‹ Les feuilees d'automneChapitre 18 sur 60 · QUI QUE VOUS SOYEZ · texte numérisé non relu

QUI QUE VOUS SOYEZ

Crié cent fois son nom du soir jusqu'à l'aurore, Et cru qu'elle viendrait en l'appelant encore, Et maudit votre mère, et désiré mourir;

Si jamais vous n'avez senti que d'une femme Le regard dans votre âme allumait une autre âme, Que vous étiez charmé, qu'un ciel s'était ouvert, Et que pour cette enfant, qui de vos pleurs se joue, Il vous serait bien doux d'expirer sur la roue.... Vous n'avez point aimé, vous n'avez point souffert l

Novembre 1831.

Mens blanda in corpore blando.

Madame, autour de vous tant de grâce étincelle, Votre chant est si pur, votre danse recèle

Un charme si vainqueur.

Un si touchant regard baigne votre prunelle, Toute votre personne a quelque chose en elle

De si doux pour le cœur,

Que lorsque vous venez, jeune astre qu'on admire, Éclairer notre nuit d'un rayonnant sourire

Qui nous fait palpiter.

Comme l'oiseau des bois devant l'aube vermeille. Une tendre pensée au fond des cœurs s'éveille

Et se met à chanter l

Vous ne l'entendez pas, vous l'ignorez, madame. Car la chaste pudeur enveloppe votre âme

De ses voiles jaloux.

Et l'ange que le ciel commit à votre garde N'a jamais à rougir quand, rêveur, il regarde

Ce qui se passe en vous.

82 aviil 1831.

Amor, ch' a nall' amato amar perdona. Mi prese del costui piacer si forte Che, corne vedi ancornon m'abbandona Dantb.

Contempler dans son bain sans voiles Une fille aux yeux innocents; Suivre de loin de blanches voiles; Voir au ciel briller les étoiles Et sous rherbe les vers luisants;

Voir autour des mornes idoles Des sultanes danser en rond ; D'un bal compter les girandoles; La nuit, voir sur l'eau les gondoles Fuir avec une étoile au front ;

Regarder la lune sereine ; Dormir sous l'arbre du chemin; Être le roi lorsque la reine, Par son sceptre d'or souveraine, L'est aussi par sa blanche main ;

Ouïr sur les harpes jalouses Se plaindre la romance en pleurs; . Errer, pensif, sur les pelouses, Le soir, lorsque les Andalouses De leurs balcons jettent des fleurs;

Rêver, tandis que les rosées Pleuvent d'un beau ciel espagnol, Et que les notes embrasées S'épanouissent en fusées Dans la chanson du rossignol ;

Ne plus se rappeler le nombre De ses jours, songes oubliés; Suivre fuyant dans la nuit sombre Un esprit qui traîne dans l'ombre Deux sillons de flamme à ses pieds;

Des boutons-d'or qu'avril étale Dépouiller le riche gazon ; Voir, après l'absence fatale, Enfin de sa ville natale Grandir la flèche à l'horizon;

Non, tout ce qu'a la destinée

De biens réels ou fabuleux

N'est rien pour mon âme enchaînée.

Quand tu regardes inclinée

Mes yeux noirs avec tes yeux bleus 1

12 septembre ;828.

Ohl les tendres propos et les charmantes choses Que me disait Aline en la saison des roses! Doux zéphyrs qui passiez alors dans ces beaux lieux. N'en reportiez-vous rien à l'oreille des dieux? Segrais.

Vois, cette branche est rude, elle est noire, et la nue Verse la pluie à flots sur son écorce nue; Mais attends que l'hiver s'en aille, et tu vas voir Une feuille percer ces nœuds si durs pour elle. Et tu demanderas comment un bourgeon frêle Peut, si tendre et si vert, jaillir de ce bois noir.

