r. Leipzig, 1562-66. Is1. : cd
926. 35,5<49 r. Nuremberg, 1570. Kreïsarcn. : Stadtrechnungsbuch, n° 30.
Var. appartenant au groupe 916 à 926 : Hallstadt (Bavière), 1554-60; Vienne, 1554; Wolfenbüttel, 1559; Würzburg, 1563-69; Berlin, 1566-70 ; Osnabrück, 1570-90; Schweinfurt, 1571; Prague, 1571-75; Münnerstadt, 1571-82; Hambourg, 1572-96 ; Breslau, 1574; Eisenach, 1576-80; Hochstädt, 1580; Lunebourg, 1580- 1600; Bamberg, 1583; Aïix-la-Ghapelle, 1583 ; Halberstadt, 1584; Gôrlitz, 1585-1604; Brunswick, 1592-1600 ; Salzbourg, 1593; Klingenberg, 1593-95 ; Brême, 1598. — Voy. P. Heitz (n° 276), Strasbourg, 1590 et suiv. (var. indistincte); B. Hausmann (n° 12), de 1521-27 (!?) et 41 postérieur à 1527. Le papier aux armes de Nuremberg se trouve donc dans le territoire compris entre Aix-la-Chapelle, Lubeck, Posen, Vienne, Villach, Augsbourg et le Rhin.
Les figures 916 à 926 dont il eût été aisé d’augmenter le nombre, tant le papier aux armes de Nu-
Armoiries. Aigle.
remberg est abondant, proviennent de cette ville, et de plusieurs moulins des environs. E. Marabini! qui a étudié à fond les papeteries de la région, estime que trois battoirs ont utilisé les armes de la ville, savoir ceux de Tullnau, de W'eidenmübhle et de Hagenhausen. Suivant cet auteur l'écu non couronné aux initiales AS, qu il a relevé en 1597, proviendrait de Hagenhausen et les initiales seraient celles de Simon Auer. Marabini donne le type 916 déjà à la date de 1536, et deux autres variétés à celles de 1523 et de 1536.
I. Le battoir de Tullnau remonte probablement à la dernière décade du XV°'s. et aurait été créé par Louis Schnôd, juge à Wôhrd, à la suite d’une concession à lui accordée de fabriquer du papier. En 1542, il était exploité par le papetier Hans Siber. Reconstruit en 1557 à la suite d’un incendie, par Bernard Pufftzky, il fut occupé successivement par Eberhardt Pecht (1566), Sébastien Rupp (1567), Nicolas Haimer (1581), et Balthazar Ubelwasser (1588).
Son propriétaire, Hans Uffinger, le venditen 1590 au bourgeois et fondeur Nicolas Rumpler lequel, étant étranger au métier de papetier, s’attira des procès et des disputes, tant avec le magistrat, qu'avec ses nouveaux confrères. Un de ces démèlés portait sur l'emploi, comme filigrane, des armoiries de Nuremberg. Jobst Pecht, papetier à Weidenmühle, prétendait que cette marque lui appartenait exclusivement, que son père l'avait apportée, en 1566, du battoir de Tullnau et l'avait, dès lors, sans cesse employée. Après delongues discussions, un accord intervint, le 25 septembre 1593, par lequel Rumpler renonça à revendiquer les armes de Nuremberg et déclara se contenter pour marquer son papier d'un aigle et d'un lion adossés, en placant au dessus, ses initiales N. R. Il ne conserva que jusqu'en 1598 le battoir de Tullnau et le vendit à Hans Uffinger qui le céda à son tour, en 1602, à George Bayer, qui avait pour papetier Bastien Hainle. Le battoir de Tullnau a été exploité Jusque vers 1800, puis transformé en filature de laine.
Il. La papeterie de Weidenmühle doit sa création vers 1540 à Endres Oertel qui sut d'emblée s'attacher un bon maître-papetier en la personne
! Die Papiermühlen im Gebiete der Reichsstadt Nürnberg. Nuremberg, 1894, et Die Papiermühlen im Burggrafentum Nürnberg, Munich, 1896.
d'André Volkmair. Celui-ci eut pour successeur en 1555, Hans Siber ; en 1564 Martin Katzenwedel et en 1566 Eberhardt Pecht. Pecht obtint la même année le privilège des chiffons récoltés dans la ville et ses faubourgs et racheta à Oertel, en 1581, le battoir de Weidenmühle pour le prix de 1600 florins. Son fils Jobst lui succéda vers 1590. D'un tempérament combattif, Jobst eut assez souvent affaire avec la justice et dut même passer deux jours et deux nuits au cachot à cause de ses emportements. Une inondation lui causa, en 1595, de graves préjudices. Il mourut en 1599 et sa veuve, qui héritait du battoir, se remaria en 1601 avec le papetier Ciriacus Kleber. Les 14 et 17 janvier 1602 les hautes eaux s'attaquèrent de nouveau au moulin et Kleber adressa aux magistrats une lettre désespérée qu'il signa: «votre pauvre papetier ruiné par les eaux ».
