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trouve en mesure d'adopter et de développer des méthodes industrielles en harmonie avec les découvertes scientifiques modernes. Les préparations sont à se faire pour l'établissement d'écoles techniques, lesquelles, jointes au système actuel d'instruction publique, —reconnu sans supérieur au monde,—devront donner un cachet bien canadien aux produits des divers arts et des diverses industries.
Par suite du peu d'espace à notre disposition, ilsera nécessaire de limiter notreexamen du développement industriel possible de la femme à ces occupations auxquelles elle est particulièrement apte et qui lui assurent un salaire satisfaisant. A cet égard, et aussi À cause de leur importance dans l’économie générale du pays, les arts domestiques et l’agriculture doivent figurer en tête de !a liste des industries féminines.
Il existe diverses industries reliées au foyer ou aux arts domestiques et dans lesquelles les femmes ont été engagées de temps immémorial. La fabrication des tissus depuis la matière première jusqu’au produit achevé ; les divers procédés par lesquels on fait passer ces tissus avant d’en confectionner des vêtements ; la préparation des aliments ; la décoration intérieure et d’autres industries domestiques, ouvrent un champ très vaste à l’activité et à l’ingéniosité de la femme.
Jusqu'ici l'exploitation de ce champ s’est faite au hasard, sans méthode scientifique ; mais grâce à des conditions plus favorables pour le développement de l'intelligence dans cette direction, une nouvelle ère de progrès s’annonce ; et dans le service domestique entendu, dans les diverses catégories de travaux d’aiguille et d’arts manuels, la femme canadienne a un champ d'action illimité.
Au second rang par l’importance pour les femmes, nous plaçons l’agriculture. Dans ce département, comme dans celui des arts domestiques, il nous faut constater à regret le défaut de formation scientifique. Mais ici encore, comme dans le cas de l'éducation technique, le Canada est à l’état de receptivité, et les dirigeants, rommencent à se rendre comte de l’importance de la femme comme facteur de développement national. En conséquence, comme l'agriculture est l’industrie canadienne par excellence, l'éducation de la femme en vue de l’agriculture devient l’objet d’une attention spéciale. Des conventions ont été faites avec les divers cercles et collèges agricoles, en vertu desquelles les femmes sont à même de recevoir la formation nécessaire pour les rendre aptes à promouvoir cette grande industrie.
Afin d'obtenir une idée juste du développement possible de la femme dans le domaine de l’industrie au Canada, plusieurs questions furent posées pour chaque province. Invariablement les réponses corroborent les opinions exprimées ci-dessus.
Ce qui est en plus grande demande, c’est la main-d'oeuvre entendue dans les arts domestiques. La réorganisation des industries domestiques semble s'imposer. On signale les grands développements dont sont susceptibles des industries comme celles de la laiterie et de la basse-cour, l’apiculture, l’horticulture (y compris la préparation des marmelades et la mise en conserves des fruits), la culture en serre-chaude et même l'élevage du bétail.
Ce n’est que dans ces dernières années qu’on a reconnu l’importance de l'exportation des produits laitiers, des fruits, etc. Quand on considére les grandes ressources du Canada et les débouchés énormes ouverts à ses produits en Angleterre et ailleurs, on se rendra compte facilement du vaste champ offert à l’activité de la femme dans le domaine de l’agriculture. L'homme tire ses aliments surtout de la terre ; c’est pourquoi un pays si libéralement doté de tous les avantages au point de vue du climat, du sol et des eaux, devrait donner en retour le meilleur de ce qu'il a.
La Colombie-britannique fait rapport que la production locale de denrées laitières n’égale pas la demande. Le prix des denrées ordinaires, telles que beurre et œufs, sont presque aussi élevés qu'à Londres, Angleterre. Le climat et le sol de la Colombie-britannique sont particulièrement bien adaptés au développement de l’industrie laitière et fruitière.
Dans le Manitoba et les vastes territoires du Nord-Ouest, l’élevage des bestiaux et la culture des grains ont absorbé toute l’attention au détriment de l’industrie laitière, la conséquence étant que celle-ci n’a été développée que dans la mesure des besoins locaux.
Avec un chemin de fer reliant les ports de l’ Atlantique à ceux du Pacifique et pourvu de wagons-glacières ; avec, de plus, un service rapide de transatlantiques, il n’est guère possible de se faire une idée exagérée de ce que pourrait être le développement agricole de ces provinces, en rapport avec les marchés européens. Nonobstant les hivers froids du Manitoba et des Territoires du Nord- Ouest, les produits laitiers, ceux de la basse-cour, les fruits baies et toutes sortes de végétaux, y sont obtenus dans des conditions satisfaisantes.
