V1CK
Vous êtes cliarniant , vous , avec votre courage I croyezvous que pendant que vous serez avec une jolie tille comme Héléna, je vais vous servir de partnaire avec une vieille décrépite comme celle-là?..
ARNOLD
Mais elle n'estpas trop mal, cette femme.
NICK
Ah ça! dites donc, voulez,- vous me laisser tranquille? Je n'épouserai jamais une femme détériorée.
Air : Abonnés de l'Opera-Comique.
Ma race doit à la nature Un sang d'une entière beauté, Et je prétends intacte et pure Conserver pia postérité.
Je ne veux pas si ma famille, Dégénérant de ma fraîcheur, Perdait l'éclat dont elle brille, Qu'on puisse me r'procher sa laideur.
Mais, vous, est-ce que vous allez vous laisser marier par autorité de justice?
ARNOLD
Ma foi, la petite est jolie! mais franchement, je ne puis épouser une fille d'auberge; que faire?
NlCK.
Nous sauver.
ARNOLD
Comment? nous sommes enfermés.
KICK
4h!que c'est joli! délicieux, l'inconnu! eh! ben, et cette fenêtre donc?
Comment î la fenêtre ?
NICK
Voyons, voyons, répondez: savez vous sauter ?
ARKOLD.
Si je sais sauter ?
NICK
Oui ; sautez-vous facilement? si vous sautez, suivez-moi.
( Il court à la fenêtre ).
ARNOLD
Y pensez-vous ? celte fenêtre donne sur un fosse' d'une profondeur!..
NlCK.
Ah!... quinze pieds! d'ailleurs, il n'ya pas de danger, c'est là qu'on tpluclie les oies; nous tomberons comme sur un lit de plume.
ARNOLD
Allons, risquons-nous... elle est pourtant bien jolie! NICK, le ramenant en scène.
Oui , mais voye?-vous, pour ne pas vous laisser de re^j.et, apprenez que vous ne pourriez pas l'épouser: tout cela n'est qu'une plaisanterie : vous n'êtes pas ici dans une auberge, et celle que vous prenez pour une servante...
ARNOLD
Eh! bien?
NICK
C'est la nièce de lord Dunstan.
Il se pourrait !
NICK
Oui ; ma cousine.
ARNOLD, à part.
Qu'al-je appris?... Oli ! ceci est bien différent!
N I CK , le tirant par le bras.
Allons, venez, maintenant.
ARNOLD
Du tout, c'est qu'à présent je ne saute plus; la nièce d'un lordî. vous sentez que c'est une trop bonne occasion pour n'en pas profiter. Je l'épouserais plutôt cent fois !
AiB : Au temps heureux de la chevalerie.
Quoi î c'est une riche héritière,
Et j'irais me casser le cou
Pour fuir cette union prospère!
Non , mon ami , je ne suis pas si fou !
Vous pouvez sauter, peu m'importe :
Moi, la fortune ici me tend les bias.
Quand le bonlieur vient frapper a la porte, Par la fenêtre ou ne se sauve pas. ( bis. )
KICK, à part Vil spéculateur! (ffitnt.)Plus souvent que je vais la laisser marier à un homme qui vient de je ne sais où ; car voyous, d ou venez vous' on le dit : on du, je suis de tel endroit. Etes-vous de tel endroit?
Jai probablement des raisons pour ne pas dire...
KICK
Paiivre petit... ta..I un militaire qui ne veut pas se nommer. Je me sauve, et je vais dire à monsieur le schériff, qu'il y a ICI un déserteur qui vc;ut épouser ma cousine.
ARKOLD, riant.
Un déserteur!
NiCK. montant sur la/enelre.
Oui, mon cher monsieur; je suis bien votre serviteur. Je me sauve, déserteur!
ARKOLD, le regardant sauter.
Diable d'original!... Comment! cette jeune fille est miss Dunslan! oh! maintenant je reste.