A MADAME MARIE M
Oh ! votre œil est timide et votre front est doux ; Mais quoique par pudeur et par pitié pour nous ,
Vous teniez secrète votre âme , Quand du souffle d'en haut votre cœur est fouché, Votre cœur, comme un feu sous la cendre caché,
Soudain étincelle et s'enflamme.
Élevez-la souvent, cette voix qui se tait.
Quand vous vîntes au jour un rossignol chantait ;
Un astre charmant vous vit naître.
Enfant, pour vous marquer du poétique sceau, Vous eûtes au chevet de votre heureux berceau
Un dieu, votre père peut-être!
Deux vierges, Poésie et Musique, deux sœurs, Vous font une pensée infinie en douceurs ;
Votre génie a deux aurores, Et votre esprit tantôt s'épanche en vers touchants, Tantôt sur le clavier, qui frémit sous vos chants ,
S'éparpille en notes sonores ï
Oh ! vous faites rêver le poète , le soir ! Souvent il songe à vous lorsque le ciel est noir,
Quand minuit déroule ses voiles; Car l'âme du poète, âme d'ombre et d'amour, Est une fleur des nuits qui s'ouvre après le jour
Et s'épanouit aux étoiles!
Décembre 18:50.