REINES BARBARES
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üosamonde. — Frédegonde et Bruneliaut.
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Les barbares n’avaient pas des femmes corrompues et amollies par une civilisation en décadence comme celles de l’empire romain et du Bas-Empire; leurs mâles compagnes aux|muscles d’acier, aux goûts féroces, vivaient au grand air, montaient à cheval, excitaient le guerrier au combat, chantaient le vainqueur, combattaient l’en-
nemi le fer en main quand leurs maris faiblissaient. Les femmes barbares survivaient rarement à la défaite de leurs époux; elles se battaient en désespérées ou se tuaient^ bien différentes en cela de la Romaine de la décadence ou de la fille du Bas-Empire, qui ne demandaient pas mieux que de passer dans les bras d’un nouveau maître.
Dans la Germanie, la femme était la fée des batailles; la .séduisante et terrible Walkirie enlevait l’âme du guerrier à l’agonie; la germaine était unie au destin de l’homme dans la vie et dans la mort, rapporte Tacite. Souvent les femmes barbares décidaient la victoire en excitant le courage des combattants, soit par leurs éloges, soit par leurs injures. A l’époque de la conquête de la Grande-Bretagne on vit des saxonnes combattre, tuer, piller, épouser malgré eux leurs ennemis; ces furies, dégoûtantes de carnage, n’avaient plus rien
SES CÉSARS
de leur sexe; elles faisaient peur et horreur à l’homme. La clievaleriej les cours d’amour, ramenèrent progressivement la femme au caractère tempéré, aux mœurs douces qui constituent ses attraits, son charme; mais au temps des premiers rois de France, la brutalité effrénée des mœurs est encore effrayante. Les rois francs s’abandonnèrent à l’emportement de leurs débauches, en profitant de la confusion qui résultait des trois législations en vigueur; ainsi, suivant leur caprice, ils invo^ quaient les lois romaines, celles du christianisme ou celles de leur pays. Ils avaient à la fois des épouses légitimes, des maîtresses, et des femmes de demi -mariage, du mariage de la main gauche, qu’on appelait alors concubines, mot qui depuis a été pris en mauvaise part. Un anneau et une pièce de monnaie échangés suffisaient pour contracter un mariage. L’inceste était fort ordinaire. Le roi Clotaire épousa les deux
sœurs; il eut sept fils de différentes femmes. Childéric, rapporte Grégoire de Tours, (( était adonné à une luxure effrénée; il régnait sur la nation des Francs et déshonorait leurs filles. » Chilpéric vivait dans le libertinage, remplaçait une maîtresse par l’autre, et laissait enfin régner en son nom l’infâme Frédegonde. Le grand Charlemagne lui-même avait presque autant de maîtresses que le roi Salomon, de licencieuse mémoire; il fut marié cinq fois. 11 eut huit filles aussi belles que galantes; il les aima peut-être plus qu’un père ne doit aimer scs enfants, car il ne consentit jamais à leur mariage. Elles le suivaient à la guerre.
Les femmes de ce temps, traitées en maîtresses ou en esclaves, s’enrichissaient, gagnaient les faveurs de leurs maîtres, s’élevaient souvent jusqu’au trône par le dévergondage et le meurtre.