‹ Les feuilles d'automne (volume 5)Chapitre 16 sur 30 · RUE DES GRANDS-AUGU8TIN8 , N · texte numérisé non relu

RUE DES GRANDS-AUGU8TIN8 , N

M. DGGG XXXIL

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— 3IARC. AUREL.—

Parfois , lorsque tout dort , je m'assieds plein de joie Sous k dôme étoile qui sur nos fronts flamboie ; J'ëcoute si d'en haut il tombe quelque bruii; Et l'heure vainement me frappe de son aile

Quand je contemple , emii , cette fête éternelle Que le ciel rayonnant donne au monde la nuit !

Souvent alors j*ai cru que ces soleils de flamme Dans ce monde endormi n* échauffaient que mon ame; Qu'à les comprendre seul j'étais prédestiné j Que j'étais , moi , vaine ombre obscure et taciturne , Le roi mystérieux de la pompe nocturne; Que le ciel pour moi seul s'était illuminé !

Novembre I8ÎÈ!).

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C'ctkt une aiue cliarmautt.

— DiDfcnoT. —

A VMK FEMME.

Enfant ! si j'ëtais roi , je donnerais Fempire ,

Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux,

Et ma couronne d'or, et mes bains de porphyre ,

£t mes flottes , à qui la mer ne peut suffire ^ Pour un regard de vous !

Si j'étais Dieu , la terre et l'air avec les ondes , Les anges , les démons courbés devant ma loi , Et le profond chaos aux entrailles fécondes y L'éternité , l'espace , et les cieux et les mondes , Pour un baL<^er de toi !

Mm 18...

Quîen

uo ama, no vive.

Oh ! qui que vous soyez, jeune ou vieux, riche ou sage. Si jamais vous n'avez ëpie' le passage , Le soir, d'un pas léger, d'un pas mélodieux.

D'un voile blanc qui glisse et fuit dans les ténèbres.

Et, comme un météore au sein des nuits funë])res . Vous laissé dans le cœur un sillon radieux.

Si vous ne connaissez que pour l'entendre dire Au poète amoureux qui chante et qui soupire , Ce suprême bonheur qui fait nos jours dores De posséder un cœur sans re'serve et sans voiles, De n'avoir pour flambeaux, de n'avoir pour e'toiles, De n'avoii' pour soleils que deux yeux adores ;

Si vous n'avei jamais attendu , morne et sombre , Sous les vitres d'un bal qui rayonne dans l'ombre , L'heure où pour le de'part les portes s'ouvriront , Pour voir votre beauté, comme un éclair qui brille,

Rose avec des yeux bleus et toute jeune iille , Passer dans la lumière avec des fleurs ^u front ^

Si vous n'avez jaihais senti la frénésie De voir lalnain qu'on veut par d'autres mains choisie, De voir le cœur aime' battre sur d'autres cœurs ; Si vous n'avez jamais vu d'un œil de colère La valse impure , au vol lascif et circulaire, Effeuiller en courant les femmes et les fleurs ^

Si jamais vous n'avez descendu les collines Le cœur tout débordant d'émotions divines ; Si jamais vous n'avez , le soir , sous les tilleuls , Tandis qfk'au ciel luisaient des étoiles sans nombre,

Aspiré , couple heureux , la volupté de l!ombre , Cachés, et vous parlant tout bas, quoique tout seuls ^

Si jamais' ime main n'a fait trembler la vôtre; Si jamais ce seul mot qu'on dit Tun après l'autre , Je t'aime! n'a rempli votre ame tout un jour. Si jamais vous n'avez pris en pitié les troncs En songeant qu'on cherchait les sceptres, les couronnes , Et la gloire, et l'empire, et qu'on avait l'amour!

La nuit, quand la veilleuse agonise dans Fume , Quand Paris , enfoui sous la brume nocturne Avec la tour saxonne et l'église des Goths , ^ Laisse sans les compter. passer les heufc* noires

Qui y douze fois , semant les rêves illusoires , S'envolent des clochers par groupes inégaux ;

Si jamais vous n'avez, à l'heure où tout sommeille^ Tandis qu'elle dormait oublieuse et vermeille , A force de pleurer senti vos pleurs tarir, Crie' cent fois son nom du soir jusqu'à l'aurore , Et cru qu'elle viendrait en l'appelant encore , Et maudit votre mère , et désiré mourir;

Si jamais vous n'avez senti que d'une femme Le regard dans votre ame allumait une autre amc, Que vous étiez charmé , qu'un ciel s'était oUvcrt , Et que pour cette enfant , qui de vos pleurs se joue ,

1G LES FEUILLES d' AUTOMNE.