Demande alors pourquoi, ma jeune bien-aimée, Quand sur mon âme, hélas I endurcie et fermée. Ton souffle passe, après tant de maux expiés, Pourquoi remonte et court ma sève évanouie. Pourquoi mon âme en fleur et tout épanouie Jette soudain des vers que j'efieuille à tes pieds !

C'est que tout a sa loi, le monde et la fortune; C'est qu'une claire nuit succède aux nuits sans lune ; C'est que tout ici-bas a ses reflux constants; C'est qu'il faut l'arbre au vent et la feuille au zéphire ; C'est qu'après le malheur m'est venu ton sourire ; C'est que c'était l'hiver et que c'est le printemps l

7 mai 1829.

A MES AMIS L. B. ET S.-B

Here's a sigh to Ihose who love ma And a smile to those who hâte ; An-S, •whatever, sky's above me, Here's a heart for eyery fate.

Btbon.

Amis I c'est donc Rouen, îa ville aux vieilles rues, Aux vieilles tours, débris des races disparues, La ville aux cent clochers carillonnant dans l'air, Le Rouen des châteaux, des hôtels, des bastilles, Dont le front hérissé de flèches et d'aiguilles Déchire incessamment les brunes de la mer,

C'est Rouen qui vous a! Rouen qui vous enlève l Je ne m'en plaindrai pas. J'ai souvent fait ce rêve D'aller voir Saint-Ouen à moitié démoli. Et tout m'a retenu, la famille, l'étude. Mille soins, et surtout la vague inquiétude Qui fait que l'homme craint son désir accompli.

J'ai difiéré. La vie à différer se passe.

De projets en projets, et d'espace en espace,

Le fol esprit de l'homme en tout temps s'envola.

Un jour enfin, lassés du songe qui nous leurre, Nous disons : Il est temps. Exécutons! c'est l'heure. Alors nous retournons les yeux, — la mort est là!

Ainsi de mes projets. — Quand vous verrai-je, Espagne, Et Venise et son golfe, et Rome et sa campagne, Toi, Sicile que ronge un volcan souterrain, Grèce qu'on connaît trop, Sardaigne qu'on ignore, Cités de l'aquilon, du couchant, de l'aurore. Pyramides du Nil, cathédrales du Rhin?

Qui sait? Jamais peut-être. — Et quand m'abriterai-je. Près de la mer, ou bien sous un mont blanc de neige. Dans quelque vieux donjon, tout plein d'un vieux héros. Où le soleil, dorant les tourelles du faîte. N'enverra sur mon front que des rayons de fête Teints de pourpre et d'azur au prisme des vitraux?

Jamais non plus, sans doute. — En attendant, vaine ombre,

Oublié dans l'espace et perdu dans le nombre,

Je vis. J'ai trois enfants en cercle à mon foyer;

Et lorsque la sagesse entr'ouvre un peu ma porte.

Elle me crie : Ami ! sois content. Que t'importe

Cette tente d'un jour qu'il faut sitôt ployer?

Et puis, dans mon esprit, des choses que j'espère Je me fais cent récits, comme à son fils un père. Ce que je voudrais voir je le rêve si beau! Je vois en moi des tours, des Romes, des Cordoues, Qui jettent mille feux, muse, quand tu secoues Sous leurs sombres piliers ton magique flambeau !

Ce sont des Alhambras, de hautes cathédrales. Des Babels, dans la nue enfonçant leurs spirales, De noirs Escurials, mystérieux séjour,

A MES AMIS L. B. ET S.-B. 151

Des villes d'autrefois, peintes et dentelées, Où chantent jour et nuit mille cloches ailées, Joyeuses d'habiter dans des clochers à jour 1

Et je rêvel Et jamais villes impériales N'éclipseront ce rêve aux splendeurs idéales. Gardons l'illusion ; elle fuit assez tôt. Chaque homme dans son cœur crée à sa fantaisie Tout un monde enchanté d'art et de poésie. C'est notre Chanaan que nous voyons d'en haut.

