‹ Les femmes savantes; comédie en cinq actes. Ed. nouv., à l'usage des classesChapitre 63 sur 99 · ACTE III, SCÈNE VI. 6f · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VI. 6f

Il faut se trop peiner pour avoir de l'esprit ; C'est une ambition que je n'ai point en tète. Je me trouve fort bien, ma mère, d'être bête; Et j'aime mieux n'avoir que de communs propos Que de me tourmenter pour dire de beaux mots.

Oui ; mais j'y' suis blessée, et ce n'est pas mon compte

De souffrir dans mon sang une pareille honte.

La beauté du visage est un frêle ornement,

Une fleur passagère, un éclat d'un moment,

Et qui n'est attaché qu'à la simple épiderme ;

Mais celle de l'esprit est inhérente et ferme.

J'ai donc cherché longtemps un biais ^ de vous donner

La beauté que les ans ne peuvent moissonner,

De faire entrer chez vous le désir des sciences.

De vous insinuer les belles connaissances ;

Et la pensée enfin où mes vœux ont souscrit.

C'est d'attacher à vous un homme plein d'esprit

{Montrant TrissoUn.) Et cet homme est monsieur, que je vous détermine* A voir comme l'époux que mon choix vous destine.

HENRIETTE

Moi, ma mère?

PHILAMINTE

Oui, vous; faites la sotte un peu.

BEL I SE, à Trissotin.

Je vous entends : vos yeux demandent mon aveu Pour engager ailleurs un cœur que je possède. Allez, je le veux bien . A ce nœud je vous cède ; C'est un hymen qui fait votre établissement.

TRISSOTIN, à Henriette.

Je ne sais que vous dire en mon ravissement, Madame ; et cet hymen dont je vois qu'on m'honore

ner dans un terrain uni; mais je ne veux point monter une montagne, pour avoir le plaisir de dire, lorsque j'y suis arrivée : J'ai monté cette montagne. » — Aîse ment s'emploie plutôt aujourd'hui dans le sens de facilement que dans celui de commodément.

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