PHILAMINTE, ARMANDE, BÉLISE, TRISSOTIN, LÉPINE
PniLAMINTE.
Ah ! mettons-nous ici pour écouler à, l'aise
Ces vers que mot à mot il est besoin qu'on pèse.
ARMANDE
Je brûle de les voir,
BÉLISE
Et l'on s'en meurt chez nous.
PHILAMINTE, à Trissotin.
Ce sont charmes pour moi que ce qui part de vous... •
ARMANDE
Ce m'est une douceur à nulle autre pareille.
BÉLISE
Ce sont repas friands qu'on donne à mon oreille.
Ne faites point languir de si pressants désirs.
ARMANDE
Dépêchez.
Faites tôt, et hâtez nos plaisirs.
PHILAMINTE
A notre impatience offrez votre épigramme.
1. L'entrée rfc Trissotin, comme celle de TartulTe, est retardée jusqu'au troigicmc acte. Sans doute ici l'attente est moins vive, parce que le personnage et la situation n'ont pas le même intérêt. Mais, toutes pioporlions gardiios, Trissotin joue, dans la maison do Clirysalc, à peu près le même rolo (|uc Tartuffe chez Orgon ; c'est lui nui trouble cet intérieur bourgeois. La même habileté dramatique a engagé Molière à ne montrer ces deux personnages qu'après avoir excité dans le publie l'impatience de les connaître.
2. « Vous ne sauriez croire combien je reçois de plaisir qui^nd vous me failci la grâce de m'écrirc, et de m'cnvoycr des vers de vos amis ; mais quand j'en rencontre des vôtres, je sens une joie parfaite; car j'avoue que j'ai pour vous une tendresse toute particulière » (lettre de A/»"'-' de Montpensier à l'abbé Cotin.\