ÉTABLISSEMENTS D'ÉDUCATION
La sœur Bourgeois vécut longtemps, et les épreuves ne lui manquèrent pas, mais rien ne put la détourner de sa mission, ni ébranler sa confiance en Dieu. Après l'incendie qui consuma la spacieuse maison qui avait remplacé l'étable, berceau de l'institut, elle se remit à bâtir sans autre ressource qu'une pièce de quarante sous. Leclercq, dans son Æfablissement de la Foi et Bacqueville de la Potherie dans son //istoire de l'Amérique septentrionale, parlent de la Congrégation de Notre-Dame avec de très grands éloges. Les intendants, les gouverneurs, tout comme les personnages ecclésiastiques, confirment le témoignage des historiens. Aujourd’hui les sœurs de la Congrégation n’ont pas moins de cent douze établissements et leur pensionnat de Ville-Marie est sans rival pour la beauté. Jusqu'en 1842 les ursulines et les sœurs de la Congrégation furent nos seules religieuses enseignantes. Depuis, à la demande des évêques, il nous en est venu de France.
Les dames du Sacré-Cœur arrivèrent en 1842; les sœurs de Sainte-Croix, en 1847; les sœurs de Saint-Joseph, en 1851; les sœurs de la Présentation, en 1853; les religieuses de Jésus-Marie, en 1855 ; les sœurs servantes du Saint-Cœur de Marie, en 1892.
Les dames du Sacré-Cœur ont un magnifique établissement au Sault-au-Récollet ; les religieuses de Jésus-Marie dirigent avec succès le beau couvent de Sillery, près de Québec, et toutes ont trouvé un vaste champ à leur zèle. Mais les sœurs de la Présentation semblent particulièrement sympathiques au peuple canadien. De la jeune ville de Saint-Hyacinthe, où elles s'établirent à leur arrivée, elles se sont répandues de tous côtés et la maison mère grandit sans cesse.
Les sœurs de Lorette, établies à Toronto, sont venues d'Irlande; les filles du Cœur immaculé de Marie, les sœurs de l’Ecole de Notre-Dame nous sont venues des Etats-Unis, et aussi, croyonsnous, les sœurs de Saint-Joseph qui dirigent à Hamilton les écoles séparées.
En 1843, trois Canadiennes, enfants du peuple, fondèrent à Longueuil une nouvelle congrégation enseignante. Une humble maison du village en fut le berceau, mais dès l’année suivante les sœurs des Saints-Noms de Jésus et de Marie comptaient une centaine d'élèves, et maintenant ces religieuses canadiennes sont répandues jusqu'au golfe du Mexique, jusqu'aux rives de l'océan Pacifique, et partout la splendeur de l'estime publique les entoure. La congrégation des sœurs de Sainte-Anne, fondée à Vaudreuil en
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1850, s'est aussi rapidement et magnifiquement développée. A Nicolet, à Rimouski, à Saint-Hyacinthe et à Buckland il s’est formé d’autres cougrégations uniquement vouées à l’enseignement. Ajoutons que les établissements d'éducation catholiques et français qui se développent en dehors de nos frontières sont dus en grande partie aux sacrifices de la province de Québec. Les sœurs de l’Assomption et les sœurs Grises de Nicolet ont même des missions dans les régions polaires. A la demande de Mgr Grandin, ces religieuses canadiennes sont allées partager les souffrances et les labeurs des Fidèles Compagnes de Jésus venues de France. ‘* Elles réussissent très bien auprès des petits sauvages, dit le saint évêque de ces rudes et lointaines missions, elles relèvent la femme si avilie parmi les sauvages, et formeront à la longue l'épouse et la mère “chrétiennes ’’. Toutes les religieuses vont à leur tâche allégrement. Former des catholiques, des femmes de devoir, voilà ce qu’elles veulent avant tout. L'éducation est profondément chrétienne, et dans nos couvents le travail manuel est en honneur. Aux ursulines, à Ville-Marie et dans les autres grands pensionnats, l'étude des deux langues du pays est obligatoire, et rien n’est négligé pour mettre l'instruction en harmonie avec les besoins intellectueis de l’époque. Aux élèves qui auront à gagner leur vie, on enseigne la sténographie, la télégraphie, la clavigraphie. Le gouvernement n’a de contrôle que sur les maisons qu’il subventionne. L'éducation supérieure ne relève aucunement de l’Etat et les diplômes sont distribués par les couvents.