Restons où nous voyons. Pourquoi vouloir descendre. Et toucher ce qu'on rêve, et marcher dans la cendre? Que ferons-nous après? où descendre? où courir? Plus de but à chercher! plus d'espoir qui séduise! De la terre donnée à la terre promise Nul retour 1 et Moïse a bien fait de mourir l

Restons loin des objets dont la vue est charmée. L'arc-en-ciel est vapeur, le nuage est fumée. L'idéal tombe en poudre au toucher du réel. L'âme en songes de gloire ou d'amour se consume. Comme un enfant qui soufiQe en un flocon d'écume, Chaque homme enfle une bulle où se reflète un ciel.

Frêle bulle d'azur au roseau suspendue,

Qui tremble au moindre choc et vacille éperdue I

Voilà tous nos projets, nos plaisirs, notre bruit!

Folle création qu'un zéphyr inquiète I

Sphère aux mille couleurs, d'une goutte d'eau faite!

Monde qu'uil souffle crée et qu'un soufiQe détruit!

Rêver, c'est le bonheur; attendre, c'est la vie. Courses, pays lointains, voyages, folle envie I C'est assez d'accomplir le voyage éternel.

Tout chemine ici-bas vers un but de mystère.

Où va l'esprit dans l'homme? Où va l'homme sur terre?

Seigneur! Seigneur I où va la terre dans le ciel?

Le saurons-nous jamais? — Qui percera vos voiles, Noirs firmaments, semés de nuages d'étoiles? Mer, qui peut dans ton lit descendre et regarder? Où donc est la science? où donc est l'origine? Cherchez au fond des mers cette perle divine, Et, l'océan connu, l'âme reste à sonder!

Que faire et que penser? — Nier, douter ou croire? Carrefour ténébreux ! triple route ! nuit noire ! Le plus sage s'assied sous l'arbre du chemin. Disant tout bas : J'irai, Seigneur, où tu m'envoies. Il espère, et, de loin, dans les trois sombres voies, Il écoute, pensif, marcher le genre humain.

Mai 1830.

A MES AMIS S.-B. ET L. B

Buen viage l

GOTA.

Amis, mes deux amis, mon peintre, mon poète I Vous me manquez toujours, et mon âme inquiète

Vous redemande ici.

Des deux amis si chers à ma lyre engourdie Pas un ne m'est resté. Je t'en veux, Normandie, .

De me les prendre ainsi I

Ils emportent en eux toute ma poésie;

L'un, avec son doux luth de miel et d'ambroisie.

L'autre avec ses pinceaux.

Peinture et poésie où s'abreuvait ma muse, Adieu votre onde ! adieu l'Alphée et l'Aréthuse

Dont je mêlais les eauxl

Adieu surtout ces cœurs et ces âmes si hautes.

Dont toujours j'ai trouvé pour mes maux et mes fautes

Si tendre la pitié I Adieu toute la joie à leur commerce uniel Car tous deux, ô douceur 1 si divers de génie,

Ont la même amitié.

Je crois d'ici les voir, le poëte et le peintre. Ils s'en vont raisonnant de l'ogive et du cintre

Devant un vieux portail; Ou, soudain, à loisir changeant de fantaisie, Poursuivent un œil noir dessous la jalousie,

A travers l'éventail.

Oh I de la jeune fille et du vieux monastère,

Toi, peins-nous la beauté, toi, dis-nous le mystère.

Charmez-nous tour à tour.

A travers le blanc voile et la muraille grise Votre œil, ô mes amis, sait voir Dieu dans l'église,

Dans la femme l'amour.

Marchez, frères jumeaux, l'artiste avec l'apôtre ! L'un nous peint l'univers que nous explique l'autre;

Car pour notre bonheur, Chacun de vous sur terre a sa part qu'il réclame. A toi, peintre, le monde! à toi, poëte, l'âme l

A tous deux le Seisneurl

15 mai 1830.

Obscuritate reram verba saepe obscurantur.

CBBVASIUS ÏILBER.ENSIS.