La réponse qui fut faite à sa requête n'est pas connue, mais certainement on vint en aide à Kleber, car la papeterie de Weidenmühle demeura entre ses mains et celles de son fils et fut vendue par ses petits-enfants en 1642 au papetier Paul Môrl. Le vieux battoir a subsisté comme papeterie jusqu'en 1839. époque où on en fit une minoterie.
III. Le battoir de Hagenhausen, sur le Raschbach, rière Alttorf fut créé en 1565, sur l'emplacement du moulin appelé Lomul, par Hans Siber, précédemment papetier à Weidenmühle. Il eut pour successeurs [lans Seubeck et Jacob Reiser. En 1586, Simon Auer acquit la papeterie pour le prix de 900 florins et entra en conflit avec Jobst Pecht, papetier de Weidenmübhle, au sujet du filigrane aux armes de Nuremberg dont Pecht revendiquait la propriété exclusive, appuyant sa plainte sur une sorte de convention, passée à Kaufbeuren, le 19 juillet 1586, et stipulant que les maitres-papetiers veilleraient à ce qu'aucun d'eux ne nuisit aux autres enimitant ou contrefaisant leur marque. Auer prétendit avoir acheté de Reiser en même temps que la papeterie, la marque de « la demiaigle ». Reiser, mis en cause, répondit qu'il avait acheté le battoir de Seubeck et que, soit celui-ci qui avait exploité le battoir durant 30 ans, soit luimême, avaient été en possession de la marque contestée. Il montrait comme preuve un ancien bois gravé avec lequel il marquait, extérieurement, en rouge, les rames de son papier. Il ajoutait, qu'à l'étranger, toutes les papeteries d'une même sei-
gneurie se servaient comme marque des armoiries de cette seigneurie, en les variant, il est vrai, de telle sorte qu'on put distinguer les papiers les uns des autres. Là-dessus, il fut prononcé qu'Auer, ayant acheté le droit de marquer, intérieurement et extérieurement, son papier de la demi-aigle de Nuremberg, avec le battoir, où l'on s’en servait depuis de longues années, ce droit ne pouvait lui être enlevé. Que toutefois, pour distinguer ses produits de ceux de Weidenmühle, le papetier de Hagenhausen y mettrait ses initiales S. À. Auer quitta en 1602 le battoir de Hagenhausen pour celui d'Elspach ; on mentionne parmi ses successeurs Otto Scheibel, Michel Rucpitsch, M. J. Kleiber et d’autres, Jusqu'en 1843, où le battoir fut transformé en minoterie.
Outre les battoirs de Gleismühle, de Tullnau, de Weidenmühle et de Hagenhausen, Marabini fait l’histoire des nombreuses papeteries qui ont fonctionné dans les environs de Nuremberg ; nous nous bornerons à indiquer les plus anciennes. C'est d'abord Schnigling dont l'existence n'est connue que par quelques lignes du registre du Conseil de 1487 portant l'autorisation donnée à Wagner, tenancier du moulin à papier de Schnigling, d'employer à son moulin un bois gravé aux armes de la ville. Ce serait donc ce battoir qui le premier aurait fait usage des dites armoiries pour marquer son papier, et ce privilège aurait passé, sans qu'on sache de quelle facon à celui de Tullnau. C'est ensuite Lauf, sur la Pegnitz, dont la papeterie, remontant probablement au XV°s., a dû être transformée, vers 1510, en tréfilerie, autant qu'on peut le conclure d'un do-
cument de 1516. Il est possible que son matériel”
ait été transporté non loin de Lauf, à Rôthenbach où une papeterie a fonctionné dans la première moitié du XVI°Ss., sans qu'on connaisse la date de sa fondation. En 1542, elle était exploitée par le papetier Jôrg Eisenschmid, en 1582 par Melchior Knapp; en 1599 elle appartenait au bourgeois Joachim Schmitter et elle a continué à subsister jusqu’à nos jours. L'époque de la construction du battoir de Oberveilhof est également inconnue. Il existait en 1591, mais fut probablement englobé dans le moulin à poudre que construisait alors Hermann Heher.
