M“* DE LUCENAY, LUCENAY
LUCENAY, sortant de la maison à droite et d la canionnade. Hâtez-vous, je pars k l’instant.
M“* DE lucenay, à part. Que dit-il?...
[Haut.) Comment, monsieur, vous partez?
LUCENAY. Je viens vous faire mes adieux.
M— de lucenay. Vos adieux?
lucenay. Oui, madame... En venant vous rejoindre ici. j'espérais que, toute entière aux soins de votre santé, vous aviez, pour quelque temps du moins, renoncé aux hommages... & cet essaim d’adorateurs qui me séparait de vous k Paris..,
M** de lucenay Mais, monsieur...
lucenay. J'espérais vous trouver plus aimable avec moi, plus désireuse de me plaire; mais, au lieu de cela, ce sont des coquetteries continuelles... [Geste de M mm de Lucenay.) Mon Dieu, je n'accuse pas votre vertu, je suis sûr de votre cœur, mais, ici comme ailleurs, je suis compte pour rien... De Ik, des querelles, pénibles pour moi, et qui nuisent, vient de me dire le docteur, k votre rétablissement.. . Eh bien) ma résolution est prise, je pars...
M m * de lucenay, à part. Quand j'ai be-
soin de sa présence; voilà bien les maris!...
LCCENA1. Oui, madame, je pars. . puisque c*e»t le seul moyen de faire bon ménage.
li'"* de Lie en a Y, d part. Le prier de rester, je connais les hommes, il va s'obtint r à partir. { Haut, j Allons, monsieur, puisque vous êtes décidé. ..
LUCENAY. Oh ! tout à fait !
M" ,r de lucenay. Puisque vons ne pouvez plus vivre pré» de votre femme...
LUCENAY. A qui la faute?
\\ mm DE LÜ' EN AT. A moi .. à moi seule, je le reconnais. Adieu, monsieur.
lüCENAY. Adi' u, madame. (Il fait quelques pas pour s'éloigner.)
M"' de LUCENA J, étouffant un soupir et se.
laissant tomber sur uns chaise à droite. Ah!
lucenay, retenant. Qu’avez-vous?
m“* de lucenay. Moi ?. .. rien, rien.
LiTivAY. Pourtant, vous paraissez émue, troublée...
M 1 "* de luckNaY. Peut-être... oui, ce départ si brusque, si inattendu... lücenay. Bh bien?
m"' de lucenay. Eh bien! il me contrarie, je l’avoue. . .
LüCENAY Ei pourquoi?
M"' de LüCENAY. D’abord, parce qu’il ui’en coûte de nous quitter brouillés, et puis...
LüCENAY. El puis?...
ll™« de lucenay. Pour un autre motif encore.
LÜCENAY. Et lequel?
m"* de lucenay. Oh ! il est inutile de vous dire. ..
lucenay. Mais si, expliquez-vous I M"* DE LüCENAY, u levant et passant à gauche Non. non. ce n’est pas lorsque l’on est en disgrâce, que l’on demaude des faveurs.
lucenay. Mais, enfin, de quoi donc s'agit-il ? parlez, je vous en prie,
M"** DE r.tCENAY Eh bien,- il s’agit d’un ave homme, un p»ofesspur de philosophie, h qui j'aurais été charmée d'être agréable, et j’avais pensé jvous pour. ..
lucenay. Pour lui donner on emploi?
M"*' de lucenay. Non, pour celte commande dont il est question, cette commande de t-bleaux.
LicenaY, riant. Comment! des tableaux, à un professeur de philosophie?
m** de lucenay. Ah î ce n'rst pas pour lui, mais pour un de ses élèves, monsieur. .. monsieur Didier, un pauvre petit peiutrc.
lucenay. Ln jeune homme?
M 0 * DE LUCENAY. Auquel il s’intéresse...
qu’il m’a lecoramandé, et pour lui, pour ce brave homme, j'aurais désiré...
lucenay. Kh bien, soit. Je prendrai des informations, et si ce jeune artiste a quelque talent, j’obtiendrai qu'on fasse un rapport.
M“”' de lucenay. Ali ! je vous remercie.
lucenay. Dès mon retour à Paris, je vous le promets.
m“* de lucenay, à part. Il l'oubliera...
tandis que s’il restait ici...
lucenay. Et maintenant, madame... (// fait quelques pat pour sortir.)
M“*DE lucenay. Eh bien, vous me quittez ainsi... sans même me tendre la main?
lucenay. Ah! volontiers... [Il la lui donne; elle la lui preste.)
M m * DE lucenay. Et. . vous ne m’embrassez pas? \ Lucenay «rm6fe hétiter; elle lui tend <e front.) Allons, allons donc! (Luetnaq i embrasse.)
lucenay. Ah I si vous étiez toujours aussi charmante !
de lucenay. Vous ne seriez plus si
jaloux ?
lucenay. Je vous adorerais I. .. mais...
M“™ DE LUCENAY. Mais vous doutez enrore? ... Kh bien faites-en l’épreuve. Montez à cheval avec nous ce malin. Vous ne me quitterez pas de la journée; vous resterez près de moi .
lucenay. Vous êtes adorable 1 Cil lui baise ta main, J
ropiquet, retenant , et d part. Oh! un autre ! (Il te relire à l écart. )
m*** de lucenay, à part. J’aurai les tableaux.
ENSEMBLE
Am d« la Vivandière.
LVCt.&kS et U mt Dt LCCUUT.
Mnm»nt hrurrut!
Ah! plu* d'adieux’
Mon bonheur commence!
Pl««, entre nous,
De dlfunee,
D“ aoiipçimi jeton i !
ROnuutr à part.
De u i amoureui)
Ab ' c'est «(Treuil Quelle in<-on»^uenee t Près d* l'èpoui San imprudence Peut nous perdre tous!
(M a * de Lucenay eurt par la droite.)