Amis, ne creusez pas vos chères rêveries ;

Ne fouillez pas le sol de vos pkines fleuries;

Et, quand s'offre à nos yeux un océan qui dort,

Nagez à la surface ou jouez sur le bord.

Car la pensée est sombre ! Une pente insensible

Va du monde réel à la sphère invisible ;

La spirale est profonde, et, quand on y descend,

Sans cesse se prolonge et va s'élargissant ;

Et, pour avoir touché quelque énigme fatale,

De ce voyage obscur souvent on revient pâle !

L'autre jour, il venait de pleuvoir, car l'été. Cette année, est de bise et de pluie attristé, Et le beau mois de mai dont le rayon nous leurre Prend le masque d'avril qui sourit et qui pleure. J'avais levé le store aux gothiques^ouleurs. Je regardais au loin les arbres et les fleurs. Le soleil se jouait sur la pelouse verte Dans les gouttes de pluie, et ma fenêtre ouverte

Apportait du jardin à mon esprit heureux

Un bruit d'en^ntsjoueurs et d'oiseaux amoureux.

Paris, les grands ormeaux, maison, dôme, chaumière,

Tout flottait à mes yeux dans la riche lumière

De cet astre de mai dont le rayon charmant

Au bout de tout brin d'herbe allume un diamant.

Je me laissais aller à ces trois harmonies.

Printemps, matin, enfance, en ma retraite unies;

La Seine, ainsi que moi, laissait son flot vermeil

Suivre nonchalamment sa pente, et le soleil

Faisait évaporer à la fois sur les grèves

L'eau du fleuve en brouillards et ma pensée en rêves

Alors, dans mon esprit, je vis autour de moi Mes amis, non confus, mais tels que je les voi Quand ils viennent le soir, troupe grave et fidèle. Vous avec vos pinceaux dont la pointe étincelle, Vous, laissant échapper vos vers au v^ardent, S 6 s Et nous tous écoutant en cercle, ou regardant. Ils étaient bien là tous, je voyais leurs visages. Tous, même les absents qui font de longs voyages. Puis tous ceux qui sont morts vinrent après ceux-ci, Avec l'air qu'ils avaient quand ils vivaient aussi. Quand j'eus, quelques instants, des yeux de ma pensée, Contemplé leur famille à mon foyer pressée, Je vis trembler leurs traits confus, et par degrés Pâlir en s'effaçant leurs fronts décolorés. Et tous, comme un ruisseau qui dans un lac s'écoule, Se perdre autour de moi dans une immense foule.

Foule sans nom! chaos! des voix, des yeux, des pas. Ceux qu'on n'a jamais vus, ceux qu'on ne connaît pas. Tous les vivants! — cités bourdonnant aux oreilles Plus qu'un bois d'Amérique ou des ruches d'abeilles, Caravanes campant sur le désert en feu. Matelots dispersés sur l'océan de Dieu,

Et, comme un pont hardi sur l'onde qui chavire, Jetant d'un monde à l'autre un sillon de navire, Ainsi que l'araignée entre deux chênes verts Jette un fil argenté qui flotte dans les airs.

Les deux pôles! le monde entier! la mer, la terre,

Alpes aux fronts de neige, Etnas au noir cratère,

Tout à la fois, automne, été, printemps, hiver,

Les vallons descendant de la terre à la mer

Et s'y changeant en golfe, et des mers aux campagnes

Les caps épanouis en chaînes de montagnes.

Et les grands continents, brumeux, verts ou dorés.

Par les grands océans sans cesse dévorés,

Tout, comme un paysage en une chambre noire

Se réfléchit avec ses rivières de moire.

Ses passants, ses brouillards flottant comme un duvet,

Tout dans mon esprit sombre allait, marchait, vivait !