On est mieux renseigné en ce qui concerne les six battoirs dont il nous reste à parler. Vers 1581 Georges Meindel transforma en papeterie une forge
Armoiries. Aigle.
existant à Hirschbach. On y mentionne comme papetiers en 1591 Jérome Angerer, puis Gaspard Mair. L'établissement a subsisté jusqu'en 1878 et est devenu dès lors une minoterie. Le battoir de Môgeldorf fut érigé par le papetier Nicolas Rumpler, précédemment à Tullnau et fonctionna jusqu'en 1868 où il fut transformé en minoterie. Celuide Dutzendteiche doit sa création, en 1594, à Hans Lôhner ; il parait avoir eu une courte existence, car après 1616 il n'en est plus fait mention. Vers 1595, David Simon Schmidberger transforma, sans autorisation, son moulin à aiguiser de Wendelstein en battoir à papier. Condamné pour ce fait à une grosse amende et à remettre le moulin dans son ancien état, il fit opposition à ce jugement et parait être sorti victorieux de la lutte, car le battoir à papier fut maintenu et a subsisté comme tel jusqu’à aujourd'hui. La papeterie de Doos a été érigée en 1597 par le meunier Kunz Flinsch, avec l'autorisation du conseil qui donna le bois nécessaire à sa construction. Elle était exploitée, moyennant un loyer annuel de 300 florins, par Melchior Knapp, bien qu'il possédät en propre la papeterie de Fichtenmübhle. Son fils Fans lui succéda en 1603. Elle fut brûlée et pillée par les Suédois pendant la guerre de 1632 et ne se releva pas de ses ruines. Enfin, la papeterie de Rôthenbach, près S' Wolfgang, fondée vers l'an 1600. Son premier tenancier fut
a été
probablement Etienne Braun, puis Jacob Mair et en 1612 Sébald Knapp. Cet établissement subsista jusqu'en 1879.
Parti au 1 à l’'Aigle, au 2 au bras bénissant. — Voy. aussi au mot Main.
927. 29x38 r. Besançon, 1508. A. Dours : Collect. de pap. filigr. — Noy. J. Gauthier (n° 16), Besançon, 1508.
Ces armoiries sont celles du chapitre de Saint- Etienne de Besançon et le papier à cette marque provient de la papeterie de Tarragnoz que possédait le dit chapitre. Nous empruntons les renseignements suivants concernant ce battoir à l'opuscule de Gauthier.
Vers 1458, le chapitre métropolitain de Besancon amodiait les moulins Ge Tarragnoz à un papetier nommé Jean de Rosey. Celui-ci eut l’idée, pour flatter l’'amour-propre des citoyens de Besancon, de marquer son papier d'une aigle éployée figurant sur les armes de la ville. Le chapitre or-
Armoiries. Aigle.
donna la suppression de l'aigle et prescrivit d'y substituer le bras de S'-Etienne, emblème officiel de l’autorité capitulaire. Le papetier, continuant sa fabrication clandestine, s’attira de nouvelles admonestations et finit, criblé de dettes, par être, en 1460, saisi et expulsé par les chanoines mécontents. Parmi les successeurs de Jean de Rosey, on mentionne Jean Saulget, en 1518 et 1524; Claude Bassand, en 1521 ; Jean Lyet, 1529-40 ; Claude Robert, 1541-42 ; Hugues Lambert, de Chilly, 1543- 61 ; Richard Chapuis, 1561-71 ; François Chastellain, 1571-75 ; Nicolas Pouillet, de Fontenoy-en- Vosges, 1575-1604 ; Jacques Pouillet, 1604-12, etc. Durant près de 400 ans, les filigranes de Tarragnoz furent : soit les armes complètes du chapitre souvent accompagnées d'une banderolle avec les mots: S. Jouanxes ; soit le bras seul de S'-Etienne, c’està-dire un reliquaire, en forme de dextre mise en pal et bénissante, dont on trouvera les nombreuses variétés au mot Main.
À côté de Tarragnoz, une autre papeterie fonctionna aux environs de Besancon, de 1472-1539 ; c'est celle de l’abbaye de S'-Paul située sur le Doubs, en amont de celle du chapitre. Elle était exploitée par un sieur Etienne Tabellion qui fut bientôt en querelle avec son confrère de Tarragnoz, à propos de filigranes. Après Tabellion, elle passa aux mains de Perrin Mosel et de Guillaume
Guilloz.
Parti au 1 [d'or] à la Demi-Aigle [de sable), au 2 [de gueules] à la clef [d’or] en pal.
