CHAPITRE PREMIER
L'’auto-intoxication intestinale.
L’auto-intoxication intestinale est établie par des observations cliniques démonstratives, par des expériences de chimie biologique, et par des faits précis de pathologie expérimentale qui lui ont fait une place dans le cadre nosologique.
Après les travaux du professeur Bouchard sur les toxines intestinales, Charrin et Le Play ont réussi grâce àune méthode indiscutable à démontrer l’existence de ces poisons et à reproduire tous les phénomènes d’auto-intoxication pour l’ingestion et l’inoculation de produits intestinaux.
L’auto-intoxication intestinale est maintenant une entité morbide nettement définie. Néanmoins, elle est souvent méconnue ; la variabilité et le caractère disparate des troubles causés par les poisons de l'intestin empêchant de diagnostiquer leur véritable cause,
Lo RS ES Aussi est-il nécessaire de les étudier avec soin. « On conçoit en effet tous les désordres que peut engendrer larésorption de composés aussi toxiques que ces produits de fermentation microbienne. Toute la pathologie y passerait, car il n’est aucune molécule de la matière vivante qui ne soit en rapport constant avec le milieu intérieur vicié. Après avoir attribué les multiples malaises à des réflexes et cherché d’autres causes banales pour les affections plus sérieuses on se trouve contraint aujourd'hui de rapporter à l’auto-intoxication d'origine intestinale une grande quantité d’atteintes plus ou moins graves à la santé.
L'observation démontre que l'imprégnation toxique agit sur toutes les cellules, tous les tissus, tous les appareils *. »
Examinons donc successivement les réactions de chacun d’eux vis-à-vis des poisons de l'intestin. INTEsTIN. — La première conséquence de la production des « entéro-toxines » est l'irritation de la muqueuse intestinale. Des phénomènes d’entérite apparaissent avec leurs diverses modalités cliniques, entérites aiguë, chronique, mucomembraneuse, gastro-entérites des nourrissons. Foie. — La barrière intestinale franchie, les poisons sont amenés par la veine porte jusqu'au foie, chargé de les neutraliser. Celui-ei suffit d’abord à ce travail supplémentaire, mais bientôt se congestionne, s'irrile à son tour, s’hypertrophie et