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TROISIÈME DIVISION

Cette division était précédée d’une bannière sur laquelle on lisait : Beaux-Arts, et le vers suivant :

Les arts cherchent la terre où croissent les lauriers.

(Lavallée.)

Venait ensuite un chœur composé de jeunes artistes qui chantaient des couplets analogues à la circonstance.

Après ces artistes s’avancaient ceux qui avaient obtenu des prix dans les Écoles spéciales de peinture, sculpture, architecture, ou dans les différents concours ouverts par le gouvernement.

Enfin défilaient les administrateurs du Musée central des arts, du Musée spécial de l’École française, du Musée des monuments français; les professeurs des Écoles de peinture, sculpture, architecture, et tous les élèves. Ces élèves étaient rangés des deux côtés du char de cette division.

Sur la bannière on lisait : Monument de la sculpture antique.

Au-dessous de l’inscription on avait mis les deux vers suivants :

La Grèce les céda, Rome les a perdus.

Leur sort changea deux fois; il ne changera plus.

Sur les deux premiers chars on remarquait les quatre chevaux antiques de bronze doré qui décoraient la place Saint-Marc, à Venise. L’inscription, dans son laconisme, racontait en quelque sorte toute l’histoire du monde et tous les déplacements de la civilisation : Chevaux transportés de Corinthe à Rome, de Rome à Constantinople, de Constantinople à Venise , et de Venise en France. Les événements accomplis depuis plus de deux mille ans m tenaient-ils pas dans ces deux lignes ?

Au-dessous de cette inscription étaient ces mots : Ils sont enfin sur une terre libre.

3 J OrL distinguait Apollon et Clio; inscription : Tous deux ils rediront nos combats, nos victoires;

4° Melpomène et Thalie, avec cette inscription : L’une poursuit les crimes, l’autre les vices;

5° Erato et Terpsichore; inscription : Elles consolent et charment les mortels ;

6° Calliope et Euterpe ; inscription : De Pindare et d’Horace elles montaient les lyres;

7° Uranie et Polymnie; inscription : L’univers obéit aux lois de l’harmonie ;

8° Une Vestale portant le feu sacré; inscription : L’amour de la patrie est le feu sacré des Français- 9° L’Amour et Psyché; io° La Vénus du Capitole;

1 1 0 Le Mercure du Belvédère ;

12° Vénus et Adonis;

i3° L’Antinoüs égyptien, l’Antinoüs du Belvédère;

140 Le Tireur d’épine, le Discobole; i5° Le Gladiateur mourant;

160 Le Méléagre et une Amazone;

170 LeTrajan;

180 L’Hercule Commode;

19“ Marcus Brutus; inscription : Il frappa le tyran, et non la tyrannie (Legouvé);

20° Caton et Porcie, Zenon; inscription : Il faut cesser de vivre en cessant d'être libre;

2i° Démosthène; inscription : Des orateurs fameux le modèle et le maître;

22° Posidippe;

23° Ménandre ; inscription :

La comédie apprit à rire sans aigreur

Et plus innocemment dans les vers de Ménandre.

( Boileau. )

240 La Santé; inscription : Compagne fidèle de l’homme tempérant;

25° Cérès; inscription :

Que Cérès des mortels soit à jamais chérie !

C’est le premier sillon qui fixa la patrie.

( Lebrun. )

26° Le Laocoon;

270 L’Apollon du Belvédère.

Le cortège suivit les boulevards neufs jusqu’au Champ de Mars. Au moment de l’arrivée, le ministre de 1 intérieur, entouré des membres composant l’Institut national des sciences et arts, placés aux pieds de la statue de la Liberté, se leva et reçut ces monuments du génie et les savants et artistes qui les accompagnaient. Des copies des statues d’Apollon et des Muses décoraient l’autel de la patrie; d’autres copies des principales statues recueillies en Italie, et des trophées formés par les attributs des beaux-arts, ornaient toute 1 enceinte extérieure. Les chars furent rangés dans l’arène du Champ de Mars sur trois lignes, les objets d’histoire naturelle à gauche de l’autel de la patrie, les livres et manuscrits à droite, les monuments antiques et les tableaux au milieu. Le buste de la République fut déposé sur un cippe, devant la statue de la Liberté; celui d’Homère fut placé sur un autre cippe, au milieu des savants et artistes qui composaient le cortège. Le soir, l’École militaire fut illuminée ainsi que le cirque.

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