SAINT-CLOUD
il®' de naxteuil, lui prétentant une partie des vêtements de l'enfant .
Ces vêtements que j’avais préparés moi-mème avec les initiales, ouvrage de mes mains.... ces vêtements, je viens de les reconnaître ; ils sont là, misérable. Ah! tu te tais, tu reste anéanti... le poids de la vérité t’écrase... laisse-la donc sortir de tes lèvres pèles et tremblantes, exécrable assassin !
VERDIER
Eh bien, ce dont vous m'accuser... eh bien, oui, je l’ai fait... j’ai dû le faire.
ll me DE .VOIT Kl' IL.
Infâme!
VERDIER
Je l’ai fait par pitié pour vous, malheureuse!
M m,f DE NANTEUIL.
Et tu as cru que pour sauver ma réputation je deviendrais ta complice?
Que prétendez-vous donc ?
M me DE NAXTEUIL.
Allez te dénoncer moi-même.
VERDIER
Et vous déshonorer!... Encore si en Vous immolant vous rendiez la vie a ce qui n’est plus !
11“*® DE NAXTEUIL.
Et celle qui va marcher a l'échafaud?
VERDIER
Si je la sauve!
- M n « DE NAXTEUIL.
Mais tu sais bien queja découverte de l’évasion projetée a fait avancer le jour et l’heure de son supplice, que dès lors toute nouvelle tentative est impossible. [Elle le regarde fixement.) C’est peut" être encore toi qui as fait manquer cette évasion pour t'assurer l'impunité.
YERD1ER.
Oh! je ne nierai plus rien! Oui, c’est encore moi! l’enfant, le braconnier, la jeune fille; ils ont «dû, ils doivent être sacrifiés à notre sûreté commune.
DB NAXTEUIL.
Et moi je ne veux pas qu'ou lue celle qui existe encore.
VERDIER, suppliant.'
Julie, écoutez-moi.
M me DE NAXTEUIL, OVCC flOTTCUT.
Non, ta voix me fait peur... ton aspect me dégoûte.
VERDIER, furieux.
Prenez garde, madame.
• ll ŒC DE XAXTKUIL.
Ah! bien... ne te contiens plus, meurtrier de l'enfant, débarrasse-toi donc de la mère.
verdier, revenant à lui.
Vous perdez des momènts précieux.
m“® de naxteuil.
Sauver Jeanne, ou périr !
VERDIER
Périr ! périr ! qu’est-ce que la mort ? elle est
facile à braver; c'est un moment. . mais la honte d’une maison... mars U souillure imprimée au front d’un époux... mais le désespoir qui s’attache au cœur des pères déshonorés dans leurs enfants et qui les tue....
M®* DE NANTÊUIL.
O malheureuse!
VERDIER
On approche... C’est Jeanne qu’on vient chercher. Voulez-vous vous perdre? voulez-vous déshonorer d’un mot et votre époux et votre père ? Parlez, le moment est venu.
M me OE NAXTEUIL.
Mais cette infortunée?
VERDIER
Ne périra pas, vous dis-je; mais pitié pour vous, pitié pour votre père!... Taisez-vous.
u me de naxteuil, se cachant derrière le pilier à gauche.
O mon père! c’est pour loi !
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