‹ Les ferments métalliques et leur emploi en thérapeutiqueChapitre 12 sur 69 · I. — Considérations grénérales · texte numérisé non relu

I. — Considérations grénérales

Maintenant, on entrevoit plus facilement la lueur qui nous a dirigés, G.Bardet et moi, dans les recherches entreprises pour appliquer à la thérapeutique les notions nouvelles exposées dans le chapitre précédent.

Puisque les ferments solubles sont les metteurs en train d'un grand nombre des actes chimiques corrélatifs de la vie, puisqu'ils sont, par conséquent, des agents essentiels de la défense organique, particulièrement en cç qui concerne les diastases hydratantes et oxydo-réductrices n'y a-t-il pas lieu de supposer que leur genèse organique est diminuée dans certains cas pathologiques ou que leur quantité, quoique normale ou même augmentée, est insuffisante devant l'œuvre plus énergique de défense qu'ils doivent alors accomplir?

Et puisque les solutions organo-métalliques et les métaux à l'état colloïdal sont de véritables diastases, plus actives peut-être que les diastases

naturelles, n'y aurait-il pas grand avantage, à substituer à celles-ci, dans les cas pathologiques où leur utilité serait reconnue, les ferments métalliques si faciles à préparer, dont l'activité est dosable sans difficulté, et dont on peut, à volonté, faire varier Ténergie latente?

Pour répondre à cette question, il importe d'abord de déterminer les effets physiologiques de ces diastases organiques aurla nutrition élémentaire ; puis de rechercher ù les ferments métalliques agissent de la môme nianièrf- Ces deux points établis, il faudra — suivant la méthode que j'ai maintes fois exposée — tirer des effets physiologiques constatés les indications thérapeutiques dominantes des ferments métalliques, puis montrer que l'observation clinique les réalise, et que l'identité thérapeutique existe encore entre les deux classes de ferments.

J'ai donc étudié les effets des ferments organiques et métalliques sur les échanges généraux, les échanges respiratoires, la tension artérielle, le pouls et la température^ après m'être assuré, par des expériences préliminaires chez les animaux, que ces agents ne provoquaient aucune réaction fâcheuse et que leur usage prolongé n'était passible d'aucun accident appréciable.

Les dissolutions organo-métalliques précipitées par 1* alcool (luiment une sorte de coagulum qui entraine 93 p^ 100 du poids de manganèse primitivement ajouté (A. Trillat) et qui lavé et soigneusement

séché peut se redissoudre et conserver les mêmes réactions que la solution primitive ; mais je n'ai usé que de cette dernière, mise eh ampoules stérilisées, au moment de sa fabrication, et j'ai choisi les voies sous-cutanée et intraveineuse comme mode d'introduction, réservant d'examiner plus tard les effets des ferments métalliques précipités, plus aptes à l'introduction buccale ou rectale.

Comme ferments organiques, je me suis servi, soit de ferments extraits de la pomme de terre, soit de dia^tases extraites de la levure de bière, dosées suivant leur pouvoir de décomposition vis-à-vis de l'eau oxygénée, et obligeamment préparées par J. Brtjhat. Elles ont été introduites aussi par la voie hypodermique.

La première série d'observations faite avec ces diastases organiques a été pratiquée sur deux tuberculeux pulmonaires au 1®^ degré, ayant un excellent appétit et en parfait état général. Ces solutions dégageaient, l'une deux volumes, l'autre six volumes d'oxygène pour un volume de solution.

II. — Examen sommaire des effets des diastases de la levure, d'après rexamen clinique de l'urine.

Quand, après l'injection de 2 à 5 centimètres cubes de diastases de levure dégageant 6 volumes d'oxygène par centimètre cube, on recueille, de deux en deux

heures, les urines du sujet, et qu'on traite celles-ci par l'acide nitrique, en laissant couler le réactif le long des parois du verre, suivant le procédé jadis préconisé par GuBLER ptour la recherche de l'albumine au lit du malade, on constate une série de faits, sinon constants, du moins assez fréquents pour être institués en règle.

Suivant les sujets, les phénomènes se produisent plus ou moins tôt après l'injection, tantôt après deux heiu'es, tantôt et le plus souvent après quatre ou six heures, tantôt après huit à douze heures. Ils sont aussi de durée variable, soit n'apparaissant qu'une seule fois, soit se montrant dans les urines de plusieurs émissions consécutives.

