BYRON
Quand le livre où s'endort chaque soir ma pensée, Quand l'air de la maison , les soucis du foyer , Quand le bourdonnement de la ville insensée Où toujours on entend quelque chose crier, Quand tous ces mille soins de misère ou de fête Qui remplissent nos jours, cercle aride et borné, Ont tenu trop long-temps, comme un joug sur ma tête. Le regard de mon âme à la terre tourné ;
Elle s'échappe enfin , va , marche , et dans la plaine Prend le même sentier qu'elle prendra demain , Qui l'égaré au hasard et toujours la ramène, Comme un coursier prudent qui connaît le chemin.
Elle court aux forêts, où dans l'ombre indécise Flottent tant de rayons, de murmures, de voi\, Trouve la rêverie au premier arbre assise, Et toutes deux s'en vont ensemble dans les bois !
Juin 1830.
Plebile nescio quid.