‹ Les feuilles d'automne (volume 4)Chapitre 26 sur 58 · A MADAME MARIE M · texte numérisé non relu

A MADAME MARIE M

Oh ! votre œil est timide et votre front est doux ; Mais quoique par pudeur et par pitié pour nous ,

Vous teniez secrète votre âme , Quand du souffle d'en haut votre cœur est fouché, Votre cœur, comme un feu sous la cendre caché,

Soudain étincelle et s'enflamme.

Élevez-la souvent, cette voix qui se tait.

Quand vous vîntes au jour un rossignol chantait ;

Un astre charmant vous vit naître.

Enfant, pour vous marquer du poétique sceau, Vous eûtes au chevet de votre heureux berceau

Un dieu, votre père peut-être!

Deux vierges, Poésie et Musique, deux sœurs, Vous font une pensée infinie en douceurs ;

Votre génie a deux aurores, Et votre esprit tantôt s'épanche en vers touchants, Tantôt sur le clavier, qui frémit sous vos chants ,

S'éparpille en notes sonores ï

Oh ! vous faites rêver le poète , le soir ! Souvent il songe à vous lorsque le ciel est noir,

Quand minuit déroule ses voiles; Car l'âme du poète, âme d'ombre et d'amour, Est une fleur des nuits qui s'ouvre après le jour

Et s'épanouit aux étoiles!

Décembre 18:50.

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