Ces phénomènes sont :

1° La formation au-dessus de l'acide nitrique qui occupe le fond du verre où il est descendu du fait de sa densité et du mélange d'acide nitrique et d'urine qui lui est superposé — d'un anneau blanc d'acide urique, d'épaisseur variable, atteignant parfois un centimètre de hauteur ;

2® L'apparition, au-dessous de ce diaphragme d'acide urique, d'une zone bleu noirâtre, bleu rougeâtre ou violacée dont la coloration est due à une grande quantité dHndoxyle mélangé ou non du dérivé rouge de l'indoxyle.

3^ La formation du gwre d'urée de Gubler quand on laisse couler un peu du contenu du verre sur ses parois extérieures. Au bout d'une dizaine de minutes,

il se forme, aux points où le mélange à coulé, des traînées recouvertes de fins cristaux de nitrate d'urée formant une sorte de givre sur le verre. Dans quelques cas, et spécialement dans la pneumonie, dans la grippe, et dans le rhumatisme articulaire aigu, on voit dans le fond du verre, se déposer plus ou moins rapidement des masses brillantes, d'apparence micacée, qui se réunissent en un culot de nitrate d'urée.

La formation de ce culot est exceptionnelle chez les individus sains. Givre et culot de nitrate d'urée sont l'indice d'une augmentation de l'urée urinaire. Le givre se produit quand l'urine renferme 30 grammes d'urée par litre ; le culot, quand la quantité d'urée atteint 40 grammes. La" quantité d'urée nécessaire poiu' donner le givre ou le culot varie suivant la température extérieure. Tous deux se produisent plus fréquemment en hiver qu'en été. Dans la saison chaude, il est nécessaire de mettre le verre d'urine pendant une demi-heure dans un local frais, avant de faire la réaction.

40 L'apparition irrégulière, toujours temporaire, d'une quantité à^albumine fort minime, presque indosable, qui se montre à des moments fort variables, depuis deux heures jusqu'à vingt heures après l'injection. Cette albuminurie temporaire, exceptionnelle chez les sujets sains, s'observe avec quelque fréquence dans les cas pathologiques, sans qu'il me soit encore possible de déterminer les conditions de son apparition. Jamais, elle ne s'est prolongée et

elle n'a entraîné aucun incident. D'autre part, j'ai souvent remarqué, dans différents états morbides, (jue l'injection de diastase diminuait ou faisait même disparaître une minime albuminurie antérieure, quand celle-ci était,p«f^ti}ée surtout par de la globulinurie.

Tous û^Mpie n oBft ènc a liè-^^^t pas constants ; il est lï^êi/j^ qu^teftp^^af^^ awîun d'eux ne se produit, mlis ces cls sont l^xceptjpJ. Parfois, on observe leur séri^^mplè tfr,*y ff ? iu f i s^mj^n rencontre qu'un ou deux,, et c^»k -iA)^| ii^i i^J fttjîparition du diaphragme d'acide urique ou la formation d'une plus ou moins grande quantité d'indoxyle urinaire. L'albuminurie est. le phénomène qui manque le plus souvent. Si l'on pratique les injections pendant huit à dix jours de suite, ils finissent par s'atténuer peu à peu pour reparaître si l'on reprend l'expérience après quelques jours de repos.

On peut déjà résumer comme suit les résultats de ce rapide examen clinique des urines après les injections de diastases organiques. Elles produisent :

1° Une augmentation de l'acide urique qui peut, dans certaines maladies, comme la pneumonie, atteindre le double et le triple du chiffre physiologique ;

2° Une formation considérable d'indoxyle ou de son dérivé rouge ;

3° Une décharge d'urée pouvant atteindre des chiffres importants chez les pneumoniques, les rhumatisants, les grippés, etc. ;

4° Exceptionnellement, une albuminurie transitoire et minime, ou la disparition du moins temporaire d'une globulinurie antérieure.

Avant de chercher à interpréter ces phénomènes, il est nécessaire de faire l'étude complète des échàiii^^oR généraux et des échanges respiratoires qui nruis fourniront des docun;ients nouveaux et capalïli*s d'éclairer l'explication de ces faits si curieux.

III. — Action des diastascs de la levure sur les éehang'es gféiiéraux.

En considérant dans leur ensemble les effds produits sur les échanges généraux par l'injection do ferments solubles extraits de la levure, on observ i* les modifications suivantes (Tableaux n''" I et 11):

lo Pendant la durée des injections.

A. — Le résidu solide et le résidu organitjup augmentent, pendant que le résidu inorganique diminue :

Avant Pendant Variations \

RT. par 24 h. et kiL de poids, i 8^ 330 — 1 ^•■. 445 + ïî l^h RO — — sr. 813 — H^ 999 + 2t 37

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