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II. Armoiries ou écus à pièces

La seconde classe des filigranes représentant des armoiries, beaucoup plus nombreuse que la première, est celle des écus à pièces.

Pour pouvoir les trouver facilement dans le recueil, ces armoiries ont été disposées par ordre alphabétique. Lorsqu'il n'y a qu'une pièce dans l'écu : un coq, une croix, une fleur, il n y a aucune hésitation et l’on sait de suite où trouver un filigrane semblable ; mais lorsqu'il y a plusieurs pièces, il faut appliquer la règle du blason qui veut que, dans les écus à partition ou qui ont plusieurs pièces, on commence toujours à blasonner par le quartier dextre du chef. C'est donc, abstraction faite du chef, la pièce qui est en haut de l'éeu et à gauche de celui qui le regarde qui, considérée comme la pièce maîtresse, servira à fixer la place alphabétique des armoiries. Ainsi Genève portant la demi-aigle, c'est-à-dire d'Empire, parti de gueules à la clef d'or en pal, c'est au mot aigle que l’on trouvera son écu. De même, les armes de Paris étant de gueules, à un navire d'argent, le chef d'azur semé de fleurs de lis d'or, c’est au mot navire qu'on les cherchera.

Agneau pascal.

L'agneau pascal, au chef chargé de trois fleurs de lis constitue les armoiries de Rouen. Peut-être le type 893 est-il avarié et portait-il, lorsque la forme était en bon état, trois fleurs de lis et non pas deux!. Il est à présumer que le papier filigrané aux armes de Rouen était fabriqué à Maromme, localité située, près de cette ville, sur un affluent de la Seine. En 1501, l'un des sept papetiers de

1 Au commencement du XVe s., les armes de Paris sont : au vaisseau flottant crénelé, sommé d’un pavillon fleurdelisé et accosté : de deux fleurs de lis dans le champ ; il est fort possible que les armes de Rouen aient été primitivement établies dans un style analogue.

Armoiries. Aigle.

l'Université de Caen, Francois de Petiteville y était établit.

Outre Maromme, la Normandie possédait au XVI°s. plusieurs battoirs.

Le rôle des papetiers de l'Université de Caen pour 1498 nous fait connaître ceux de Pont-Authou (Eure), où étaient établis Amatus Davy et Nicolas Cal et de Blangy-le-Chäteau (Calvados), où était fixé Jacques Leportier. Le rôle de 1515 indique Christophe d'Esquetot et Jean Le Roy à CAambrois ou Broglie (Eure), et Roland Fourriau à Vandeuvre (Calvados?). Il faut y ajouter encore les battoirs de Canapville (Calvados), de Vimoutiers-en- Auge (Orne) et de N. D. des Vieilles près Beaumontle-Roger (Eure). Celui de Canapville était, en 1564, exploité par Laurent Bellon qui vendait au libraire Guillaume Mullot, à Rouen, 300 rames de papier, pesant 7 livres, au prix de 13 sols la rame*. Dans la même localité, un Richard Cucu était, en 1620, année où il donna sa démission, l'un des papetiers de l'Université de Caen‘!. La papeterie de Vimoutiers avait pour tenancière, en 1570, la Veuve Cucu qui s'engageait à livrer à Jean Larcantier, m° à Rouen, 500 rames de papier, dont 300 à la marque du gros-pot et 200 au grand écu, à raison de 40 rames par semaine, au prix de 28 sols la rame du gros-pot et de 12 sols la rame de l’écuÿ. Enfin le battoir de N. D. des Vieilles, près Beaumont-le- Roger (Eure), était exploité, en 1570, par Jean

‘a Rouen,

Rogeray, qui vendait à Jean Mallet, m 200 rames de bon papier à la main, du poids de 8!/, liv. et au prix de 13 sols la rame, et 500 rames de papier estrasse, du poids de 17 livres, au prix

de 20 sols la rame.

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