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I . Voir les rapports de la 4* section de la Commission permanente des valeurs de douane.
LA PRODUCTION DES LAINES DANS LES PAYS NEUFS ET LES IMPORTAT [ONS EN ANGLETERRE ET EN FRANCE
L'Angleterre est le plus grand marché de laines du monde. Non seulement elle transforme dans ses manufactures une grande partie des fibres qu'elle produit ou qu'elle importe, mais encore elle exporte, soit en Europe, soit aux Etats-Unis, les laines produites par ses moutons ou amenées par ses navires.
Ainsi, en 1902, la production indigène des laines s'élevait, pour le Royaume-Uni, à i35 millions de Lb. Sur ce chiffre, le commerce anglais prélevait 35 millions de livres destinées à l'exportation. Il en restait donc 100 millions à la disposition de l'industrie lainière britannique.
Les importations de laines étrangères ou coloniales, d'alpaca, de mohairs, etc., représentaient 678 millions de Lb. (dont les deux tiers, soit [^i^-j millions de Lb., venaient d'Auslralasic). — Sur ce chiffre, 283 millions de Lb. étaient exportés et il restait, environ, [\oo millions de livres à la disposition des manufactures. Le trafic immense d'importation et d'exportation auquel donnent lieu les laines coloniales en Angleterre doit donc être intimement lié aux fluctuations de la production dans les pays neufs dont nous avons déjà parlé, l'Australasie, le Cap et TAmérique
2 68 LA LAÎNE ET AUTRES FIBRES d'oRIGINE AMiMALE
du Sud. — Le développement prodigieux de la production lainière dans les colonies australiennes et africaines de 1860 à 1890 doit notamment provoquer un mouvement croissant d'importation et d'exportation dans la mère patrie ; l'état stationnaire ou la réduction récente des qviantités produites doivent avoir, en revanche, une répercussion sur ces transactions depuis quelques années. Si nos hypothèses sont justifiées, nous pourrons d'un seul coup d'œil suivre l'histoire du développement du commerce de la laine en Angleterre et observer les conséquences produites par la crise Véritable dont les éleveurs ont eu à soufTrir soit en Australie, soit au Cap.
Hàtons-nous de dire que les faits justifient nos prévisions. Le tableau suivant nous montre que de 1860 à 1895 les quantités de laines étrangères importées, réexportées ou transformées par l'Angleterre se sont accrues avec une admirable régularité.
Importations^ réexportations et cor^sommations de laines et poils d'origine étrangère dans le Royaume-Uni, par périodes quinquennales.
Périodes
i865-tH) .
i()or)-o8 .
Quantités
conservées
Importations
Réexpor-
pour la
totales
tations
consommation
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iéSÊBimtik.
PRODUCTION 1)1 S IMNKS DANS Li:s PWS NEUFS 269
En revanche, à partir de iSqS, les quantités importées n'augmentent plus avec la même rapidité ; les exportations décroissent même. Grâce à ce double mouvement opposé, la masse de laine laissée à la disposition de rindustrie anglaise s'accroît encore ; mais de 1901 à 1905, nous constatons un recul sur tous les points ; les importations fléchissent, les réexportations diminuent, et les quantités transformées en Angleterre décroissent pour la première fois depuis quarante ans ! Ce fait a eu une répercussion inévitable sur l'exportation des produits fabriqués correspondants. Il est à peine besoin de faire ressortir l'exceptionnelle importance de pareils événements. En jetant les yeux sur un graphique, on voit qu'ils sont intimement liés à la diminution des importations de laines coloniales, et en particulier à la réduction des entrées de fibres australiennes ^. Gela est si vrai que la situation change à partir de 1906 quand les laines australiennes sont phis abondantes et les importations anglaises plus considérables. C'est ce que montre la dernière ligne de notre tableau.
Sans nul doute, il convient de ne rien exagérer et de parler avec mesure de la diminution constatée dans la production coloniale. Mais nous ne pouvons pas manquer d'en signaler avec soin l'intérêt exceptionnel, puisque la puissance industrielle de l'Angleterre est liée à la transformation de la laine brute qu'elle reçoit de ses colonies. En tous cas, il est hors de doute que nous constatons en Angleterre les conséquences produites
I . Pour tous les chiffres cités ou utilisés par nous, voir les documents officiels, les circulaires de Fred Huth et celles du Bradford Observer.