LA CARTON
Elle braillait, elle n’a jamais chaulé, mais elle gagnait les oreilles par les choses les plus douces. « C’était une fille, mais de bonne compagnie poulies hommes, distinguée par son esprit et par ses saillies. Elle comptait l’illustre comte de Saxe parmi ses conquêtes. Elle le suivit au fameux camp de Muhlberg, en Saxe, en 1730, où elle eut la gloire de souper avec les deux rois, Auguste II de Pologne et Frédéric-Guillaume de Prusse, et
les princes leurs fils et leurs successeurs au trône, dont l’un a un peu fait parler de lui depuis. Après cette brillante aventure, Carton n’en revint pas moins en France brailler sur le théâtre de l’Opéra comme auparavant. Elle s’est retirée du théâtre et du monde presque en même temps que Camargo. Elle a été remplacée, au département des bons mots, par l’illustre Sophie Arnould, b
C’est Grimm qui parle. Et Grimm avait ouï l’une et l’autre.