‹ Les feuilles d'automne (volume 3)Chapitre 14 sur 48 · A MES AMIS S.-B. ET L.-U · texte numérisé non relu

A MES AMIS S.-B. ET L.-U

Amis, mes deux amis, mon peintre, mon poète!

Vous me manquez toujours, et mon âme inquiète

Vous redemande ici.

Des deux amis , si chers à ma lyre engourdie , Pas un ne m'est resté. Je' t'en veux , Normandie ,

De me les prendre ainsi !

Jls emportent en eux toute ma poésie ;

L'un avec son doux luth de miel et d*ambroisie ,

L'autre avec ses pinceaux.

Peinture et poésie où s'abreuvait ma muse , Adieu votre onde ! Adieu i'Alpbée et l' Aréthuse

Dont je mêlais les eaux !

94 LES FEUILLES D'ALTOMNE.

Adieu surtout ces cœurs et ces âmes si hautes ,

Dont toujours j'ai trouTé , pour mes maux et mes fautes ,

Si tendre la pitié !

Adieu toute la joie à leur commerce unie !

Car tous deux , 6 douceur ! si divers de génie ,

Ont la même amitié!

Je crois d*ici les voir, le poète et le peintre ! Ils s'en vont raisonnant de Togive et du cintre

Devant un vieux portail ; Ou , soudain , à loisir, changeant de fantaisie , Poursuivent un œil noir dessous la jalousie ,

A travers l'éventail.

Oh ! de la jeune fille et du vieux monastère , Toi, peins-nous la beauté, toi, dis-nous le mystère

Charmez-nous tour à tour.

A travers le blanc voile et la muraille grise Votre œil , 6 mes amis , sait voir Dieu dans l'église ,

Dans la femme l'amour!

Marchez, frères jumeaux, l'artiste avec l'apôtre! L'un nous peint l'univers que nous explique l'autre ;

Car, pour notre bonheur.

Chacun de vous , sur terre, a sa part qu'il réclame. A toi, peintre, le monde! A toi, poète, l'Ame!

A tous deux le Seigneur!

Mai 4830

obscuritnie rerum verba sœpë obsrtiraiiliir.

(lERVASIDS TILBERIEN8IS

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