‹ Les fiances d'Albano drame en cinq actesChapitre 27 sur 76 · ACTE lî, SCÈNE li; 3i · texte numérisé non relu

ACTE lî, SCÈNE li; 3i

MICAEL.

Je n'ai pas fait de serments à Siefana. Maintenant , tu dois tout savoir. Aie foi dans mes |iarolcs, Andrea! même pour obtenir ta n)ain, Micaël ne souillerait pas scs lèvres d’un mensonge : Stefiina était la femme île Toraldi, le plus riche et le plus méclianl homme de. notre province; Toraldi était jaloux jusqu’à la fureur. Comme tout le monde j’avais pris en pitié celte belle jeune fille livrée sans défense au despotisme d’un vieillard insensé. Aveuglé par la colère, Toraldi avait souvent menacé, frappé sa femme. Nous étions voisins. Un jour, je vois entrer dans notre maison Stefana, pâle, échevelée; une scène plus violente que les autres avait égaré l’esprit delà pauvre jeune femme, qui, fuyant le toit conjugal, venait nous demander un asile. J’étais seul... seul pour protéger Stefana contre Toraldi, qui la poursuivait un poignard à Ta main... Un voyant sa femme presque dans mes bras, le vieillard éperdu s’élance pour la frapper : je la couvre de mon corps, et je tombe sous le coup qui lui était de.stiné... Je perdis connaissance... je restai six semaines entre la vie et la mort. Lor>qu'enfin je revins à moi, j’appris que Toraldi, ( fTrayé de son crime, n’y avait survécu que quelques jours... Siefana avait voulu s’installer à mon chevet; elle me pKidigua des soins que je croyais être ceux d’une sœur. Mais Stefana avait pris pour de. l’amour ce qui n’était que de la compassion... parce que j’avais donné ma vie pour elle, cil crut que je l’aimais.

ANDREA

Et elle se trompait?., tu ne l'aimais pas? tu ne l’as jamais aimée?

UICAEE.

Pour la veuve de Toraldi je n’ai jamais eu qu’une affectueuse pitié, et jamais la pensée ne m’est venue qu’un jour Stefana pourrait porter mon nom. Son exigente et jalouse tendresse m’avait éloigné d’elle avant même notre première rencontre, Andrea, rencontre qui a décidé de ma vie.

ANDREA

Ce que tu viens de me dire, Micaël, tu es prêt à me jurer que c’est la vérité?

MICAEL.

Oui!

ANDREA

A me le jurer à genoux et la main sur (a sainte croix?

MICAEL.

Oui!

ANDREA

A genoux donc!... (Micaël a'aginoullle devant Andrea qui, de aon roaairc, déischc une croix. — Pendaut ce mouvement de scène, Siefaua a deueen.eot monlé la grève tans être vue. ' — Elle s’arrête un oiomcnt a considérer Andrea et Micaël, puia elle se glisse à l’entrée de la scèue à gauche, où elle se place de {a$on a n'élre vue que du spectateur.) Et SUr cette SdlUte

32 LBS FIANCÉS d’aLBANO.

croix, Micaël, jure que tu n’as jamais engagé ta foi à Siefana; jure que tu viens à moi sans regrels et sans remords; jure enfin que tu n’aimes, que tu n as] jamais aimé qu’Andrea, ta fiancée.

Oui, sur cette croix, et devant Dieu qui m’entend, je lejure !

STEFANA, à p«rl.

Oh! moi aussi je t’entends, infâme! (eu* diiparaît par u gaaehe

de la baie.)

ANDREA

Que Dieu te jugect me pardonne, si tu es parjure. Pour moi...

? [ui t’écoute et te regarde, je ne doute plus... et je t’aime, mon lancé... Va donc trouver mon père et dis-lui, quoi qu’il décide, que je ne serai jamais à d’autre qu’à toi, mon Micaël.

MICAEL, arec joie.

Je pars, il faudra bien que je trouve Frediano... il faudra bien qu'il m’entende... A bientôt, Andrea, ma fiancée.

ANDREA, lui dounant la main.

Ta femme, (uieaël couvre de baisers la main d’Andrea, et tort «ivemeiit par le fond.)

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