq. Anthologie féminine, p. 22.
L'impératrice-reine Marie-Tliérèse ayant demandé à Mauperluis s il connaissait la reine de Suède, sœur du roi de Prusse : « On dit, ajoutât-elle, que c'est la plus belle princesse du monde. » — « Madame, répondit Maupertuis, je l'avais cru jusqu'à ce jour. »
A Berlin, M. de Treitschke, professeur h l'Université, apercevant une auditrice à sa leçon, descendit de sa chaire pour lui oftrir son bras... et la conduire dehors.
Mon père, it'pondit-elle en se rassurant assez vite, comme toutes celles à qui l'on n'enseigne pas l'embarras, je viens te demander combien de distance nous devons mettre entre Saturne et Uranus. — Tu trouveras le calcul écrit dans mon cabinet, près de la sphère céleste. Va, mon enfant. » La jeune lille s'éloigna.
« Mon ami, dit le comte avec étonnement, pourquoi votre fille estelle venue vous demander la distance de Saturne à Uranus ?
L'HoTE {riant).
Pour le savoir, mon ami.
Le Comte.
Sans doute ; mais à quoi bon ?
L'HoTE.
Pour établir sur notre terrasse avec des proportions exactes son petit système du monde.
Le Comte.
Comment, son système du monde ?
L'HoTE.
Ne vous ai-je pas conté cotte mienne invention? J'en suis cependant très fier. Quand j'eus montré à ma fille les premiers principes de l'astronomie. . .
Le Comte.
Votre fille sait l'astronomie !