DE FANTAISIE
Indépendamment des soies grèges formées — on pourrait dire proprement constituées — par des faisceaux du fil c'ontinu sorti de la trompe soyeuse du ver à soie, il existe des déchets servant à fabriquer successivement des fils pour des étoffes de soie.
Les fils de déchets de soie sont produits par le cardage, le peignage, puis la torsion des filaments de bourres qui, liés ensemble, donnent : i" La fantaisie ; 2° la schappe.
La. fantaisie est le produit de bourres décreusées (purgées de « grès ») et cuites, c'est-à-dire soumises à l'action de l'eau de savon bouillante ;
2° La schappe est le produit de bourres rouies à chaud ou à froid, c'est-à-dire macérées, désagrégées l^ar l'effet d'une fermentation. En définitive, la matière première des fils de fantaisie ou de schappe, c'est la bourre. Sous le nom de « bourre de soie », il faul comprendre des matières fort difléreutes de forme et d'origine ; on peut les ramener aux types suivants ^ :
1° Les cocons ouverts par suite de leur construction
I Uondot, La Soie, t. H, p. 2G0. Paris, 1887, a' édition.
IIBRES TKXTILES
LA SOIE
naturelle : ce sont les cocons de races à demi domestiques ou sauvages.
2" Les déchets de la magnanerie : cocons percés par le papillon, cocons tachés, cocons inachevés ou tarés, dont le dévidage est devenu impossible, cocons doubles, enfin le réseau soyeux mais bovirru qui entoure le cocon lui-même.
3"" Les déchets à la /liai a?^e i, c'est-à-dire les premières et les dernières couches du cocon qui ne peuvent so dévider, et les cocons d'un dévidage difficile, ou ceux qui restent au fond des bassines. Ces déchets portent difi'érents noms : frisons, costes, capitons, telettes, cocons bassinés.
4"" Les déchets du a moulinage )> : c'est à proprement parler la bourre, ou bouts de fils cassés et abandonnés pendant le travail du retordage ^.
5' Les déchets du tissage, provenant de toutes les manutentions du dévidage, de l'ourdissage et du tissage lui-même.
Ce sont toutes ces soies naturelles, tous ces déchets de la filature, du moulinage et du tissage, qui constituent la bourre en masse. Nous trouvons, en France, une importante quantité de bourre dans notre récolte de soie, mais nous en demandons des quantités plus grandes encore à l'étranger, principalement à la Chine, au Japon, aux Indes.
M. N. Rondot estime que 7 1/2 0/0 du poids des cocons frais représentent des bourres provenant de
1. Rappelons que les filatures sont des ateliers où Ton dévide les cocons. Il ne faut pas confondre le « filage » dont il est ici question avec la filature des fils de schappe ou le moulinage des fils de grège.
2. Le fil de soie filé par le ver doit être uni à d'autres fils et retordu.