‹ Les filets de SaintCloud drame en cinq actesChapitre 4 sur 77 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Mêmes, MANON.

m vnon, en haut delà coltine, ayant Voir de faire

passer ses bêtes une d une, et tenant sa houlette à la main. Parlant à un chevreau.

Aïe clone, loi l'éclopé, j’ vas te faire traîner ia

quille. (A son chien ) lloup, César, à l’invalide ! fais-Ie descendre avec les autres, et garde-les au bord de la rivière; j' vas demander à madame Gertrude s’il faut rentrer.

ai* nouveau de JW. Beaucourt.

Mario, 6 gué ! reviens des champs,

N’y reste pas seulettc ;

Quand vient le soir, pour nn’ fillette,

C’est pas les loups qui sont méchants,

Mais c'est les mauvais garnements.

Plus d’un qui la trouve h son gré,

Lui dit : Batifolons, bergère ;

Oui, mais la fille peu légère Répond: Où* qu’est monsieur le curé.

Ou ben monsieur son grand vicaire?

MATHIEU

En v’ià une qu'a le truc !

MANON

Marie, ô gué I reviens des champs,

N’y reste pas seulette;

Quand vient le soir, pour une fillette,

C’est pas les loups qui sont méchants,

Mais c'est les mauvais garnements.

Petit Jean et Mathieu ont fait un détour pour /ni barrer

le passage.

petit jean, d' un côté.

On n’ passe pas sans payer 1’ droit.

manon, se dé gageant et lui donnant un soufflet. Via ma monnaie ; qu’en veut? j'en donne.

Mathieu, même jeu que l'autre.

A moi, Manon.

manon, de même.

A vous tout d'même... Y en a-t-y encore un autre, pendant que j’y suis?

PETIT JEAN

Pourquoi donc qu’ vous êtes féroce comme ça ?

MANON

Dame! pourquoi qu’ vous jouei des mains?...

r'gardez, mais n’ touchez pas.

MATHIEU

Comment 1 les grosses dents, avec cT air si doui !

MANON

C'tilà qui veut m' trouver douce... au toucher, oh! mais douce comme un tout petit mouton, n’a qu’à venir avec moi chez monsieur!’ curé, comme dit la chanson, et le prier de nous annoncer au prône, sinon... gare là-dessous, j' tape!

PRTIT JEAN.

Est-elle rude! l’est— elle î [Au Braconnier.

Croirais-tu, Mathieu, que l'aut’ soir, a n’a jamais voulu m' panser une grosse éraflure que j' m’avais fait au bras en lui dénichant un merle ?

Ah 1 c’est pas beau, la boulotte.

MANON

Tant mieux, tant mieux; on sait c’ qu’il en coûte à ces jcui-là, et j’ m’ai dit souvent que si mamselle Jeanne la fille à nol’ bourgeois n’avait pas donné tant de soins aux blessure» de mon-

MAGASIN THEATRAL

•leur Juin, elle a' serait pu devenue trille et maladive au point de ne pal sortir de la chambre,

ahl

riTIT JEAH.

Et comprend»-tu quelque chose àc’te maladie, toi, vieux Mathieu ? v’ià six mois qu’elle dure, depuis l’ départ du père enGn.

■Alton, d elle même.

Ceat la maladie qu’on gagne à panser les éraflures du garçons.

Mathieu.

Et jamais on n’a envoyé chercher I' médecin ?

PETIT JEAN

Jamais!

■ ATUIEU.

C’est que I' médecin, c’était peut-être monsieur Jules qui revenait se glisser après 1’ soleil couché...

parrr irais.

Ça m'a v’nu dans la tète, et )’ m'ai mis aux aguets.

■ATUIEU.

Ah: 1' curieux !

■ai«m.

Et qué qu' l’u vu T

petit «An.

J’ai vu, es ça pas une fois... manuelle Jeanne descendre tout doucement... la nuit quand tout r monde dormait dans la maison, et se promener du heures enlièru.

■ATUIEU.

Avec monsieur Jules?

PETIT SEAU

Eb ben, non... avec ma marraiDe.

MATHIEU

Ah ta, mais c’te maladie qui la force è garder la chambre et qui n’ l'empêche pas d' se promener au jardin, c’est donc une frime?

PETIT «Alt.

. D’autant plus frime qu'hier ê la nouvelle inattendue du prochain retour de maître André, elle l’est mise à trotter dans la maison comme jadis, et qu’elle n’avait pet plus l’air malade que Manon...

■AUC*.

Oui s' porto un peu bien, j’ m’en vante.

■ATUIEU.

Qu’eit-ee qui peut doue y avoir au fond de ce mystère là?

peth jEAir.

T’Ià juste ee que je m'a demandé c’te nuit »iême; tu vas juger.

HAsoir.

Petit Jean, t'en dis ben long... si U marraine t'entendait ?

PETIT SEAU

C’est vrai, Manon; mais plus qu'un mot, c'est t’ plut intéressant.

■ATBIBU.

Vjqfoua, voyou!

PETIT JCAV.

Je n’ sais pas depuis combien d'heures je dormait, mais enfln j’ lapais d' i'esil solidement. .. ( Gertrude parait d io parle de la maiton.) V’ià qu' tout d’un coup ; oua, oua, oua ; c'était César qui aboyait; j’ai des oreilles pour...

OEETEUDE, qui l'ell approchée, le raeouunl par

f oreille.

Tu u des oreilles pour que je les tire, vileiu bavard I

■Alton, te sautant.

Gare la grêle!

Page 1