PAR LA COMTESSE D’ABERDEEN
(Première présidente du Conseil, 1893-1899.)
Un étranger visitant le Canada et s’informant de la condition, du travail et des avantages des femmes dans ce pays en général ou dans quelqu’une des provinces, en particulier, se verrait souvent renvoyer au Conseil National des Femmes; et n’ayant jamais entendu parler ailleurs d'aucune organisation de ce genre, il aurait peut-être quelque difficulté à comprendre tout d’abord ses fonctions et sa raison d'être précises. Dans un endroit, il trouvera le conseil organisant sur des bases communes, des agences pour coopérer au soulagement des infortunes ; dans un autre, il le verra fondant un hôpital ou prenant l'initiative pour l'établissement d’une bibliothèque publique ; ici, présentant au gouvernement provincial une députation demandant l’enseignement de l’économie domestique et de l’éducation technique dans les écoles publiques ; là, pressant l'amendement des lois ou statuts concernant les ateliers et les fabriques en faveur des ouvrières qui y travaillent ; il en entendra parler à l’occasion des services notables rendus aux immigrants nouvellement arrivés, à l’occasion de l’œuvre patriotique de la Croix-Rouge, de l’ordre des Infir- . mières Victoria et de la compilation des faits concernant la vie des femmes au Canada qui doit être publiée dans le volume du gouvernement canadien pour l’exposition de Paris. Il sera confondu de la multiplicité de ses occupations et ne pourra le qualifier à sa propre satisfaction.
Notre voyageur pourrait demander :
Est-ce que ce conseil est une organisation politique ?
Non, ses rangs comptent des femmes de tous les partis.
Dépend-il d’une église quelconque ?