Il VOUS- serait bien doux d'expirer sur la roue ;.... Vous n'avez point aimé , vous n'avez point son£fert !

Noveinl>re 18...

Meus blanda iu cor^iore blaudo.

Madame , autour de vous tant de grâce étincelle , Votre chant est si pur , votre danse recèle

Un charme si vainqueur , Un si touchant regard baigne votre prunelle ,

20 LKS FEUILLES

Toute votre personne a quelque chose en elle De si doux pour le cœur y

Que lorsque vous venez, jeune astre qu'on admire , Éclairer notre nuit d'un rayonnant sourire

Qui nous fait palpiter , Comme Toiseau des bois devant l'aube vermeille y Une tendre pensée au fond des cœurs s'éveille

Et se met à chanter !

Vous ne l'entendez pas , vous l'ignorez , madame ;, Car la chaste pudeur enveloppe votre ame

De ses voiles jaloux , Et l'ange que le ciel commit à votre garde

' d'automne. 21

N'a jamais à rougir quand, rêveur , il i^garde Ce qui se passe en vous.

Avril 18...

AiDor, ch'a noU' amato amar perdona, Mi preM del costui pfacer si forte , Cbe , comt tedi , ancor non in'abbandonn.

— Dante. —

Contempler dans son bain sans voiles Une fille aux yeux innocens ; Suivre de loin de blancbes voiles^

Voir au ciel briller les e'toiles Et sous rherbe les vers luisans ;

Voir Autour des mornes idoles Des sultanes danser en rond; D'un bal compter les girandoles ; La nuit , voir sur F eau les gondoles Fuir avec une e'toile au front;

Regarder la lune sereine ; Dormir sous Farbre du chemin ; Être le roi lorsque la reine , Par son sceptre d'or souveraine , L'est aussi par sa blanche main ;

d'automne. 27

Ouïr stir les harpes jalouses Se plaindre lâiroinaDce en pleurs; Errer , peji^if , sur les pelouses , Le soiif, l|rsq[ue les Andalouses De leurabalcons lettent des fleurs ;

ïj *■

}' Rêver , tandi/que les rosées

Plcuvent d'm beau ciel espagnol ^

Et que les notes embrasées

S'e'panouissent en fusées

Dans la chanson du rossignol 5

Ne plus se rappeler le nombre

De ses jours , songes oublies ; Suivre fuyant dans la nuit sombre Un esprit qui traîne dans l'ombre Deux sillons de flasmie k ses pieds;

Des boutons d'or qu'avril étale Dépouiller le riche gaion'; Voir , après l'absence fatale , Enfin , de sa yiUe natale , ^ Grandir la flèche k l'horizon;...

Non , tout ce qu'a la destinée

De biens réels ou fabuleux

N'est rien pour mon ame enchaînée

d'automne. 29

Quand tu regardes inclinée

Mes yeux noirs avec tes yeux bleus !

Septembre 18..

O les tf ndres propos et les charmantes choses Que me disait Aline eu la saison des roses !

Doux zéphyrs qui passiez alors dans ces beaux lieux. N'en rapportiez-vous rien à l'oreille des dieux ?

— SEGRÂ.IS. —

Vois, cette branche est ri^de, elle est noire, et la nue Verse la pluie à flots sur son ëcorce nue; Mais attends ^e Thiver s'en aille , et tu vas voir Une feuille percer ces nœuds si durs pour elle ,

3>4 XES FEUILLES

Et tu demanderas comment un bourgeon frêle Peut , si tendre et si vert , jaillir de ce bois noir.

Demande alors poun^uoi , ma jeune bien-aimee , Quand sur mon ame, helas ! endurcie et fermée, Ton souffle passe , après tant de maux expies , Pourquoi remonte et court ma sève évanouie , Pourquoi mon ame en fleur et toute épanouie Jette soudain des vers que j'effeuille à tes pieds !

C'est que tout a sa loi , le monde et la fortune; C'est qu'une claire nuit succède aux nuits sans lune ; C'est que tout ici-bas a ses reflux constans ; C'est qu'il faut l'arbre auvent et la feuille auzéphire ;

D AUTOMNE. OJ

C'est qu'après le malheur m'est verni ton sourire ; C'est que c'était l'hiver et qiie c'est le printemps !

Tiyritr 18..

Here's a sigh to tliose fvhe love me , And a smile to tl^ow who hâte ; And, whatever «ky's aboTe me , Here'« a hearl for every fate.

^Byiion. -

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