HÉL£^A
D'ailleurs mon oncle vous l'a déjà dit plus de cent fois.
NICK
Vous nt! devriez pas ignorer que mon oncle est un homme i je n'aurais jamais cru qu'une auberge entrerait dans la bouche d'une jeune personne comme vous.
HÉLÉNA
Allons, Nick, voyons !.. ne vous fâchez pas, mais aussi vous n'avez pas plus l'usage du monde!..
KICK, à part.
Sois tranquille, je le vas repincer. {Haut.) Mais pourquoi diable t'éveiller sitôt?
HÉLÉNA
Ce sont vos cris qui m'ont éveillée et au milieu d'un si joli rêve!, je me mariais à un très-joli garçon qui médisait des choses charmantes.
Air : Si ça t'arrive encore. { Marraine. ) Il m'apprenait qu'un amoureux Est une chose bien jolie 5 Il m'apprenait, pour être heureux, Qu'il faut aimer toute la vie.
Soudain votre voix m'ëveillant Détruit ce charme , et c'est dommage :
Car peut-être encor un moment J'allais en savoir davantage.
Oui peut-être encor un moment, J'en savais davantage.
NICK
Comment I t'as rêvé ça, pauvre fille, ou a ben raison de dire ; tout songe tout mensonge.
HÉLÉNA
Qu'est-ce que vous dites donc?
NlCK.
Oh! rien, rien ( la regardant. ) c'est dommage malgré ça, tourne toi donc un peu ! mais elle est encore très-bien cette femme! voyons la figure, ma foi c'est très malheureux! n'esta ce pas la fête des fileuses aujourd'hui?
HÉLÉNA
Pourquoi cela?
MCK.
Oh! oh! quel âge as-tu?
BÉLÉMA, inquiète.
Ah I mon dieu , j'ai dix-neuf ans et demi...
NICK
Elle n'ose pas le dire ! allons franchement, dis-le, tu t vingt ans.
héLÉNa, vivemrnl.
Du tout, monsieur.
niCK.
Alors les fileuses se sont trompées.
Air : Cest le comte Ory.
Ce malin leur présidente M'a fait venir en secret ; D'une nouvelle importante Je suis r messager discret.
Pour toi j'ai reçu , ma chère , Leur emblème séduisant, Et je suis dépositaire De ce gracieux présent.
hbléka.
Ciel , que voulez-vous dire ?
MC» , tirant une petite quenouille de sa pock*. Je vais vous eu instruire :
Le voici , le voilà.
Regardez-moi ça.
heléna.
Dieu ! Quel affront, quel embarras !
Non ; gardez-là : je n'en veux pas.
NICK
Le voici , le voilà- Regardez-moi ça.
HÉLÉNA
Je n'en veux pas.
NICK
Il n'y pas moyen de refuser, et puis celle-là est jolie : des petits rubans charmans.
HÉLÉNA
Allez, monsieur, c'est affreux ! plaisanter une femme dans le malheur î
NlCK.
Ces aubergistes sont si mëchans!
HÉLÉNA
Ce n'est pas ma faute à moi ! mon oncle n'avait qu'à tue marier! mais non, au lieu de vivre dans le monde, de tenir son rang, il vient s'enfermer ici dans une bicoque. Il y a de quoi rester fille toute sa vie.
Air de la ville et le village.
Jamais le moindre compliment,
Jamais la moindre politesse.
A la ville on est plus galant :
Les amans vous cherchent sans cesM.
S'ils pouvaient savoir seulement
Qu'ici je languis à mon âge,
Il en est bien certainement
Oui feraient exprès le voyige.
MCK , offrant toujours la quenouille.
En6n que veux-tu? voyons, prends-là toujours.
HÉLÉNA
Du-tout, du tout, je me révolte.
KICK
Mais tu ne sais doue pas à quoi tu t'exposes! tuignoresdonc qu'on ne renverse pas impunément les usages et les croyances des peuples 1 il est impossible de s'y soustraire : ce jour-là les fileuses agissent avec permission de l'autorité et sous l'aile du sclie'riff; ce jour-là je leur dis: vous me faites pitié, je vous regarde eu gémissant, mais je me soumets à toutes vos platitudes.
HÉLÉNa.
Dieu! que je suis malheureuse!
KICK
Siondisait, tu es seule ! mais Alice, ta cbambrière,est aussi fileuse depuis deux mois, ça te fera une société... allons, voyons, ma pauvre vieille... tiens, voilà ton asscciée...