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RÉVEIL DES CHAMPS

Réveil des Champs

Tout se réveille autour de nous. Le frais matin

Surprend toute, la vie acharnée au butin.

Au-dessus des hauteurs, un fluide ricoche

Et répète allégro les avés d'une cloche.

Par groupes, les bovins mugissant et meuglant,

Déroulent sur le val un épanchement lent.

Ils montent vers l'ombrage où la pâture est douce,

Balançant lourdement leur toison blanche et rousse.

Sous les pesants rameaux des chênes endormis, L'effort silencieux d'innombrables fourmis Fait surgir du sol noir l'éclat des sables jaunes, En gonflant le sentier qui traverse leurs zones. Bientôt l'œuvre tenace aura comblé de grain Les.couloirs sinués du grenier souterrain. Aux champs, les hommes vont, une romance aux

[lèvres,

Grandis par les travaux dont la ville nous sèvre. O les saintes sueurs qui donnent du froment! Chaque sillon creusé provoque un battement Plus viril dans le cœur de la famille humaine. Semeur, ton geste las est plus fort que la Haine, Il produit; et la terre, avide de fermer Sur le grain la chaleur qui le fera germer, Cache aux yeux pervertis les richesses accrues, Que ne comprendrait pas la misère des rues!

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