BARONNE DE VIMONT
La sportswoman que je vous présente est une femme d'épée. Vous la connaissez tous pour l'avoir rencontrée partout où se trouve le Paris élégant.
Le matin , vous l'avez saluée dans l'allée des Poteaux, galopant Suliman If, un magnifique alezan peu commode, avec lequel du reste elle a de fréquentes discussions ; le soir, vous l'avez retrouvée aux Français, à l'Opéra, à un concert de charité ou dans un des salons où se réunit la gentry parisienne. C'est une toute jeune femme digne du
pinceau de Boucher. Ses yeux noirs, son petit pied façonné par l'amour, ses mains de duchesse, blanches et ornées de petites bagues, ses paupières ombragées de longs cils d'un noir de jais, et sa taille, mince, flexible, font de la baronne de Vimont une de nos plus jolies mondaines.
Gomme la chevalière d'Éon, et aussi un peu à l'instigation de son mari, la baronne s'est mise à faire de l'escrime et à aimer ce sport fashionnable , plein de séductions et surtout éminemment hygiénique.
Pendant son passage au 6e de lanciers , le baron de Vimont avait eu pour professeur l'adjudant Ouclin, et, comme il l'avait conservé, ce fut lui qui fut chargé de donner les premières leçons à la baronne de Vimont, qui ne tarda pas à manier le fleuret avec une habileté extraordinaire.
Aujourd'hui, c'est avec M110 Basset, fille d'un vieux professeur qui a eu, en son temps, une certaine célébrité, que la baronne plastronne chaque matin dans la petite salle d'armes que son mari a fait construire dans son hôtel du parc Monceau. Rarement nous avons rencontré une main aussi bonne et un doigté aussi merveilleux. Néanmoins son jeu, quoique correct et régulier, n'offre pas une grande variété. Gela tient, sans aucun doute, à la conforma-