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Lucques, 1473. A. p1 Sraro : Atté del

Podestà. Se trouve, en outre, sur papier gris d'emballage; Lucques, 1482, même fonds.

Amphore. Voy. Pot.

Ancre.

Le plus ancien filigrane de l'ancre (345), de 1376, paraît être de provenance italienne. On ne le rencontre toutefois dans la péninsule, d'une manière suivie, qu'une cinquantaine d'années plus tard. En France son emploi commence en 1391 et se maintient pendant près d’un siècle (jusqu'en 1484), dans un style qui se modifie peu. À de très rares exceptions près, les types d'origine française (346 à 424) ont les becs de l'ancre formés par deux simples traits disposés en accent circonflexe. Les proportions entre la tige centrale et les bras courbés de l'ancre varient, sans qu’on puisse tirer de ces dissemblances aucun pronostic relatif à une antériorité d'une forme sur une autre. Le type 360 est seul sur papier de grande dimension. Les 361 à 364, qui sont aussi de fabrication française, font exception en ce qui concerne la forme des becs.

Les types 365 à 393, accompagnés d’une croisette placée à l'extrémité de l’ancre voisine des bras, sont certainement plus nombreux et de même provenance que ceux dépourvus de cet ornement. Les 389 à 393 sont sur papier de grande dimension; les 394 à 406 s'écartent du style habituel ; les 394 et 395 ont la croisette placée au bout de la tige; les 396 à 400 ont un anneau; le 401 une croisette dans le renflement de l'extrémité de la tige; les 402 et 403 ont les becs nettement dessinés; dans les 404 à 406 la tige ne se prolonge pas au delà des bras.

Les 407 à 410 ont un caractère un peu différent: le filigrane est souvent posé vers le bord de la feuille, les attaches des pontuseaux sont grosses et apparentes. La distribution géographique du papier muni de ce filigrane dans un espace limité entre Lyon, Grenoble, Valence, le Puy, le Rouergue, Limoges, Decizes et Perrecy (Saône-et-

Loire)! semble lui assigner pour patrie l'Auvergne, pays qui a possédé de bonne heure des papeteries.

Vu leur rareté on ne peut assigner une origine précise aux types 411 et 412, où l'ancre s appuie sur un cœur; au 413, où elle est surmontée d'un croissant ; au 414, où elle est couronnée et accostée d'un signe ressemblant à un U; aux 415 à 417, à becs bien accusés; enfin aux 418 à 422, de styles variés. Avec les 423 et 424 se retrouve le type habituel, accosté de la lettre t gothique. Cette lettre est-elle l'initiale d'un fabricant ou celle d’une localité? C’est impossible à dire. On peut, avec vraisemblance, y voir l'initiale de Troyes, mais ce n'est qu'une hypothèse.

Sotheby (Principia, t. IID), en faisant remarquer que le filigrane de l'ancre se rencontre dans les livres imprimés aux Pays-Bas, à Louvain, à Delft, même à Cologne et à Mayence (tandis qu'il ne se trouve pas dans ceux provenant de Strasbourg (!), de Bâle, et encore moins dans ceux d'Ulm, de Nuremberg, ni de Lyon), en concluait que ce filigrane est originaire des Pays-Bas, bien que, ainsi qu'il en convient, on ne connaisse aucun moulin à papier anciennement établi dans ce pays. Il insiste, pour étayer son hypothèse, sur cette considération que l'ancre est incontestablement le symbole d’une contrée maritime ; c’est aller trop loin, puisqu'il ne s’agit pas ici d’armoiries d'une nation, mais d'une simple marque de fabrique. Il faut se borner à dire que l'ancre a pu être prise, à juste titre, par toute localité baignée par une eau navigable, fut-ce celle d’une simple rivière, ce qui était le cas pour bon nombre de moulins à papier. L'ancre n'a pas été employée par des papeteries des Pays-Bas lesquelles n’existaient pas à cette époque, mais par un battoir, ou plusieurs, de Champagne, peut-être de Troyes. Toutefois la

grande abondance du papier à cette marque autorise à croire que d'autres moulins à papier, hors de la Champagne, notamment en Lorraine, ont utilisé ce filigrane.

Les 425 à 451 ont un tout autre aspect que les précédents ; ils offrent, sans exception, des becs nettement tracés. Les plus anciens types, 425 et 426, ont les pontuseaux cousus sans interruption

aux fils de la vergeure, caractère que présentent

1 La présence de ce papier à Paris s'explique, malgré la distance, et n'infirme pas la provenance que nous lui attribuons.

les papiers milanais de la première moitié du XV°

s. (voir aux armotries : les deux seaux pendus au

boute-feu). Les 427 à 429 appartiennent à un type

commun, où la tige se termine en forme d’anneau.

Les 430 à 449, quoique variés d'aspect, ont tous une traverse plus ou moins accentuée. Les 450 ct 451 rappellent la forme des ancres inscrites dans un cercle. Tous ces papiers sont italiens.

L'ancre est devenue un filigrane banal dans la péninsule tant au nord qu'au centre, mais nous ne saurions préciser le lieu d'origine de chacune des sortes ainsi marquées.

Le 452 est dépourvu de becs et l'on peut se demander si c'est bien une ancre que le filigraniste a voulu représenter. Provenance incertaine. Le 453, de même style que les 428 et 429, est inscrit dans un cercle ondulé. Cette tentative de varier l'aspect du cercle est unique.

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