928. 28,5>=38. Genève, 1566. À. »'Erar: ot. Etienne Vignier, I. Var.simil. dont quelques-unes horizontales, filigr. souvent posé au bord de la feuille : Genève, 1566-77 ; Valais, 1568-82.
929. 28,5>x<37,5. Genève, 1571. Isin.: Not. Jean Duverney W (feuille annexée). Var. simil. : Genève, 1567-88; Evian, 1569; Valais, 1571-81; Savoie, 1572:
930. Sion, 1578. À. nu cuapirre : PVot., n° 301: Acnutes de Michaelis Roberti.
931. 29>37. Sion, 1579. Isin.: id., n° 312: Minutes de Kuntsch et Granger. Var. ident.: Genève,
Les types 928 à 931 sont aux Armes de Genève et proviennent du battoir construit dans cette ville vers 1538.
La création de la papeterie de Genève est due à Claude Savoye, citoyen qui a joué un rôle important dans cette époque si critique de l'émancipation politique et religieuse de la cité. Le 2 juin 1528, il faisait part de son projet au Conseil de la Ville; avec son consentement, il espérait obtenir de l'évêquel’abergement d'une place pour y établir une foule à pattes !, établissement qu'il ferait à ses frais. La Seigneurie accueillit cette ouverture avec satisfaction et il fut décidé qu'on la favoriserait autant que possible, cette innovation ne pouvant être que profitable à la ville. Quelques mois plus tard, le Linovembre, après le diner, Messeigneurs allèrent visiter le lieu choisi par Claude Savoye pour édifier son battoir et, cette visite ayant paru lessatisfaire, les travaux commencèrent. Malheureusement on ne dit pas où était emplacement choisi, cependant il n'est pas fort difficile de le déterminer, et on arrive avec assez de vraisemblance à reconnaître que la papeterie devait être située sur le bras droit du Rhône, vers le commencement du Quai du Seujet actuel et très probablement assez loin en aval du pont.
La construction de Claude Savoye, commencée à la fin de 1528 ou en 1529, parait avoir duré fort longtemps et le battoir n'a dû fonctionner qu'en 1538. Les registres du Conseil de cette année portent, en date du 15 juin, la mention suivante : «Les habitans de la Corraterie? se plaignent tant généralement que particulièrement, à cause de la pattignerie du Sieur Claude Savoie, laquelle ne cesse, jour et nuit, de {abusser. Lequel Savoie respond que l’on s’informe de toutes les autres patteneries et aussy comment du mieux se pourraz faire, feraz sa diligence de le faire. Résolu que ledit Savoie doive faire cesser ladite pattinerie dès neuf heures du soir et dès quattre heures du mattin pourra de nouveau la faire battre. »
Il est probable que ces plaintes se produisirent dès la mise en activité du battoir; on ne comprendrait pas qu'elles eussent attendu des mois ou des années pour se manifester. On aurait certainement défendu ce tapage nocturne s’il se fût produit plus
! Le texte lalin des registres du Conseil porte folloz pro pannis que l’on à généralement traduit par foule pour du drap; mais il faut comprendre par ces mots une foule à chiffons, à pattes (comme s'exprime le vieux langage genevois), c’est-à-dire un battoir à papier. Ce genre d'établissement, encore peu connu à Genève, devait être, en effet, difficile à désigner en latin.
? A cette époque, faubourg situé le long de la rive gauche du Rhône, en aval du pont.
tôt, de même qu'on défendait, le 5 février 1529, aux ecclésiastiques de faire sonner les cloches entre six heures du soir et six heures du matin, afin qu’on püt entendre l'approche des ennemis qui, trois nuits de suite, étaient venus jusqu'aux murailles de la ville; de même qu'on défendait, le 20 août 1532, de battre du tambour par la ville après neuf heures du soir, parce que ce bruit pouvait empêcher qu'on ouîtles signes donnés pour prendre les armes contre les ennemis.
Il ne faut pas oublier non plus que Genève traversait alors une époque troublée. Les temps étaient difficiles et Claude Savoye devait souvent payer de sa personne. Déjà membre du Conseil, il fut, en 1532, nommé syndic, et durant les années qui suivirent (1533 à 1535), il joua un rôle important et fut envoyé sans cesse en ambassade à Berne, à Fribourg et à Lucerne. Le 26 novembre 1535 il fut même nommé maître de la monnaie et c'est lui qui fut chargé de frapper les premières pièces aux armoiries de la clef et de l'aigle. En 1536 il fut de nouveau élu syndic, et, le 10 septembre, il fut chargé de résider en la Maison de Ville jusqu’à la fin de son syndicat, avec 400 florins de gage, pour entendre toutes les affaires.
