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Les ferments [microforme]

Etant d'ici. je sens le sol jusqu'au trefond Comme simes deux pieds Sy perdaient en racines, Emile Verhacren

‘Les bles mouvants.)

J'ai pris racine au sol qu'ont découvert les nôtres:

Et dans chaque sillon, puisant leur souvenir Comme un or épuré que rien ne peut ternir,

J'écoute dans mon cœur chanter leur voix d'apôtres.

Tous ceux-là, qui suivaient les traces de Brülé, A travers les taillis obscurs ou les savanes, Pour semer largement leurs vertus paysannes,

Restent vivants en nous si leur rêve a croulé,

I n'est pas une branche, il n'est pas une source Dont la feuille en murmure, où l'onde en clapotis, Ne prononce le nom de ceux qui sont partis,

Et dont nous reprenons l'irréductible course,

L'huüumus retient encor la trace de leurs pas, Suür les monts verts de chône et les fonds de mélèze ; Et je me sens partout l'ânie et le front à l'aise,

En répétant leurs mots, qu'ils ne cédèrent pas.

Lorsque le soir étend ses feux myriadaires,

Sur les toits endormis des colons fatigués,

J'entends les vieux refrains qui passaient grandlargués,

Sous le méme azur vierge, en des temps légendaires.

-C'est le même soleil qui darde ses rayons Sur la jachère brune et les blés de ma ferme, Et tout ce froment d'or que la terre m'afferme,

Connut la rude main d'ancêtres en Savons.

Qu'importent la patine et l'oubli des années!

Les villes ont couvert les forêts de jadis,

Sans pouvoir étoutfer la croissance des

Qui montrent en tous lieux leurs pousses obstinées,

Si la fleur est sauvage et se tient à l'écari, Elle se répand mieux, tant elle est plus vivace: Li tige sort, timidement, à la surface,

Mais le bulbe S'attache au sol, de toutes parts. Je reste dans Mon hois, qui m'offre ses clairières, Et je vois s'allumer les étoiles, lis d'or,

Sur le drapeau d'azur, qui reprend son essor Conmime aux jours où les Preux reculaient nos fron-

Itières.

Et je songe, tout bas, en invoquant les cieux, Que les codes, jamais, n'ont pu courber les astres, Et que l'âme française affermie aux désastres,

Gravitera toujours dans l'orbe des aieux.

Laudes

Aubade bocagère

Réveil des Champs L'Oeuvre

Chéral des Blés Rapsodie

Nocturne

L'Amour du Sol

Le Cri du Nourricier

Demain

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