NOS ÉTABLISSEMENTS D'ÉDUCATION
Au Canada les religieuses enseignantes ont précédé les défricheurs.
Champlain venait de mourir et le frêle berceau de la Nouvelle- France était encore tout environné de forêts, quand les ursulines. arrivèrent à Québec avec une jeune et noble dame d'Alençon. Sur les bords affreusement sauvages du Saint-Laurent, ces femmes admirables venaient allumer un foyer de lumière chrétienne. Elles espéraient attirer les cruels indigènes à l'Evangile ; par la force de la charité elles comptaient les donner à l’Eglise, à la civilisation, et ce n’est pas seulement l’héroïsme de la foi et de l’abnégation qui consacre leur mémoire, c’est aussi la gloire du courage. Les Français qui étaient comme perdus au milieu de la barbarie, accueillirent les religieuses avec une joie et un enthousiasme indescriptibles. Elles débarquèrent au son des canons, des tambours et des fifres, et tombant à genoux, baisèrent la terre de leur sauvage patrie d'adoption. Aucune habitation n’avait pu être préparée d’avance. On logea les ursulines dans un chétif petit magasin, et avec les enfants qu'il y avait alors à Québec, on leur amena les néophytes huronnes. Les religieuses se mirent immédiatement à l'étude des dialectes du pays ; et tant que les naturels n’eurent pas déserté les centres de civilisation, elles se dévouèrent aux petites sauvages comme aux petites françaises.
Le jour de l’arrivée des ursulines, le gouverneur, M. de Montmagny, leur ‘‘ avait départi et distribué six arpents de terre ou environ, en nature de bois, en la ville de Québec’. Au printemps de 1641, les défrichements étaient assez avancés pour qu’on se mît à bâtir, et au mois de novembre 1642, les ursulines entrèrent dans leur monastère. ‘‘Il y restait à faire plus qu'il n’y avait de fait”, et elles pensèrent mourir de froid. Cependant ni les souffrances, ni l’insécurité où il fallait vivre, ne purent ébranler leur constance. Ce qu'elles avaient osé entreprendre, elles surent l’accomplir. Alors que la pauvreté était si grande dans la colonie, elles virent deux fois le feu consumer tout ce qu’elles possédaient. Mais les pires