Alors, en attachant, toujours plus attentives,

Ma pensée et ma vue aux mille perspectives

Que le souffle du vent ou le pas des saisons

M'ouvrait à tous moments dans tous les horizons,

Je vis soudain surgir, parfois du sein des ondes,

A côté des cités vivantes des deux mondes,

D'autres villes aux fronts étranges, inouïs,

Sépulcres ruinés des temps évanouis.

Pleines d'entassements, de tours, de pyramides,

Baignant leurs pieds aux mers, leur tête aux cieux humides.

Quelques-unes sortaient de dessous des cités

Où les vivants encor bruissent agités,

rEt des siècles passés jusqu'à l'âge où nous sommes

I Je pus compter ainsi trois étages de Romes. Et tandis qu'élevant leurs inquiètes voix. Les cités des vivants résonnaient à la fois Des murmures du peuple ou du pas des armées, Ces villes du passé, muettes et fermées. Sans fumée à leurs toits, sans rumeurs dans leurs seins,

Se taisaient, et semblaient des ruches sans essaims.

J'attendais. Un grand bruit se fit. Les races mortes

De ces villes en deuil vinrent ouvrir les portes,

Et je les vis marcher ainsi que les vivants.

Et jeter seulement plus de poussière aux vents.

Alors, tours, aqueducs, pyramides, colojines.

Je vis l'intérieur des vieilles Babylones,

Les Carthages, les Tyrs, les Thèbes, les Sions,

D'où sans cesse sortaient des générations.

Ainsi j'embrassais tout, et la terre, et Cybèle;

La face antic[ue auprès de la face noiivelle ;

Le passé, le présent; les vivants et les morts;

Le genre humain complet comme au jour du remords.

Tout parlait à la fois, tout se faisait comprendre,

Le pelage d'Orphée et l'étrusque d'Évandre,

Les runes d'Irmensul, le sphinx égyptien,

La voix du nouveau monde aussi vieux que l'ancien.

Or, ce que je voyais, je dojute que je puisse Vous le pejndre. C'était comme un grand édifice Formé d'entassements de siècles et de lieux; On n'en pouvait trouver les bords ni les milieux; A toutes les hauteurs, nations, peuples, races, Mille ouvriers humains, laissant partout leurs traces. Travaillaient nuit et jour, montant, croisant leurs pas, Parlant chacun leur langue et ne s'entendant pas; Et moi je parcourais, cherchant qui^me réponde, De degrés en degrés cette Babel du monde.

La nuit avec la foule, en ce rêve hideux,

Venait, s'épaississant ensemble toutes deux.

Et, dans ces régions que nul regard ne sonde,

Plus l'homme était nombreux, plus l'ombre était profonde.

Tout devenait douteux et vague; seulement

Un souffle qui passait de moment en moment.

Comme pour me montrer l'immense fourmilière, Ouvrait dans l'ombre au loin des vallons de lumière, Ainsi qu'un coup de vent fait sur les flots troublés Blanchir l'écume, ou creuse une onde dans les blés.

Bientôt autour de moi les ténèbres s'accrurent, L'horizon se perdit, les formes disparurent, Et l'homme avec la chose et l'être avec l'esprit Flottèrent à mon souffle, et le frisson me prit. J'étais seul. Tout fuyait. L'étendue était sombre. Je voyais seulement au loin, à travers l'ombre. Comme d'un océan les flots noirs et pressés. Dans l'espace et le temps les nombres entassés. /

Oh! cette double mer du temps et de j^espaçe

Où le navire humain toujours passe et repasse, Je voulus la sonder, je voulus en toucher Le sable, y regarder, y fouiller, y chercher, Pour vous en rapporter quelque richesse étrange, Et dire si son lit est de roche ou de fange. Mon esprit plongea donc sous ce flot inconnu, Au profond de l'abîme il nagea seul et nu. Toujours de l'ineS^able allant à l'invisible. Soudain il s'en revint avec un cri terrible. Ébloui, haletant, stupide, épouvanté.

Car il avait au fond trouvé l'éternité.

Mai 1830.

Page 1