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L'Ontario a été justement appelé le jardin du Canada. Il est particulièrement connu pour ses fruits. Les pêches, les poires, les prunes, les cerises, les raisins, les pommes, les baies, les tomates, etc., s’obtiennent sans difficulté en plein champ. Un peu plus de connaissance scientifique dans les procédés d'emballage et d’expédition assurerait aux fruits de l'Ontario une place importante sur les marchés étrangers. Cette province, à la vérité, présente les conditions les plus favorables pour toutes les formes d'exploitation agricole. Quoique moins bien adapté que l'Ontario à la production de certains fruits, le Québec offre de grandes facilités pour les autres formes de travail agricole. Comme le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l’Ile de Prince-Edouard, le Québec a des ports de mer qui assurent à ses produits agricoles des débouchés plus faciles.
Des beurreries fonctionnant sur le principe coopératif, ont été
établies dans plusieurs provinces, avec des résultats très satisfai-
sants. Toutefois, lorsqu'il s'agit des ferumes, c’est au point de vue du travail individuel et de l’intérêt individuel qu'il faut considérer la laiterie, la basse-cour et les travaux agricoles plus légers. De là la nécessité de former la femme dans ce sens, de manière à la mettre en mesure de soutenir, pour ce qui est de la qualité des produits, la concurrence des établissements plus considérables. L'Ile de Prince-Edouard peut être citée comme exemple des bienfaits à retirer du régime coopératif dans la fabrication du fromage (voyez le rapport).
La Nouvelle-Ecosse et le Nouveau-Brunswick présentent des conditions aussi favorables pour le développement agricole, particulièrement pour les occupations le plus nettement féminines. L'industrie laitière, la culture des fruits baies (qui se lie à l’industrie des conserves), jointes, tel que dit ci-dessus, à la proximité de ports de mer, qui ouvrent de nouveaux débouchés à ces produits, font de ces provinces des champs d'action particulièrement favorables pour les femmes qui se vouerit à l’agriculture.
Dans chaque province, des fermes expérimentales et des collèges d'agriculture ont été établis en vue de diffuser les connaissances scientifiques parmi les agriculteurs. L'influence de ces institutions a été assez marquée et étendue pour déterminer, de la part de toutes ies classes agricoles, une äemande générale de méthodes plus scientifiques. Dans le cours de Î’année dernière, l’étude de l’agriculture est devenue obligatoire dans les écoles rurales. Une école
normale pour la formation de professeurs de science domestique et d'art domestique, a été établie à Hamilton (Ontario), avec l'assistance du gouvernement, en vue de greffer plus tard !’étude de ces sujets sur le programme des écoles publiques.
En somme, l'enquête sur le développement industriel possible du Canada en rapport avec le travail féminin, établit que l’agriculture offre un champ sans bornes À l’activité de la femme. Le point capital, celui du revenu ou des profits à obtenir des diverses branches de l’agriculture, ne doit pas être perdu de vue. En faisant les calculs, il sera bon de se rappeler le dicton ‘“‘la sante est une richesse”’. Il serait difficile de juger de l'influence des occupations agricoles sur le développement physique des habitants. Le travail dans les fabriques et les bureaux n’a pas eu pour effet d'améliorer le physique. Quelques industries, notamment la fabrication des allmzuettes, ont été trouvées très nuisibles. Conséquemment, le travail agricole, à cause de son action bienfaisante sur la santé et les ‘ mœurs, doit être placé en tête des occupations qui conviennent aux femmes.
Afin d’obvier à quelques-uns des obstacles qu’ont à surmonter les femmes =griculteurs, on a proposé l'établissement de villages ou de colonies, grâce auxquels les femmes seraient mises à même de coopérer d'avantage les unes avec les autres.
La tendance au Canada a été d’exploiter de grandes étendues de terres, nécessitant une mise de fonds plus forte et une somme de travail plus grande qu’il ne serait possible à la généralité des femmes de fournir. Ces conditions, et l’isolement social qui en est la suite, ont empêché les femmes de s’attacher à l'agriculture comme carrière principale.
D’après le projet d'établissement ex colonie mentionné plus haut, les grands domaines seraient divisés en petites fermes, ce qui permettrait aux femmes de peu de moyens de s'assurer d’une étendue de terre suffisante pour l'exploitation de ces industries nettement féminines mentionnées plus haut. Dans le travail de ferme, dans la vente des produits, etc., le régime coopératif doit prévaloir lorsque les femmes s’adonnent à l’agriculture comme moyen d’existence. Il est difficile de prévoir ce qu’il adviendra de ce projet. A bien des poi1ts de vue, il paraît fournir la solution la plus acceptable de quelques-unes des difficultés qui ont retardé le développement agricole de la femme. Une fois qu’il aura été pourvu à l'éducation scientifique de la femme dans cette direction, et qu’elle se sera
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rendu compte de l’importance de ces industries, son ingéniosité native lui fera bien trouver le moyen de surmonter ces difficultés qui l'ont arrêtée dans le passé.
L'offre de main-d'œuvre féminine dans les magasins, les bureaux et les ateliers dépasse la demande ; par conséquent, comme résultat des conditions existantes, les deux grandes occupations qui offrent à la femme des debouchés illimité et un avenir sans bornes, sont les arts domestiques et l’agriculture
ADELAIDE HOODLESS.
ZEMMES DU CANADA