Il semble difficile que Claude Savoye eût pu, durant cette période agitée, trouver le temps nécessaire pour mener à bien sa création ; elle dut nécessairement subir des retards, et c'est ce qui explique le long intervalle de dix années qui sépare la demande de fondation, de la mise en activité du battoir. ;
On n’a aucun renseignement sur la papeterie de Genève pendant près de vingt ans. — Le 31 octobre 1557, les registres du Conseil la mentionnent de nouveau en ces termes : « De la pactinerye de N°Jehan Chautemps a esté ici parlé qu’on ne peutouyle bruit, la nuyct, causant la dite pattinerie — a esté arresté que la dite pattinerie devra cesser de baptre dès que les portes de la ville seront serrées, jusques à ce qu'elles soient ouvertes. — Ainsi faict commandement. »
Cet arrêté ne parlant que d'un seul battoir, il paraitbiencertainqu'iln'yenavaitqu unseulà Genève, celui de Chautemps, possédé jadis par Claude Savoye et donnant lieu aux mêmes plaintes. Le testament de Jean Chautemps, du 5 décembre 1569, indique au surplus la position de cet établissement, qui concorde tout à fait avec ce que l’on sait de la
Armoiries. Aigle.
papeterie de Savoye. Par cet acte, il attribue à son fils François «son moulin et bapteur, et autres édifices et appartenances y estant assis sur le Rosne, vers le lieu autreffois appellé Sainct-Jean. » — Comment et quand cette propriété avait-elle passé de Savoye à Chautemps ? nous l’ignorons.
Mentionnons enfin un acte de location du 26 novembre 1568 relatif à deux moulins, au lieu dit soubz Sainct Jean, loués, par François Chautemps, aux nommés Besson et Joffrey, et qui renferme la clause suivante : «soy réserve le dict Chautems la commodité de la.chambre où sont les rognures et de celle d'en hault qu'est sur le poelle regardant au dit courtil, et de pouvoir estendre les cartons du dit Chautems sur les ditz moulins, tant sur les cordes que sur la tralaison 1... item soy réserve le dit Chautemps la commodité de s’aider des dits moulins de deux conches à battre pattes, toutes fois et quantes qu'il en aura besoin pour y battre tant pattes que rognures... »
Cet acte nous apprend que Chautemps avait joint la fabrication du carton à celle du papier. Le carton ne s’obtenait alors que par le collage de feuilles de papier superposées. Aussi voit-on, en 1563, Jehan Chautemps requérir le Conseil « de lui vendre le papier rapporté céans des palettes? condamnées, offrant en bailler ung quart* de la livre. » Le Conseil arrête « qu'on le lui baïlle en payant ce qu'il vaut, veu qu'il en veult faire des cartons. » Ici s'arrêtent les renseignements que nous avons pu recueillir sur la papeterie de Genève. Quand at-elle pris fin ? On l’ignore.
Quel a été le filigrane employé par la papeterie de Genève? Les registres du Conseil du 26 avril 1538 rapportent qu’ «il est décidé, en ce jour, que Claude Savoie, sur sa demande, mettra comme marque sur son papier, une aygle entierre sans mectre point les armes de la Ville. » D'où l'on peut conclure que, sur le point de faire marcher ses pilons, Savoye avait voulu mettre sur ses formes et sur son papier les armes de la ville, ce qui lui fut refusé. Y mit-il un aigle ? Nous n'avons, malgré nos recherches, pas trouvé trace d’un filigrane semblable. Nous croirions volontiers que ses premiers papiers furent sans filigrane, attendu que
1 Poutraison.
2 Terme d'imprimerie ; nous dirions aujourd’hui : carton, soit partie d’une feuille.
3 Un quart de sou.
Armoiries. Aigle.
de 1540 à 1549, on trouve dans les documents genevois une quantité considérable de papiers sans filigrane, ce qui n'est absolument pas le cas dans ceux de 1500 à 1540. Ce n'est que plus tard, en 1566, qu'apparaît le papier marqué à l'écu de Genève: il se voit en plusieurs variétés jusque vers 1585 ; à cette dernière date il est accompagné des initiales IN ou LN, que l'on est embarrassé de savoir à qui rapporter.
Il semble donc que ce ne serait que du temps de Jehan Chautemps que le filigrane de l'Ecu de Genève aurait été employé, et cela probablement après 1556, année de son syndicat.
Parti au 1 à la Demi-Aigle, au 2 à la corne de cerf en pal.
932. 32><43. Hongrie, 1571. Bunaresr, Nar.-Museun : Städte- und Cameral-Akten, n° 1010, f latin.